‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 161 sur 409 · Vit. S. Theoph., xii, p. 7 ; note 10, p · texte numérisé non relu

Vit. S. Theoph., xii, p. 7 ; note 10, p

\. Sym. Magist.. ch. xvîii, 706.

de SCS intérêts. Miracles et prophéties, philtres et impostures de tous genres avaient sur l'imagination byzantine trop d'empire et d'attrait pour, qu'en habile homme, il ne profitât pas de ses connaissances auprès de ceux qui voulaient bien s'y laisser prendre. Basile était de ceux-là. Lorsque Photius eut retrouvé grâce auprès de l'Empereur, il lui présenta son ami Théodore qui ne tarda pas à être compté parmi les familiers du palais. Bientôt même l'ascendant de Sanlabarenos sur l'esprit malade de l'Empereur fut si complet qu'il se crut assez fort pour jouer la grande comédie qui devait, dans sa pensée, assurer pour toujours son influence et sa réputation : il proposa à l'Empereur de lui faire voir son fils Constantin. Un jour donc, il entraîna Basile, sous prétexte de chasse, dans un bois et se mit en mesure d'accomplir sa promesse. La scène avait été préparée d'avance. Basile, convaincu du pouvoir magique de Théodore, attendait avec joie l'instant où il pourrait embrasser son fils quand, tout à coup, à quelque distance, Constantin apparut à ses regards. Troublé, ému, Basile voulut courir vers son fds, mais il avait disparu avant que son père n'eût eu le temps de le rejoindre. La pièce, néanmoins, était jouée. Elle avait produit son effet. Sur l'emplacement miraculeux, Basile fit construire une église et un monastère dédié à saint Constantin. 11 était prêt à accepter tout ce que Théodore pourrait lui dire, à faire tout ce qu'il pourrait lui demander, même à disgracier ses meilleurs serviteurs comme le domestique des scholes André, favorable à Léon ^ .

C'est que toutes ces impostures et toutes les calomnies qui les accompagnaient avaient leur raison d'être et concouraient à un plan déterminé : celui de faire disparaître Léon pour qu'à la mort de Basile un autre lui succédât. Et c'est ici que se laissent deviner, par un côté, les plans cachés de Photius. Le Patriarche tenait par alliance à l'ancienne famille impériale. Dans son âme il pouvait retrouver quelques-uns des traits caractéristiques qui font l'iiomme de gouvernement, S'il avait accepté une première fois le trône patriarcal et engagé la lutte avec Kome. c'est qu'il espérait bien être, un jour, maître du pouvoir. L'Empereur Michel, par sa conduite et son impopularité, pouvait servir ses rêves ambitieux : l'Empereur Basile les avait

I. Loon (Irninm., logS ; Goorgos Moine. i(»8'i : Smii. \I.iv..(Ii. wii. 7."',;.

150 Ii\SlI,E I

brisés d'un seul coup en lo destituant. Du reste ce n'était pas avec un tel homme comme souverain que Pliotius avait cliance de réaliser ses projets. Aussi ne trouva-t-il rien de mieux, lorsque la faveur impériale lui permit de rentrer au Palais, que de conspirer poui* perdre Léon. L'heure était propice. L'Empereur malade n'avait plus son énergie d'autrefois : de plus il détestait son fils. Tout pouvait donc servir les desseins du Patriarche. Théodore fut chargé de mettre le plan à exécution. Il commença par circonvenir Léon — qui le haïssait et ne se faisait point faute de le traiter devant son père comme il le méritait' — et l'engagea, maintenant qu'il était d'âge à le faire, à porter dans ses bottes un poignard dont l'utilité pourrait être gi'ande à l'Empereur, soit à la chasse, contre les bétes sauvages, soit contre ses ennemis'-. Le conseil plut à Léon qui ne se méfia pas de ce grossier piège. Il ne se doutait pas que Théodore le représentait à Basile comme un factieux, comme le chef du parti de Michel, comme prêt à tuer son père et qu'il donnait, pour preuve incontestable de la vérité de ses dires, le poignard dans les bottes de Léon. V son tour, une fois de plus, l'Empereur se laissa prendre. Peut-être, du reste, était-il heureux de trouver ce motif pour définitivement écarter du trône le fils de sa Aictime et laisser le pouvoir à Alexandre, son Aéritable fils. En tous cas Léon fut convaincu de vouloir attenter à la vie de son père et, pour ce fait, enfermé lui, sa femme Théophano et son petit enfant dans une étroite prison -K L'Empereur parla même de lui crever les yeux. Il fallut, pour l'en empêcher, l'intervention de Photius et de Stylianos, futur beau-père de Léon ^ Théodore était donc arrivé à ses fins. La place était libre car Alexandre était encore un enfant. Malheureusement Photius et ses amis avaient compté sans le parti de Michel. Au cours des tiois mois que dura l'internement de Léon eut lieu la révolte de Kourkouas dont le but était la délivrance du prince héritier. Elle échoua, en vérité, mais l'opinion publique remuée obtint ce que la conspiration ne put gagner. Au cours d'un dîner auquel la cour assistait, on entendit un perroquet,

Page 1