‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 228 sur 409 · Vit. Ignat., 565 ; Sym. Mag., VII · texte numérisé non relu

Vit. Ignat., 565 ; Sym. Mag., VII

se fit-elle pas longtemps attendre. Il revint à Constantinople, fut chargé de l'éducation des enfants princiers et rentra en grâce auprès de Basile, tandis que Tliéophane recevait le prix de ses services par rarcheveclié de Césarée en Gappadoce.

Cette histoire de Mcétas appelle quelques remarques. Généralement on Ta rejetée comme une fable créée pour exj)liquer le subit revirement de Basile. Je crois cependant qu'au contraire elle a un fond tout à fait véridique. D'abord la Chronique de Syméon la reproduit, chose assez remarquable, parce que les deux sources sont absolument indépendantes. C'est même un des rares endroits ori elles se rencontrent. La plupart des faits racontés par Nicétas ne se trouvent pas dans la Chronique et réciproquement. On en peut donc conclure au moins que le stratagème de Pliotius était connu à Byzance et qu'on en parlait. Mais de plus, ce qui donnerait créance à cette histoire, c'est qu'elle a été adoptée par les historiens de la maison macédonienne. Que dit Constantin YII des origines de sa famille sinon, précisément, avec quelques développements qui peut-être, du reste, se trouvaient dans le livre, ce que rapporte iSicétas? Je crois donc qu'on peut admettre le récit et voir, en cette affaire, la première cause du retour de Photius au Palais. L'Empereur, en parvenu qu'il était, devait être heureux de cette découverte qui jetait un lustre inespéré sur sa couronne et légitimait encore son usurpation ; très désireux aussi de donner une nouvelle impulsion aux arts et aux sciences, aimant à s'entourer de savants, il dut, sans doute, trouver dommage de laisser dans l'ombre un talent comme celui de Photius et tout naturellement il le retint à Constantinople et le donna comme précepteur à ses fils. Quant à l'année exacte où se passa l'événement elle est impossible à fixer. D'une part tous les enfants de Basile étaient nés et Constantin n'était pas mort ; d'autre part il est peu probable que ce fut immédiatement après son exil que Photius entreprit cette supercherie : les deux lettres à Basile suffiraient à le prouver. Je crois donc qu'il faut placer cet incident et le retour de Photius à Constantinople entre 875 et 876.

Une fois rentré à Constantinople, Photius eut beau jeu pour recommencer ses intrigues. Entouré d'un parti puissant il n'avait qu'à profiter de la situation pour ressaisir le pouvoir qu'il avait perdu. Ignace, en eff'et, était vieux et cassé par les longues épreuves dont sa vie avait élé tissée. D'un instant à

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l'autre on pouvait s'attendre à le voir disparaître et c'est pour ce moment qu'il fallait être prêt. Puis, les rapports entre Rome et Byzance étaient tels qu'ils permettaient à Pliotius tout espoir de retour. Le Pape réclamait plus que jamais la Bulgarie et menaçait d'excommunier Ignace s'il persévérait dans sa conduite à l'égard de cette Eglise K L'Empereur, de son côté, n'entendait pas raison sur cette affaire, pour lui plus politique que religieuse. Comme par le passé, il voulait bien rétablir la paix confessionnelle, mais sans rien sacrifier de ses droits réels ou prétendus. Du reste, il avait toujours présent à la mémoire la conduite des légats romains, son échec au concile, et tout cela n'était guère fait pour le porter à ménager le Souverain Pontife. La situation était donc bonne pour Photius. Il suffisait de savoir en profiter. Il semble bien que par lui-même l'ancien Patriarche, de retour à Gonstantinople, n'ait pas immédiatement et directement agi. Rentré au Palais comme précepteur des fds de Basile -, il s'appliqua, sans doute, avant toute chose, à gagner la confiance des enfants, celle du père, celle de l'entourage impérial, à se ménager des sympathies et à reconquérir son influence. En tous cas, nous ne savons rien de précis sur la vie de Photius et sur ses rapports avec Basile avant son second pontificat.

Un de ses pires ennemis, Stylianos, écrivant à Etienne V, successeur de Jean VIII, raconte bien, en vérité, que dès son retour, Photius créa les plus grands embarras au patriarche Ignace, chercha à reconquérir par la force, son siège perdu, fit même, un jour, irruption dans l'église de Sainte-Sophie pendant un office présidé par le Patriarche en personne et tenta de mettre fin aux jours du vieil Ignace^ ; mais ces histoires ont tout l'air d'être mensongères ou, du moins singulièrement amplifiées ^. Lorsque Stylianos écrivit à Etienne V, Photius était de nouveau en complète disgrâce, exilé, condamné par les

1. Lettre de Jean VITI à Basile de 87A ou 875 Ewald (Neiies Archiu., t. V, p. 309, Lettre 87) JatTé, 2999.

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