Migne, Cil
G. Basilic, III, t. I, s 27 ; IV, t. I, s i4, p. 100 et 116,
ET i; EMPIRE BVZWTIN î:>OI
siratège ; il fallait pour sauvegarder les intérêts particuliers et emi)ècher une omnipotence qui aurait pu elre fatale aux citoyens et à l'Empire, un gouvernement civil assez bien organisé i)our remplir sa mission, assez modeste pour ne pas annihiler l'autorilé militaire et s'ériger en puissance rivale de la sienne; elle Teut par ces officiers subalternes de rang moins élevé que' les anciens fonctionnaires de l'Empire^ mais dont l'ulilité fut tout aussi grande, heureuse et profonde.
CHAPIÏHE 1\
ADMIMSTUATION DE L EGLISE
En s'occupant de finances, de justice et d'administration, Basile essayait de réparer, dans la mesure du possible, des maux qui n'étaient pas chose nouvelle à Byzance. Plaintes contre r aggravation des impôts, la rapacité des riches, l'avidité brutale des agents du fisc, on les avait entendues monter nombreuses et répétées vers le souverain, dès le jour où Constantinople fut fondée ; loyaux et sincères efforts des Basileis pour faire régner en leur Empire un peu de justice et d'équité, on les trouvait inscrits en lettres ineffaçables sur presque chacune des pages législatives que tracèrent de leurs mains si souvent malhabiles Justinien et ses nombreux successeurs. En cet ordre de choses, Basile n'innovait donc pas. 11 ajoutait seulement avec éclat un nouvel anneau à la chaîne de traditions qu'il avait trouvée dans le patrimoine de ses prédécesseurs. En allait il être de même de la question autrement plus grave qui dût, dès le premier jour, solliciter son attention : la question religieuse ? C'est ce qu'il faut maintenant étudier ^
A l'avènement de Basile, la situation religieuse de l'Empire était singulièrement complexe. L'Eglise sortait à peine d'une lutte aussi longue que douloureuse, lorsque l'affaire de Photius vint de nouveau agiter les esprits et diviser les âmes. Deux camps se reformèrent sur l'heure comme aux plus beaux jours de l'iconoclasme et la guerre fut une seconde fois déclarée. Elle devait durer longtemps.
I . n est presque inutile de rappeler que je n'ai pas à faire ici l'histoire eoniplète du seliisnie de Photius. Ce que je dois montrer, c'est la conduite de Basile P' dans les affaires religieuses. Je ne rappellerai donc que les faits essentiels et leur enchaînement, chose nécessaire ])onr hien comprendre la situation rehgieuse du moment et hi politique de rKmpcreur.
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Tant que Michel vécut, Photius resta le maître de l'état de choses qu'il avait, sinon créé, du moins accepté. Le patriarche Ignace, son prédécesseur, fut exilé et honteusement persécuté ; ses adhérents durent quitter évêchés ou fonctions et, comme si toute cette révolution s'était accomplie d'après les règles canoniques, Rome fut requise pour en sanctionner le résultat, l^hotius, en effet, suivant l'usage, expédia — hien qu'assez tard et nous allons voir pourquoi — à Mcolas V\ une lettre pleine de respect contenant sa profession de foi, l'annonce de son élévation au trône pontifical et la demande d'un Concile pour mettre tin à l'hérésie des iconoclastes. Si Photius s'imaginait lléchir par cette démarche tardive et de pure déférence, la rigueur d'un Pontife comme Mcolas P' , il se trompait étrangement. 11 fallait bien peu connaître le Pape régnant, son caractère et ses idées pour croire qu'il laisserait passer sans mot dire une si belle occasion d'affirmer sa souveraine autorité.
Quoi qu'il en soit, une année après l'avènement de Photius, Constantinople décida d'envoyer à Rome une ambassade solennelle, chargée d'aller porter à Nicolas P' avec de riches présents, la lettre du Patriarche. Cette ambassade se composait de Méthode, métropolitain de Gangres, de Samuel, évêque de Chonae ' et de deux autres prélats déposés par Ignace : Zacharie et Théophile d'Amorion-, auxquels on avait adjoint un laïque, le protospathaire Arsavir^. Tous étaient partisans convaincus de Photius. Ainsi choisie, la légation partit de Constantinople vers la fin de 859 et arriva à Rome en 860 ^ Elle avait pour mission officielle de demander au Pape des représentants pour le Concile qu'on voulait tenir, afin de terminer définitivement la ([uerelle iconoclastique ; pour niissio/i officieuse de faire reconnaître Pliotius "'. Malheureusement pour Byzance, les choses ne marchèrent pas comme elle aurait pu l'espérer. Le Çape était-il ])révenu par ailleurs des irrégularités qui s'étaient commises lors de l'élection de Photius et des graves événements qui s'étaient accomplis au cours de l'année écoulée ^ Les ambassa-
I . Clioiiao élail un simple évoché de la province ecclésiastique de Laodicéc. Photius éleva Samuel à la dignité d'archevêque. (Vit. Ignat., ]). 5iG).
•i. Vil. Ignai., p. 016.