‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 225 sur 409 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

KT l'empire byzantin 23i

sur son trône par la recoiuiaissancc que tous, au moins tacitement, avaient faite de son usurpation et par sa politique à regard des Bulgares, pouvait désormais consacrer son temps, ses efforts et son génie à l'administration de son Empire et aux guerres qu'il allait avoir à entreprendre. Il s'était assurément brouillé avec le Pape ; mais, pour uii temps, la question religieuse était liquidée. Photius, du fond de sa retraite, pouvait exhaler en pure perte ses plaintes amères. Ses amis, maintenus par la crainte d'un pouvoir fort, n'osaient plus bouger et ne pouvaient plus rien pour lui. Le patriarche Ignace se trouvait lié à l'Empereur et agissait suivant ses ordres. C'était tout ce que désirait Basile. En somme, vaincu juridiquemennt par Rome, il se trouvait vainqueur et Rome, victorieuse en apparence, avait perdu la partie. Qui plus est, contre toute attente et toute prévision, elle se voyait diminuée d'une Eglise jeune et nouvelle pour laquelle elle avait dépensé sans compter et la science de ses théologiens et le zèle apostolique de ses prêtres. Pour autant toutefois, le dernier mot de toute cette affaire n'était dit ni d'un côté ni de l'autre. La mort du patriarche Ignace devait, neuf ans plus tard, rouvrir les débats. En attendant Rome se tint sur l'expectative tandis que Photius allait rentrer en scène.

Le malheureux retour des légats toucha vivement le Pape. C'était un manque d'égards qui l'atteignait directement. Après les pénibles événements qui marquèrent les derniers jours du concile, il n'avait plus d'illusions à se faire sur la conduite et les vues de l'Empereur. On allait évidemment tout droit à une rupture. Néanmoins u la conversation » entre les deux souverains continua. Quelques mois après le départ des apocrisiaires, Basile et Ignace écrivirent à Hadrien, demandant au Pontife des nouvelles des légats et certains adoucissements aux peines canoniques promulguées en concile pour quelques anciens partisans de Photius. L'un et l'autre joignirent à leurs lettres que l'higoumène, ami d'Ignace, Théognoste, apportait à Rome de riches et nombreux présents ^ Mais Hadrien était profondément blessé. Indépendamment de tous les sujets de plaintes qu'il pouvait formuler par ailleurs il avait un nouveau grief à faire valoir conlre le Patriarche. Ignace, pour lequel Rome

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