‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 264 sur 409 · Mansi. \vi, i · texte numérisé non relu

Mansi. \vi, i

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église, de descendre à leur approche de cheval ou de mule, de se prosterner devant eux, de s'asseoir à leur table. En un mot TEveque, pour garder son ascendant religieux, pouvoir corriger les abus et dénoncer les fautes de ses fidèles avec succès, doit vivre en dehors du monde séculier et s'occuper uniquement de ses aftaires religieuses.

Indépendant et maître dans son diocèse. l'Evéque est en communion directe avec son métropolitain. Deux fois l'an, ce dernier avait, dans l'Eglise byzantine, l'habitude de réunir en synode ses divers sulïragants pour s'occuper, de concert avec eux, des choses intéressant la métropole. Mais cette coutume n'allait pas sans d'assez graves difficultés et d'assez grands abus. Profitant de cette raison, les métropolitains se dispensaient d'assister le Patriarche de leurs conseils et de paraître à ses côtés lors de ses propres synodes * . Aussi le Concile de 869-. sans condamner ces assemblées provinciales, déclara-til cependant que les synodes patriarcaux étaient beaucoup plus utiles que les premiers et décréta-t-il des peines très graves contre les métropolitains qui ne répondraient pas à leur convocation. Inversement, le Concile refusa de reconnaître le droit de visite que s'arrogeaient certains métropolitains ou archevêques sur l'Eglise de leurs suffragants. Il arrivait, en effet, que ces visites n'avaient souvent d'autre but que l'argent. Le métropolitain s'en allait chez son inférieur, vivait des revenus de son Eglise et cela au grand détriment des pauvres. A partir de 869 l'Evêque ne fut plus obligé qu'au devoir général de l'hospitalité et le métropolitain n'eut plus le droit d'exiger quoi que ce fût s'il tenait à passer par le diocèse d'un de ses confrères •''. Du reste, il parait bien que vers cette date les liens de dépendance qui unissaient les sièges suffragants à leur métropole se relâchent de toutes parts. Le droit de visite en disparaissant fît abroger aussi d'autres coutumes. Primitivement, le métropolitain, supérieur eft'ectif de son suffragant, pouvait appeler ce dernier en certaines circonstances dans sa ville épiscopale pour le remplacer dans les fonctions reli-

I. Mansi, v\i, p. 171. Caii. XVII. Le I^alriarche avait le droit de convoquer tous les métropolitains qu'il avait ordonnés ou auxquels il avait envoyé \c pallium.

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;^. /6tV/. Can. \I\, p. 173.

gieuses. De là des abus qui durent être corrigés. Le Concile profita sans doute des événements pour interdire à l'avenir aux métropolitains de traiter les évêques comme de simples clercs. Défense leur fut faite de se faire remplacer sous peine de déposition 1. Tant de modifications diverses au droit existant ne brisèrent pas, toutefois, le lien primitif qui rattachait, dès les origines chrétiennes, Tévêque à son métropolitain: le droit de juger. Le Concile de 869 le sanctionna formellement par le Canon XX VL Tout prêtre et tout diacre pouvait toujours en appeler du tribunal de l'Evêque au tribunal du métropolitain, de môme que l'Evêque pouvait en appeler du métropolitain au Patriarche. La seule chose défendue était d'en appeler à une juridiction égale : métropolitain à métropolitain, évêque à évêque. Cette dépendance donc assez théorique, sauf sur ce dernier point, entre métropolite et évêque, s'exprimait dans roffice divin par le nom du Supérieur qu'on insérait dans les « Mémoires ». C'était le signe de la communion religieuse. Le Patriarche, nous l'avons vu plus haut, lisait le nom du Pape; le métropolitain, celui du Patriarche; l'Evêque, celui du Métropolitain; le prêtre, celui de l'Evêque. Rayer ce nom de l'office liturgique, c'était faire schisme. Nul n'avait le droit de s'arroger un tel pouvoir sans qu'une sentence canonique ait été portée contre le Supérieur. C'était un cas de déposition pour celui qui agissait de la sorte. 11 y a là, évidemment, un soutenir très précis des luttes qui, en ce moment même, agitait l'Eglise entre partisans d'Ignace et partisans de Photius.

Telles étaient, à la fin du ix*' siècle, les conditions qui régissaient le haut clergé ; telle était l'organisation de l'Eglise. Les troubles engendrés par le schisme de Photius purent, en vérité, ébranler cette solide charpente ecclésiastique, créée par les siècles passés ; ce fut même un des principaux soucis des Conciles sous Basile P' de la consolider de nouveau. Mais, il faut le remarquer. C'est précisément parce que l'Eglise byzantine était puissamment hiérarchisée, et fortement centralisée, parce que, entre le sommet et la base, il n'y avait pas, comme en Occident, de solutions de continuité que le schisme fut si

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