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deurs laissèrent-ils trop clairement lire clans leur jeu^ P^ul ne le sait. Ce. qui est certain, c'est que Mcolas P' promit d'envoyer des légats, mais se réserva l'affaire de Photius qui devait être simplement instruite devant ses représentants lors, du futur concile -.
La mission byzantine avail donc échoué. Elle emportait pour toute réponse deux lettre.s datées du 25 septembre •^ l'une pour l'Empereur et l'autre pour son Patriarche. Dans chacune, Nicolas s'élevait contre la prétention qu'avait eue un synode privé de déposer, sans son consentement, le pontife Ignace, et surtout d'élever au souverain pouvoir, sans les épreuves préalables, un simple laïque, si savant qu'il put être.
Une telle réponse était une fin de non-recevoii\ adroitement déguisée. Nicolas, en effet, se rendait très bien compte de la situation, s'il ne la connaissait pas. 11 était peu naturel qu'un vieillard dont le gouvernement depuis douze ans avait toujours été ferme et sage, sinon aimable et doux, et dont la haute personnalité n'avait jamais été atteinte par l'ombre même d'un soupçon, homme de discipline et d'austérité, saint de vieille et dure roche, fut subitement déposé, envoyé en exil et promptement remplacé, si derrière l'affaire religieuse ne s'agitait pas une affaire politique. Aussi, tout en refusant de confirmer, avant tout procès canonique, une aussi extraordinaire déchéance. Nicolas ne voulut-il pas prendre parti. Ignace pouvait avoir -- et c'était probable — ses sympathies personnelles ; mais il se garda bien d'en rien laisser voir. Très canoniquement, il réunit à Kome un synode pour le choix des légats qui devaient prendre part au concile et exposa les instructions qu'il allait leur donner. Les ambassadeurs désignés, Rodoald et Zacharie, devaient continuer à traiter Ignace en évéque et Photius en laïque, terminer le schisme iconoclastique et simplement réunir les pièces du procès en cours au sujet de l'élection patriarcale. Lui seul, Nicolas, déciderait en dernier ressort sur ce qu'il convenait de faiie ^.
1. Les ambassadeurs étaient chargés do dire au I^ape qu'Ignace vieilli avait abdiqué et s'était retiré dans un nionaslère où tous les égards dus à son rang lui étaient assurés. (\U. Jgn., 5i6).