‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 222 sur 409 · I. Lib. Ponilf., Vit. Uad., 11, 183. Maiisi, xvi, p · texte numérisé non relu

I. Lib. Ponilf., Vit. Uad., 11, 183. Maiisi, xvi, p

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quence, obtenu qu'un refus de rendre les précieux papiers, si Anastase le bibliothécaire ne s'était trouvé fort à propos à Constantinople, à la tête de l'ambassade qui a enait conclure un mariage entre Constantin et la fille de Louis IL Les légats firent immédiatement intervenir les ambassadeurs auprès de Basile et ce fut grâce à eux — car il y allait pour l'Empereur, de sa loyauté et du succès des négociations — que les signatures furent rendues. x\nastase en reçut le dépôt et les emporta à Rome avec le texte du concile ' mais ce ne fut pas sans encourir la colère de Basile ^ qui le lui fit payer peu de temps après.

Le concile prit donc officiellement fin le 28 février 870. Chacun se montra extérieurement satisfait de la solution donnée aux affaires pendantes. Basile combla tout le monde d'éloges, adressa de chaleureux remerciements aux évêques, leur promit sa protection et témoigna de nouveau aux légats égards et respect. Il pouvait d'ailleurs se montrer d'autant plus empressé auprès de leur personne qu'il avait déjà en main sa vengeance toute préparée. Un dernier incident vint marquer la fin du concile et montra aux yeux les plus obstinément fermés ce qu'il y avait d'arrière-pensées dans toute la conduite de Basile. Les légats depuis l'affaire des papiers se tenaient en juste défiance à l'égard du pouvoir impérial. Ils avaient compris que l'astuce grecque n'était pas un Aain mot. Aussi s'empressèrent-ils de remettre aux mains d' Anastase les libelles signés des évêques et de lui demander de bien vouloir confronter les

1, Anastase raconte ces évènemenls dans une note assez courte insérée dans les actes de la première session à l'occasion du Libelle (Mansi, xvi, p. 39) mais il ne s'ensuit pas pour autant qu'ils aient eu lieu à ce moment. L'intervention d' Anastase qui ne put s'exercer qu'à la fin du Concile suffirait à le prouver. D'autre part, le Liber Pontijicalis (II, p. 182) place ces événements à la fin du Concile à propos des signatures des légats ; mais la dernière séance eut lieu peu après la neuvième, le 28 février, et connue la fameuse clause : Usqiie ad voluntatem (Cf. pour cette clause, Héfelé-Delarc, V, 612') souleva beaucoup de difficultés (Lt7>. Pontif., 11, i84, note 4i), il est probable que le protocole avait déjà été soumis avant la dixième et dernière séance. Du reste, au début du (Concile, Basile n'amait jamais agi de la sorte avec les légats. Je crois donc qu'il faut placer cette bistoire entre la buitième et la neuvième session. Elle explique bien l'arrêt momentané des séances et la conduite de Basile alors très profondément blessé de l'attitude intransigeante des légats.

2. Quibus diverso modo, non sine magno laboris periculo, imminentibus, libellos quidem vix tandem recipiunt, sed imperatoris iram pro nimia districtioile fidei veliementer incurrunt (Lib. Pontif., II, 182).

actes o^rocs et latins du concile avant qu'ils n'y apposassent leur signature'. Précaution utile à coup sûr. Anastase très au fait des deux langues examina donc les procès- verbaux et remarqua qu'une lettre d'Hadrien avait été mutilée à l'endroit où le Pape faisait l'éloge de Louis II. Les légats se récrièrent et voulurent refuser leur signature. Les Grecs insistèrent sous prétexte qu'un concile ne devait célébrer que les louanges de Dieu. Les Romains finirent par céder; mais une fois encore on put surprendre, cacliée pour agir, la main de Basile. N'était-il pas étonnant, en effet, qu'un concile ([ui d'un bout à l'autre de sa durée avait lancé à tous les échos du monde la gloire et les vertus d'un souverain meurtrier refusât sous le vain prétexte de religion de rapporter en entier la lettre d'un Pape qui accidentellement louait un autre roi ! La vérité est que Basile, indépendamment de sa volonté de porter seul le titre d'Empereur, avait fait, en réunissant cette assemblée générale des Eglises, avant tout, œuvre politique. Il avait voulu, d'une part, que son usurpation fût universellement et solennellement reconnue; il avait voulu, de l'autre, que son règne, apportât à tous les esprits l'union dont il avait besoin pour ses futurs projets. Le résultat de ses efforts n'était pas aussi complet qu'il eût pu le désirer. Néanmoins, un apparent accord allait régner dans l'Eglise et ainsi dans l'Etat sous l'autorité indiscutée de Basile. Pour un temps l'Empire était donc tranquille.

Ces menus incidents, pour signilicatifs qu'ils fussent, n'étaient rien cependant, en comparaison de l'événement capital qui suivit à trois jours de distance- la clôture du concile. Une fois délivré des soucis que le concile lui avait donnés, Basile voulut reprendre en mains, ouvertement et fermement, la direction des affaires ecclésiastiques. Si, par respect pour la chose, même, à son avis, mal jugée, et pour le repos de l'Empire il envoya de nouveau Photius en exil et sembla user de quelque rigueur à l'endroit des prélats rebelles -^ il ne toléra pas non plus de la part des légats et de Rome ce qu'il croyait être une atteinte à l'intégrité du territoire et à celle de sa juridiction. Les affaires bulgares le prouvèrent. Pour Basile, du reste, cette affaire était une véritable aubaine. Mécontent des légats,

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