I. Mansi, wr
avait tant travaillé, n'avait pas craint, malgré les pressantes exhortations des légats, de sacrer nn archcAeque pour la Bulgarie. C'était tout à la fois outrager le siège apostolique et porter atteinte à ses droits. Cette fois c'en était trop ; Hadrien répondit à Basile par une lettre datée du lo novembre 871^ dans laquelle après lui avoir adressé quelques compliments d'usage, il lui reprochait amèrement son inconcevable négligence à l'égard des légats et blâmait énergiquement l'usurpation d'Ignace, en Bulgarie-, puis, avec une sévérité peut-être excessive, refusait tout pardon pour ceux en faveur de qui l'Empereur et Ignace avaient intercédé. Un acte de clémence qui aurait eu du reste des précédents ^ eût été sans doute plus habile car il aurait eu l'avantage de briser le parti de Photius ; mais Rome était froissée, elle voulait le laisser voir. Pendant ce temps Basile agissait énergiquement à Byzance. Il avait exilé Photius dans un couvent du Bosphore à Skepi ^ et. s'il faut en croire les lettres du Patriarche déposé, la vie qui lui était faite aurait été dure pour lui. Et cela est possible. Basile voulait à tout prix en finir avec l'agitation religieuse. Il pouvait espérer qu'en traitant durement un chef que, du reste, il n'aimait pas, ses partisans rentreraient dans le devoir. Cette politique, sans doute, aurait eu un plein succès sans la réponse de Rome qui rejetait, bon gré mal gré, les schismatiques dans les bras de Photius et empêchait toute union définitive. Et c'est ce dont l'habile Patriarche sut profiter. Tandis qu'Ignace reprenait en d'assez mauvaises conditions son bâton pastoral, Photius agissait. D'abord il écrivit à ses amis pour les encourager, les affermir et les préparer à des jours meilleurs ^ ; puis il chercha par mille moyens à gagner ses pires adversaires. Par deux fois, il écrivit à Basile pour lui exposer sa situation, lui demander des adoucissements, lui rappeler les liens mystiques qui, ensemble, les unissaient^'. Bien plus. Photius, très habilement, se remit en relations avec Rome. Hadrien était mort en 872 et son successeur, Jean VIII. n'aurait peut-être pas les mêmes