Ibid
italiens. Depuis plusieurs années, en effet, Sarrasins et seigneurs campaniens vivaient en bonne intelligence. C'était là une heureuse circonstance que les Arabes ne laissèrent pas perdre. En 877 ils en profitèrent pour s'avancer jusqu'à l'embouchure du Tibre, menaçant ainsi les Etats pontificaux. Jean VlU essaya bien tout d'abord de secouer la torpeur des princes et de les enrôler dans sa croisade contre l'Islam ; mais, il n'eut pas de peine à s'apercevoir assez vite qu'il n'avait -pas grand'chose à attendre des uns et des autres. Seul, à Bari, le stratège Grégoire était décidé à la lutte. Aussi est-ce à lui que le Pape s'adressa pour combiner une action commvme contre les Sarrasins. Mais livré à lui-même le bajulus ne pouvait pas grand'chose. ^C'est pourquoi, le 2G février 878, le Pape se décida à écrire à Basile pour lui demander le secours d'une armée. Les relations, très tendues depuis 870 entre les deux souverains se trouvèrent par cette démarche singulièrement améliorées. En 880, la question religieuse aidant, elles étaient redevenues à ce point cordiales qu'elles finirent par inquiéter le nouveau roi d'Italie. Charles le Gros'. Déjà le Pape avait obtenu des secours de l'Empereur en échange de la bonne volonté qu'il apportait à liquider l'affaire de Photius, quand en 882 ou 883 une nouvelle armée partit pour l'Italie commandée par Etienne Maxentios ; mais vaincu dcA ant Amantea et surtout à Santa Severina, Etienne fut rappelé et en 885 Mcéphore Phocas arriva prendre le commandement des troupes byzantines. Avec lui, au déclin de ce règne assombri par tant de revers et de tristesses, un dernier et fugitif rayon de gloire vint de nouveau se poser sur la tète de Basile comme pour lui rappeler les triomphes de sa vie passée et dans l'amertume du présent lui donner le gage d'un meilleur avenir.
jNicéphore Phocas arrivait, en effet, avec de nouA elles forces en Italie. Il amenait avec lui des soldats orientaux et une troupe de manichéens commandée par Diaconitzès, l'ancien ami de Chrysochir. Son premier soin fut de s'installer solidement en Calabre et de commencer sans larder le siège de Santa Severina. Pendant ce temps, un autre corps de troupes attaquait \mantea. Bientôt toutes les forteresses sarrasines de Calabre furent reprises. Amantea, Tropea, Santa Severina