Ibid., S 16, p. i
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A peu de choses près, ce programme était celui de tous les moines. On comprend qu'il exigeait une certaine préparation pour le bien remplir et un temps d'épreuve pour se demander si l'on serait toute sa vie capable d'y être fidèle. Chaque monastère comptait trois sortes de moines : les prêtres, les frères et les serviteurs. Lorsqu'un religieux avait passé un assez long temps parmi les frères et si sa vie avait été irréprochable, l'higoumène. probablement sur le préavis des autres prêtres *. pouvait lui imposer le sacerdoce. On l'envoyait alors dans la ville épiscopale la plus proche pour qu'il reçut des mains de l'évêque l'ordination'-. De ce fait sa situation grandissait dans le couvent. Il pouvait aspirer à devenir higoumène. en attendant l'heure où il irait reposer avec ses prédécesseurs dans le caveau du couvent '^. Naturellement, une telle vie ne pouvait convenir à tous. Sans doute, il y avait bien de temps à autres quelque honnête distraction — somme toute assez peu récréative — et encore c'était rare. Qu'on en juge. Le biographe de saint Théodore d'Edesse raconte qu'à certains jours de fêtes la communauté s'en allait en promenade visiter dans leur solitude les pieux ermites. Une année, à l'Annonciation, elle alla voir saint Théodore. Dès qu'on fut arrivé au lieu du pèlerinage, on fit la prière, on s'embrassa, puis chacun s'assit pour entendre la parole du saint. Après quoi un prêtre célébra la messe et la visite se termina par un frugal repas de carême. La communauté rentra au couvent, tandis que quelques-uns, sans doute plus zélé, et plus anciens *. restèrent auprès du saint qui continua pour eux son instruction.
C'est bien cette austérité de vie qui explique, à n'en pas douter, le perpétuel besoin qu'avaient certains moines plus actifs de sortir de leurs cloîtres. Ceux-là s'en allaient, tantôt à pied, tantôt à cheval, visiter leurs confrères ou les lieux saints. Saint Eustathios était toujours sur les grandes routes, accompagné d'un autre moine. 11 allait visiter saint Joannice. les couvents des alentours, Gonstantinople ^ et nous savons, par la vie de saint Euthyme et de saint Joannice combien ces grands servi-