‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 375 sur 409 · ART A BYZANCE SOUS LE GOUVERNEMENT DE BASILE · texte numérisé non relu

ART A BYZANCE SOUS LE GOUVERNEMENT DE BASILE

A tout grand règne correspond forcément dans chaque pays une renaissance artistique et littéraire d'autant plus brillante et d'autant plus féconde qu'elle est plus encouragée par le souverain lui-même. Cette renaissance devient alors un des traits distinctifs du moment ; elle travaille à un renouveau de civilisation et se présente ainsi comme un des facteurs importants de l'évolution historique d'une race et d'une nation. Plus durable que la puissance militaire, plus influente sur l'âme d'un peuple que la diplomatie et la législation, elle seule, en vérité, marque aux empires leur place définitive dans l'histoire générale du monde. Le règne de Basile, tout à la fois pacifique et guerrier, succédant à une époque de troubles et d'agitation peu favorable aux arts, allait renouer la tradition ancienne et faire éclore sur les terres u romaines » et particulièrement à Byzance, une très riche production arfistique qu'il nous faut donc étudier, en examinant,tour à tour, l'art religieux, l'art civil et les arts mineurs.

Le règne de Michel III, comme, du reste, tous ceux qui l'avaient précédé au cours du ix^ siècle, avait été assez pauvre en constructions nouvelles dans l'ordre des monuments religieux^. Les empereurs iconoclastes étaient occupés à trop d'autres choses pour trouver le temps et l'argent nécessaires à l'édification de somptueuses églises. Les luttes intérieures, les conséquences pratiques de leur théologie, les guerres bulgares aussi, leur défendaient de se livrer à ces coûteux et esthétiques plaisirs. S'ils favorisèrent parfois les arts, comme Théophile, ce ne fut pas l'art religieux qui profita de leurs libéralités. Celui-là

I. L'église de la Mère de Dieu, appelée « xo KapaôtT^tv », date probablement du règne de Michel (Cf. Du Gange, 1. IV, p. aô ; Ricliter, Quellen der byz. Kunstgeschichte, 221.

riait pour eux hop entaché d'idolâtrie. Ce fut l'art civil el surloul les arts secondaires : l'orfèvrerie et l'ivoirie. Aussi, quand Basile monta sur le trône, se trouva-t-il en présence dune œuvre immense à accomplir. La vétusté, l'intempérie des sai sons, les tremblements de terre ^ avaient fort endommagé les édifices existants. Il fallut tout d'abord les réparer. Api es quoi, du reste, Basile s'empressa d'en élever de nouveaux, <( l'abîme de sa générosité n'étant jamais à sec'-. »>

Il serait fastidieux et inutile de relever ici le nom de tous les édifices que Basile, au dire de Constantin, fit réparer ou construire. Le plus souvent, le panégyriste se contente de raconter que l'église était en mauvais état et que Basile lui rendit sa première splendeur, sans nous donner les détails qui pourraient nous faire entrer plus avant dans la connaissance de l'architecture byzantine. Cependant, il est quelques travaux qu'il importe de signaler.

Sainte-Sophie faisait toujours, tout à la fois, la gloire et le désespoir des architectes. Le moindre aiïaissement du sol, le ])lus légei' tremblement de terre risquait d'ébranler la prodi gieuse coupole aérienne et de la faire crouler. A tout instant, il fallait renforcer les contre-forts et surveiller les fissures. A l'époque de Basile, c'était l'arc occidental sur lequel reposait un des points de l'immense coupole qui menaçait ruine ^. L'empereur le fit refaire et le décora d'une mosaïque représentant la Viergetenantsur ses genoux son divin Fils, entourée des apôtres Pierre et Paul K

De ces réfections de temples, le nombre fut considérable. Tantôt l'empereur faisait consolider l'édifice, les fondements

1. Au début (lu ivgne de lîasile il y eut un grand tremblement de terre qui détruisit nombre d'églises et de demeures privées. 11 avait été si violent : — quarante jours et quarante nuits, dit Syméon Magisler — qu'on le rappelait le 9 janvier dans le S\iiaxaire (Syn., p. 38o ; Syin. Mag., ch. v, 7^9).

2. Vit. Basil., ch. Lx\vn[,p. 387. Brinckmann, op. cit., iGo, i63. 11 est intéressant de noter que les constructions religieuses de Basile avaient, elles aussi, un caractère philanthropique. C'est autant pour donner un abri aux gens qui venaient du dehors et qui n'avaient pas où aller que pour les besoins religieux de son peuple qu'il fait, par exemple, construire une église au Forum dédiée à la mère de Dieu (Vit. Basil., ch. xcni, p. 353. 3.56).

3. Ihid., ch. Lxxix, p. 337 ' ^^^ Câuge, Const. christ., 1. U\. p. '^7; Lethabv a. Swainson, p. 128 ; Salzenberg, xxx, pi. WXII.

Page 1