Ibid., p
ET l'empire Byzantin 877
d'injustes usurpations ^ Les seconds liabitaient sur des terres seigneuriales appartenant soit à l'Empereur, soit à des grands dignitaires de la cour, soit surtout à des particuliers, ecclésiastiques ou laïques -. C'étaient les vrais cultivateurs du sol. A l'époque de Justinien, ils se divisaient en deux classes : d'une part les colons libres (|jL!.G-Oto-:o'l), de l'autre les colons qui ne l'étaient pas (sva-Troypacpo',), et dont la condition était très voisine du servage-^. Les colons libres étaient des fermiers qui, avec leurs propres ressources, faisaient fructifier des terres qu'ils affermaient contre un droit en nature ou en argent. Un contrat d'une durée déterminée sanctionnait la location et liait les parties contractantes jusqu'à complète échéance. Naturellement, ces paysans avaient la charge de toutes les corvées et ne pouvaient quitter la propriété avant la fin du bail ; mais sur cette terre ils étaient libres et disposaient de leur fortune personnelle. Toute autre était la condition des u svaTcoypacpo'. )). A l'origine c'étaient des hommes libres. La pauvreté les avait obligés à se remettre entre les mains d'un propriétaire foncier qui les avait installés sur ses terres qu'ils travaillaient avec l'argent de ce propriétaire. Dès lors, leur situation devint assez semblable à celle des serfs, à quelques différences près. Ainsi, par exemple, s'ils sont liés à la terre et si toujours le seigneur peut les y ramener, le propriétaire de son côté, n'a pas le droit de les arracher de la terre pour les transplanter ailleurs: ce qu'il peut faire pour les esclaves *. De plus, à la différence des colons, ils n'ont rien en propre. Leurs biens et leur gain revenaient au propriétaire qui leur donnait l'habitation et l'entretien en échange d'un travail qui devait être, en principe, exclusivement agricole ^. Cette absence de tout bien constituait la véritable caractéristique de leur état. Cette situation juridique resta telle, oiriciellement. jusqu'à l'avènement des Isauriens. Mais correspondait-elle encore à un état social en vigueur ou les choses avaient-elles changé, de fait, sinon de droit? C'est ce qu'il est impqssible de savoir. La seule chose pour nous certaine, c'est que les Empereurs iconoclastes modifièrent com-