‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 214 sur 409 · Héfelé-Delarc, V · texte numérisé non relu

Héfelé-Delarc, V

2. L'histoire du voyage de cette ambassade est des plus étranges. Les représentants d'Ignace et de Photius, en effet, partirent séparément. Sur l'un des bateaux se trouvait l'évêque Jean et le spathaire Basile; sur l'autre, Pierre de Sardes et quelques moines qui l'accompagnaient. Arrivé en vue des côtes dalmates, le navire qui portait les partisans de Photius fit naufrage. Le légat et sa suite périrent, à l'exception d'un seul, le moine Méthodius que, dédaigneusement, \nastase appelle « monacliulus » {Lib. Pontif., Vit. Hadr., n, 178 ; Vit. Ignat., 54/1)-

3. Mansi, xvi, 5o. Héfelé-Delarc, V, 094 . '\. Mansi, \m, 129.

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de ses seuls partisans ; il délivrait à Basile un certificat d'orthodoxie et d'innocence qui allait rendre le nouvel Empereur maître de la situation. Ainsi, à la faveur de cette sentence, chacun gagnait ou espérait gagner quelque chose. Indépendamment de l'impression morale qu'allait faire sur les esprits le rôle joué par Rome dans l'affaire du schisme, le Pape faisait reconnaître à toute l'Eglise hyzantine son ahsolue autorité^ et s'attachait par des liens de reconnaissance le Patriarche et l'Empereur qu'il comptait bien utiliser à bref délai. Basile était absous ; Ignace recouvrait son trône et Photius lui-même, tout sacrifié qu'il fût, pouvait lire entre les lignes qui le condamnaient la promesse d'une sentence future qui le réhabiliterait.

Tel fut le rôle, très habilement joué par le pape Hadrien dans ce premier acte consacré à la solution du conflit religieux. Désormais, pour un temps, la scène se transporte à Byzance et c'est naturellement Basile qui tiendra le premier rang. Voyons donc quelle fut son attitude.

Dès que le concile romain se trouva terminé, l'ambassade byzantine reprit le chemin de Byzance; mais cette fois-ci, elle n'était plus seule comme à l'aller. Les légats du Pape faisaient route avec elle, emportant lettres et instructions en vue de leur nouvelle mission-. La caravane, composée des Grecs, de deux évéques latins, Etienne de Népi et Donat d'Ostie et d'un diacre, Marin, partit aux environs du lo juin 869 ^. Après d'innombrables difficultés, ils arrivèrent à Thessalonique où un envoyé impérial les reçut au nom de l'Empereur. De là, ils se dirigèrent sur Gonstantinople en passant par Selymbria et Gastrum Rotundum ^ A Selymbria, ce fut tout un cortège qui les vint

1. Le Pape, en effet, dans les deux lettres qu'il expédia le 10 juin 869 à Ignace et à Basile, fixe certaines dispositions très avantageuses pour son autorité. Les prélats ordonnés par Pliotius pourront être graciés s'ils signent le Liber satisfactionis apporté par les légats ; les signataires du conciliabule de 867 ne pourront être réintégrés que par le Pape ; Ignace devra s'em^ ployer à faire signer par tous les évoques les Capitula du synode romain et exiger leur dépôt dans toutes les archives épiscopales. (Mansi, xvi, 5o ; Héfelé-Delarc, V, 599).

2. Hadrien fit remettre à ses légats les lettres de Nicolas, les siennes propres, plus un conimonitoriam que tout évêque devait signer avant de rentrer en possession de son siège {Lib. Pontif., II, 180).

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