‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 36 sur 409 · Thcoph. Conl., l //. Midi., \i\, i84 ; Ccdrcnus, lo'ti · texte numérisé non relu

Thcoph. Conl., l //. Midi., \i\, i84 ; Ccdrcnus, lo'ti

3. Kn 8^3, en ofTet, Constantin avait déjà une quinzaine d'années environ. (Marlinov, Rev. des Quest. Ilist., juillet l88^, p. i^a, note a).

3. Cedrenus, io44 ; Geor^*^. Moine, 1087; Sym. Mag., ix. p. 710; \iv, 7'io. Tlieoph. Cont.. } it. }firh.. wt. j). iSr)-i88. l<éon (îrannn.. ]). loCti,

fillc (lu Décapolite ^ ; mais, pour autant. Michel ne fut pas assagi. Ses nuits de débauche contiiiuèrent comme par le passé, Il s'enivrait jusqu'au matin, parodiait avec ses amis Gryllos, Théophile et autres les cérémonies religieuses qu'il transfor mait en scènes ordurières, puis, allait courir, nuitamment, les rues de Byzance pour effrayer de paisibles passants. Le jour même, on le voyait parfois escorté de ceux qu'il appelait a ses évêques et ses métropolitains » odieusement travestis, partir à la rencontre des processions religieuses, jeter le trouble et le scandale parmi les fidèles, disperser et maltraiter les groupes pieux à la tête desquels se trouvait le patriarche. D'autres fois, au contraire, il se plaisait à arrêter de pauvres femmes et « pour faire comme le Christ » les obligeait à le recevoir à dîner ^.

Telle était cette cour de Byzance aux environs de 856. Sauf Théoctistos qui se trouvait être un étranger, les autres membres du gouvernement central étaient tous — chose très remarquable — parents de Théodora. Manuel était son oncle, Bardas et Pétronas, ses frères, Antigone. son neveu, Théophylitzès, un des plus grands seigneurs de TEmpire, son cousin^. Il ne pouvait guère se faire, dans de telles conditions, que des compétitions nombreuses ne se produisissent pas, qui fatalement devaient enrayer la bonne administration de l'Empire. Et c'est de fait ce qui arriva. Dès le premier jour de la régence de Théodora, la lutte s'engagea entre ces frères ennemis et se poursuivit jusqu'à la retraite de l'Impératrice. Théoctistos tout-puissant n'eut rien de plus pressé que d'éloigner Manuel, Bardas, Pétronas pour gouverner seul avec la régente ; puis, insensiblement, les ambitieux essayèrent de rentrer en grâce et Bardas, en s'appuyant sur son neveu, tout comme Théoctistos s'appuyait sur Théodora, finit par être assez puissant pour, à son tour, évincer Théoctistos jusqu'au moment où, de la même manière, Basile le supplantera définitivement. Cependant Théodora fut assez forte pour brider, durant quelques années, cette anarchie inté-

1. Georg. Moine, 1087 ; Sym. Mag., ix, 716,. Léon Gramm., 1061. Nous connaissons un questeur qui porta le même nom, Théodore Décapolite à l'époque de Constantin Ml.

2. Vit. Ignat., p. 528 ; Vit. Basil., xx et xxi, p. 207-260 et seq., Sym. Mag., xvn et seq., p. 721 et seq. Le souvenir de ces débauches frappa si fort les contemporains que le souvenir en est arrivé jusqu'au Concile de 870, can. iG (Mansi, xvi, p. 1O9).

'^. Vit. Basil., \, 2.'|0.

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rioiiro cl. soit au dedans, soil au dehors, accomplir quelques grandes choses.

Au-dessous du pouvoir central, leprcscjité par Tiiéodora et son conseil, et qui était ahsolu, un seul grand corps mérite d'elre mentionne parce que nous le voyons fonctionner assez régulièrement à cette époque : c'est le sénat. Qu'était le sénat? Comment se recrutait-il? Ce nest pas ici le lieu de le rechercher. Qu'il sulïise de dire que les historiens le mentionnent assez IVéquemment et par le rôle qu'il joue nous pouvons conjecturer que son influence était grande. Comme par le passé, il devait approuver l'élection de l'Empereur et celle du patriarche ^ entériner ses ordonnances, siéger dans toutes les grandes affaires civiles et religieuses -. Sous Théodora et Basile, il paraît avoir eu aussi un droit de contrôle sur les finances comme sur les dépenses de la cour "^ ; mais comme autrefois à Rome, jamais il ne fut à Byzance assez puissant pour contrebalancer l'absolutisme impérial quand le pouvoir était entre de fermes mains. Le seul fait que Théodora se préoccupa dans le rétablissement des images de l'opinion du sénat, mais pour passer outre, prouve tout à la fois que si ce n'était point là un corps purement honorifique, ce n'était point non plus une institution très puissante, capable d'imposer sa volonté et, à loccasion, de faire une révolution. De sa grandeur passée, il gardait certains privilèges et certains honneurs, mais pas d'autorité effective.

Dès que le pouvoir de Théodora fut légalement i-cconnu par la noble proclamai ion du magistros Manuel, au cirque, le lendemain de la mort de Théophile, tranquillisée dès lors par le calme momentané des esprits, ses regards se portèrent sur

1. Goncsios, 1117; Syni Ma<r., \iii, 7'io ; Georg. Moiiio, io'|8 ; Léon Gramni., 10G9.

2. Gencsios, 1097; Georg. Moine, 1008; I^éon Granini., io'|o;Mansi, Sacrosancta Concilia, t. \VI, 19 et 20; i34. Zonaras, Migne, 1. GXXXV, p. II.

3. Gedrenus, loi'i ; Theoph. Gont., Vit. Mich., \\, i85 ; Vit. Basil.,

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la question religieuse qui seule divisait, à eetle heure, ses sujets. Elle comprit bien vite que l'Empire avait besoin de repos et d'unité morale pour faire face aux ennemis du dehors : sarrasins, slaves, bulgares, qui le menaçaient à l'extérieur, et continuer sa marche civilisatrice. Or, il n'y avait qu'une solution possible au problème : c'était le rétablissement des images et le rappel des exilés. Personnellement favorable à l'orthodoxie, elle savait aussi que Théoctistos comme Bardas étaient gagnés à ses vues^. Elle hésita cependant Le souvenir de son époux et des promesses que. disait la rumeur publique, elle lui avait faites à son lit de mort de ne jamais rétablir le culte des images et de maintenir toujours sur le trône le patriarche Jean la hantait, moins cependant peut-être, que l'inconnu dans lequel elle allait se précipiter. Car si le conseil de régence que Théophile lui aAait donné était favorable à ses projets, — sauf Manuel — elle devait compter néanmoins avec le sénat, beaucoup de hauts fonctionnaires, des évéques, le patriarche surtout, adroit et tenace, qui tous attachés à l'hérésie ne céderaient pas facilement-. Finalement, toutefois, guidée par son instinct politique, comme par le sentiment populaire, dès le 1 1 mars 843, elle proclama solennellement la fin du schisme et rappela les exilés^. Cette première mesure réussit pleinement. Les troubles qu'elle pouvait faire naître n'eurent pas lieu. Seul, Jean fut enfermé dans un monastère j)our y finir ses jours et Théodora lui donna un successeur en la personne de Méthode ^

Enhardie par ce premier succès qui fortifiait son pouvoir, Théodora voulut mettre un terme à toutes les agitations religieuses qui ne cessaient de renaître sous une forme ou sous une autre dans ses Etats. Elle décida donc la conversion par la persuasion ou par la force des Pauliciens et des Zeliks (nouvelle secte qui ne faisait que de naître)^. Malheureusement le

1. Gedrenus, 1024 ; Georg. Moino, 1029 ; Sym. Mag., i, 708; Gonosios, 1089; Léon Gramm., 1061.

2. Gedrenus, I025. « xaTaTTpo^h.v tï,; Iov?,; xal rr,; |ia3iAs{a; è'v.ztoj^'.v » :

Theoph. Cont., Vit. MicJu, 11, 164.

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