‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 224 sur 409 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Il paraît assez inadmissible que les légats bulgares ne comprissent pas le latin puisque, au dire du Lib. Pontif., ils remercièrent au début de la réunion, les légats d'avoir écrit à Michel de Bulgarie lors de leur voyage en Orient (II, 182). De plus, il est certain que Joseph d'Alexandrie et Hélie de Jérusalem savaient le grec. Mais ce qui paraît surtout invraisembable, c'est qu'il n'y ait pas eu d'autres interprètes à cette réunion que celui de Basile. Les ambassadeurs et les légats devaient, évidemment, avoir leurs truchements comme au Concile. Comment admettre que puisque les Romains avaient Théodore au Concile, ils ne l'aient pas réclamé pour cette insolite réunion. Eux qiii se défiaient si fort des Grecs auraient-ils accepté ainsi, sans interprètes, de figurer dans l'afTaire bulgare ? En réalité, cette histoire paraît tout simplement avoir été arrangée par Anastase de dépit, pour charger l'Empereur et aigrir le Souverain Pontife.

23o BASILE I

l'influence religieuse de l'Eglise byzantine une autorité morale sans doute mais réelle et efficace au besoin. Ignace, pris entre deux feux, ne sachant comment faire pour n'être pas désagréable aux légats et à Hadrien II qui toujours l'avaient soutenu et venaient de le rétablir sur son siège, pour être en même temps agréable à Basile auquel il devait le même bienfait, se réfugia dans un prudent et momentané silence et s'empressa, une fois les légats partis, de consacrer un pontife pour la Bulgarie. Mais tout cela avait fini d'irriter Basile: u Imperialis commotio, licet spem fronte simularet, augmentum suscepit ^ », dit l'auteur de la vie d'Hadrien II. Les légats allaient en savoir quelque chose et, pour un temps, les relations entre Rome et Byzance devinrent on ne peut plus tendues. On se sépara donc très mécontents les uns des autres. Basile, cependant, invita les apocrisiaires à dîner, leur remit des cadeaux et les fît escorter jusqu'à Dyrrachium par le spathaire Théodose. Mais leur retour fut loin d'être aussi triomphal que leur arrivée. Basile s'était fort peu soucié du sort qui pourrait leur être réservé en voyage. Aussi, tandis qu'Anastase regagnait Rome par Bénévent, les légats, faisant voile sur An cône, ne tardèrent pas à être arrêtés par des pirates slaves. Ils perdirent tous les documents qu'ils portaient avec eux et, chose plus grave, la liberté et presque la vie-. Par bonheur pour eux quelques personnages de leur suite purent s'échapper et, grâce aux lettres de l'Empereur et du Pape, Domagoi relâcha sa proie. Les légats arrivèrent à Rome le 22 décembre 870. Ils avaient mis environ neuf mois pour accomplir leur voyage. De leur mission il ne leur restait rien, sinon un livre concernant les affaires d'Ignace (librum actionis Ignatii) et des « libelli » sans doute ceux que les évêques signèrent en entrant au concile ^. Heureusement qu'Anastase avait emporté les actes du concile et les papiers que les Grecs volèrent, sans quoi Rome eût été singulièrement en peine de savoir ce qui s'était passé au cours de ce concile passablement mouvementé.

Tel était donc l'état des choses à la fin de l'année 870 Photius était exilé, Ignace rétabli ; mais entre Rome et Byzance les rapports s'étaient singulièrement modifiés. Basile, affermi

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