Sym. Mag., ch. xxii, p
5. Vit. Basil., ch. xlv, p. 298 ; Sym. Mag., ch. xxii,p.76i ; LéonGramm., 1093; Georges Moine, p. 1088.
l54 BASILE I
n'osa aller plus loin dans la voie de la répression. C'est qu'il sentait que cette nouvelle conjuration était un châtiment. Si elle réunissait, après dix-neuf ans de règne, tous les anciens partisans de Michel, si elle avait pour drapeau son fils putatif Léon, il l'avait bien voulu. C'était son injustice, son imprévoyance, sa faiblesse el sa crédulité qui en étaient cause. Voici comment :
L'Empereur si énergique, si clairvoyant, si droit, quand il s'agissait des affaires de l'Etat, était tout autre dans sa vie intime et familiale. Tant que Constantin, son véritable fils, vécut, les choses allèrent à peu près bien. Basile avait la certitude qu'il régnerait et, par conséquent, pouvait négliger le fils de Michel. 11 avait été obligé de l'associer à l'Empire puisqu'il le faisait passer pour son fils, mais cela n'engageait pas l'avenir. Constantin seul devait régner. Aussi la mort du jeune homme, espoir et joie de son père, porta-t-elle à Basile un coup dont il ne se releva pas. Mcétas, l'auteur delà } ie de saint Ignace, dit formellement que l'Empereur devint fou et, malgré les préventions et les antipathies de l'hagiographe, à examiner la conduite de Basile en certaines circonstances, on peut se demander si Nicétas n'a pas raison *, d'autant que d'autres comme Léon le Grammairien et Georges le Moine l'affirment-. Or. c'est peu après la mort de Constantin, entre 880 et 881, alors que Basile était très abattu par le malheur qui l'avait frappé, que Photius lui présenta le fameux Théodore, dit Santabarenos. Cet homme venu de Santabaris en Phrygie, aux jours de sa jeunesse 3. paraît avoir été manichéen ou paulicien el fils de manichéens, et c'est peut-être pour cette raison qu'il avait eu des difficultés avec le gouvernement de Bardas. Quoiqu'il en soit, le César l'avait fait enfermer au Stoudion où il passa une partie de son existence. Là il devint prêtre et fit connaissance avec Photius qui le nomma higouniène du monastère, charge qu'il dut résigner lors de la première abdication de son protecteur, à la grande joie des moines *. Comme tous ses coreligionnaires, Théodore avait un goût marqué pour les sciences occultes. Il s'occupait de magie et de sorcellerie et savait en user au mieux