Vit. Nicol. Stnd., M igné, CV, p. 8O
une véritable fédération, ayant à sa tète un higoumène en chel. Nous connaissons, par exemple, un <( chef de monastères de la Propontide » qui vivait sous le pontificat de saint Ignace ^ et le fameux Thcognoste s'intitulait lui même « archimandrite de l'ancienne Rome et exarche de Constantinople ^^, » ce qui paraît signifier qu'il gouvernait à la fois les monastères de l'Italie méridionale et ceux de Constantinople. Peut-être même tous les couvents du Patriarcat avaient-ils un chef unique, résidant à Constantinople car il semble, d'après une lettre de Nicolas P' que l'autorité de Théognoste s'étendait à tous les monastères grecs ^. En toiis cas, sa situation était telle qu'il se trouvait sous Basile, tout à la fois higoumène de Pigi et skevophylax de Sainte-Sophie ^, charge qui évidemment n'était pas donnée à un religieux quelconque, mais nous ignorons tout de ses fonctions et de son autorité au point de vue monacal, à l'époque qui nous occupe'^. Ce ({ui paraît certain, en tous cas. c'est qu'il ne devait pas être en son pouvoir d'acycorder entre eux les différents groupes de monastères sur lesquels il avait autorité. Le Stoudion et rOlympc avaient peut-être un higoumène en chef commun, ils ne s'en aimaient pas davantage pour autant et, à lire les amabilités que le moine Pierre s'amuse à écrire sur les studitcs dans sa vie de saint Joannice, on peut être édifié sur leurs relations mutuelles ^\
L'histoire de ces saintes maisons était toujours ajjproximativement la même. Un jour, un bienfaiteur quelconque, pour une raison ou pour une aulre. se décidait à créer un monastère. A cette fin, suivant la législation en vigueur à partir du premier pontificat de Pholius, il devait demander et obtenir l'autorisation de l'évêque du lieu qui seul avait droit de bénir la première pierre. La cérémonie faite, l'évêque et le bienfaiteur dressaient un acte indiquant les biens qui désormais appartiendront au couvent. Cet acte était déposé dans les archives épiscopales et ainsi le monastère vivait. Religieux et Religieuses venaient alors rapidement se placer sous la direc-
1. « "Ap/ojv Twv jxovaaxTiptojv Twv xaTàj npoTiovTÎSa. » lit. Ignat., 53a.