‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 259 sur 409 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

A. Proch.

ET l'empire BYZA>TI>' 269

du Patriarche. Naturellement, les circonscriptions diocésaines varièrent avec le temps, suivant les pertes et les acquisitions du Patriarcat. 11 suffit pour s'en rendre compte de jeter un coup d'œil sur les différentes listes épiscopales qui nous sont parvenues. Du ix*" siècle et du commencement du x® nous en avons quatre. La première, la plus ancienne, vit probablement le jour aux environs de 8io : la seconde fut composée par Basile l'Arménien vers 829 ' : la troisième a pour nom « Nea Tactika-» ; la quatrième date du règne de Léon Yl De ces quatre listes, une seule nous intéresse, la troisième. On a souvent attribué les « Nea Tactika » à l'époque de Léon Vl. Cependant, en comparant ce document aux listes conciliaires de 869 et de 879. on ne tarde pas à remarquer que seuls les « Nea Tactika » répondent exactement à l'ordre de choses exprimé par les listes. Ni la notice de Basile, ni celle qui fut composée sous le règne de Léon ne concordent avec la Géographie ecclésiastique telle qu'elle ressort des souscriptions^. C'est ainsi, par exemple, que pour les métropoles, le Concile de 869 cite parmi ces dernières Smyrne, indication conforme aux « Nea Tactika » et à la liste de Léon, mais pas à celle de Basile qui en fait un siège autocéphale *. Nakolia est archevêché en 869 et indiqué comme tel dans les « Nea Tactika », tandis que Basile en fait encore un évêché dépendant de Synade en Phrygie. 11 en va de même de Garella, de Rousion ^. de Kamachos, et d'autres. Les métropoles qui relevaient autrefois du patriarcat romain comme Thessalonique. Athènes, Corinthe, Patras, Reggio sont en 869 et dans les Nea officiellement enregistrées avec leurs suffragants parmi

r. Pargoire, op. cit., p. 398.

2. Elle est publiée dans l'édition de Georges de Chypre do (îelzer.

3. Cependant, il faut utiliser chaque liste avec une extrême réserve. Chacune vaut pour l'heure où elle a été écrite uniquement. Publiée par le Chartophylakeion, elle exprime simplement Yétat du moment des sièges et point du tout l'état canonique des choses. Un évêché peut parfaitement bien exister et n'être pas, pour autant, porté sur les listes parce qu'il n'a pas au moment de la publication de la liste de titulaire en fonction. C'est le cas d'Anchialos, par exemple.

4. Le siège d'Euchaïte est donné comme archevêché en 869 et dans Basile, comme métropole dans les Nea. Il est probable que cette divergence vient du fait de son titulaire Théodore Santabarenos.

5. Rousion de Thrace, dans la province de Rhodope, est devenu archevêché par suite de la disparition de Maximianopolis, l'ancienne métropole de la contrée. Cf. Oriens Christianus, 1, p. 1199.

les sièges relevant de Byzance tandis que Basile les rejetait encore à la fin de sa liste et ne mentionnait point les suflragants. Enfin, des sièges se sont créés que Basile ne paraît pas connaître, mais dont les listes et les Nea nous fournissent les noms. C'est par exemple Pyrgon, c'est Maïna. etc. Inversement les Nea Tactika, comme les listes conciliaires, ne connaissent pas certaines transformations. Kios, par exemple, archevêché en 869, comme il l'était en 829. ne se trouve plus dans la liste de Léon. Mais ces divergences sont rares — probablement accidentelles et temporaires — et déjà les Nea Tactika. comme les listes de 869 et de 879, se rapprochent beaucoup delà Notice de Léon. Si donc nous prenons pour base les Nea Tactika, nous remarquons qu'elles mentionnent cinquante-deux métropoles au lieu de trente-quatre données par Basile et de cinquante et une par Léon. Cette difîorence considérable entre la liste de 829 et les Nea Tactika s'explique par le fait, d'une part, qu'on compte les métropoles qui autrefois relevaient de Rome, et de l'autre, qu'un certain nombre d'archevêchés sont devenus métropoles et que deux métropoles, Phasis et Markianopolis, n'existent plus. Si Mélitène d'Arménie P^ se trouve encore sur les deux premières listes, elle ne se retrouve pas à l'époque de Léon ^. Séleucie apparaît dans les Nea Tactika et dans Léon ainsi que Trapézonte, Philippe, Dyrrachion. Kamachos, Kotyaion, Mitylène ; enfin les Nea Tactika donnent en même temps Vmastris et Chonae parmi les métropoles et les archevêchés, sans doute sous l'influence du schisme : mais ce n'est qu'un fait passager car dans la liste de Léon elles reprennent leur place parmi les archevêchés. Pour les archevêchés, Basile en compte quarante et un, tandis que les Nea Tactika en comptent cinquante et Léon quarante-neuf. Depuis 829, en eff'et, plusieurs archevêchés ont disparu comme Odyssos, Tomis, Anchialos ; d'autres sont devenus métropoles. Cependant, en 869, la liste s'est augmentée. Thèbes apparaît ainsi que Rousion, Otrante, Garella, Corcyre et autres. Certains archevêchés, du reste, disparaîtront rapidement. Kordé ne se trouve que dans les Nea Tactika. Kios et Apros vont faire place à de nouveaux sièges comme Rinôn et Sebastopolis. Quant aux évêchés, ils deviennent dans la seconde moitié du ix" siècle beaucoup plus nom-

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