De Boor, Byz. Zeit., iv, iSgS, p
4. Gedrenus, 1028; Georg. Moine, 1029-1032 ; Theoph. Gont., Vil. Midi., iir. i65 ; Sym. Mag., ni, 713 ; Genesios, 1096; Léon Gramm., 1061.
5. Genesios, iioo ; Theoph. Gont., Vit. Mich.,\u, 176; Sym. Mag., m, 71G. Peut-être n'était-ce même qu'un autre nom des Pauliciens. Gf. Art. Friedrich, Sit:ungsl)erichte der bny. Akad., 1896, p. G-.
ET L EMPIRE BYZANTIN I l
résultat de cette croisade fut pour Théodora tout autre qu'elle ne l'avait espéré. Les trois otïiciers impériaux qu'elle envoya combattre les Pauliciens. hommes cupides et brutaux, trouvèrent plus simple de procéder par massacres épouvantables plutôt que par douceur. Aussi, loin de ramènera l'obéissance une secte religieuse, du reste, dangereuse et qui comptait des adhérents, non seulement dans les campagnes, mais dans les villes et jusqu'à la cour *, ils poussèrent ces malheureux à la révolte ouverte et à la trahison. lo.ooo moururent dans les supplices et leurs biens furent confisqués. Le plus grand nombre passa en Vsie sous la domination clémente et intéressée de l'émir de Mélitène, Ibn-Abd-Allah. Ils y fondèrent plusieurs villes, entre autre Téphrice -, et aidés des Arabes jetèrent longtemps le trouble sur les frontières de l'Empire jusqu'au jour où Pétronas, d'abord, Basile ensuite durent leur déclarer ouvertement la guerre -K
Cette politique religieuse eut sur l'avenir une très grande influence. Par la proclamation de l'orthodoxie. Théodora, en elïet, s'assurait la bienveillance de l'Eglise qui partout rentrait triomphante : elle faisait plus encore : elle l'assujétissait au pouvoir impérial. Dès lors, patriarches et évêques furent entre les mains du basileus qui les considéra comme de resl)ectables, mais simples fonctionnaires. Toute l'organisation religieuse devint de plus en plus un rouage de l'Etat au même titre que l'armée et l'administration ; il ne fut pas plus permis au j3atriarche de s'élever contre la volonté impériale que cela ne rétait à un stratège quelconque et ainsi une compénétration perpétuelle du double élément religieux et laïque s'opéra dans la société byzantine au grand détriment des deux pouvoirs. Le fait, en vérité, n'était du reste pas nouveau car dès la fondation de Byzance cette tendance se manifesta, encouragée qu'elle était par la présence même de l'Empereur. Cependant c'est surtout à partir du ix*" siècle que l'alliance se scella plus étroite entre le Patriarche et le Basileus, alliance tout entière, il faut le dire, au profit de l'Empereur. Et c'est ce qui explique lélonnement et la colère des chefs du pouvoii* quand ils ren-
1. Phot., Cont. Manich.,M[gnQ, GII, t. IV, p. 182. •2. L'actuelle Divreky au \.-0. de Mélitène dans le Pont Méridional. 'i. Theoph. Cont., Vit. Mich., xvi, p. 180-181 ; Gedrcnus, 1087; tiertzberg, Geschichte der Byzantiner 11. d. Osman. Reiches, p. 187.
contrèrent sur leur route de grands caractères comme Ignace et Polyeucte, nobles successeurs des Athanase et des Chrysostome, pour contrecarrer leurs desseins et leur parler le langage de la conscience. Cette situation équiAoque ne pouvait durer longtemps. Il fallait qu'une scission ou une capitulation intervint et l'affaire de Photius en fut la première manifestation. L'Empereur, d'une part, devait, par tous les moyens, chercher à dominer le patriarche : il le fit son obligé par l'élection. Le patriarche, d'autre part, devait soit se soumettre, ce qui n'était pas possible, et cependant arriva, soit briser un joug qui l'enchaînait lui et son ministère. Or pour cela il n'avait que deux chemins à prendre : ou réunir sur sa tête la double couronne royale et religieuse, à l'exemple de son confrère de Rome, mais alors rompre avec le pape, ou s'appuyer sur lui et reconnaître avec toutes les autres églises sa suprématie et son autorité. Et ce fut aussi tout le rêve de Photius d'abord, de Kerularios ensuite. En réalité Photius rompit avec Rome non pas tant pour des raisons personnelles et dogmatiques que dans l'espérance d'acquérir pour son Eglise une plus grande liberté et Basile, lui-même, se rendit si bien compte du danger que cette conduite du patriarche pouvait faire courir à l'Empire, qu'un des constants soucis de sa politique, au début de son règne, fut de dégager l'autorité impériale des questions religieuses ^ Ce ne fut que plus tard, quand Photius eut reconquis sur l'Empereur tout son ascendant, que les choses changèrent. Basile alors reprit la politique de ses prédécesseurs. Il voulut avoir le patriarche sous son autorité et pour cela ne trouva rien de mieux que de faire entrer son fils Etienne dans les ordres. Il devint naturellement patriarche, lors de la seconde déposition de Photius en 886. Ainsi donc, à l'heure même où Théodora semble rendre à l'Eglise la paix et l'unité, elle l'engage dans une impasse au fond de laquelle va se livrer un des plus redoutables conflits de pouvoir que l'histoire ecclésiastique ait enregistrés. L'Empereur en sortira momentanément vainqueur ; mais en réalité, malgré Basile F' qui, généreusement, mit tout en œuvre pour réparer le mal, il aura reçu une blessure dont il ne guérira pas. Si les projets d'union depuis Kerularios sillonnent toute l'histoire de Byzance jus-