Strzygowski, op. cit., p
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d'Orchomène. était peut-être quelque parent de Daniélis, en tous cas un assez orand seigneur.
[^église qu'il construisit se ressent 1res visiblement des influences anciennes et nouvelles qui agissaient sur l'art de cette époque. Comme toujours, la construction fut faite de matériaux pris à d'anciennes constructions. M. Strzygowski a compté au-dessus de la première frise extérieure 87 morceaux de colonnes encastrés dans le mur et recouverts de maçonnerie. Les pierres de taille qui forment la première assise extérieure de l'église furent elles aussi, de leur côté, prises à des monuments plus anciens. Le plan de l'église lui-même est conçu tout à la fois d'aj^rès les traditions du vi'' siècle et d'après les modificatiojis que les architectes du ix" siècle apportaient pour lors dans la construction des monuments religieux. L'église de Skripù, en effet, a la forme d'une croix dite latine. Au centre de la croix, à l'intersection des deux nefs centrales, s'élève, portée sur une voûte en berceau, l'unique coupole de pierre. Celle-ci est déjà construite sur le modèle de celles de Constanlinople. La demi-calotte repose, à l'extérieur, sur un lambour de forme polygonale comptant seize côtés, lambour peu élevé et de base assez large comme celui qui décore l'église de Saint- André-in-Crisi, par exemple, et qui est probablement son contemporain. Vue de l'intérieur, la coupole est ronde. D'autre part. ici. comme dans les églises de la ville construites par Basile, nous avons des chapelles latérales avec leur table sainte pour le service de l'autel. Tandis que la nef centrale, terminée par une abside, est dédiée à la Panaghia et à son divin Fils, de chaque côté de la nef nous avons une nef latérale plus étroite et plus basse que la nef centrale, terminée elle aussi par une petite abside. L'une est dédiée à l'apôtre saint Paul, l'autre à l'apôtre saint Pierre ^ Au devant des trois nefs, s'ouvre le narthexavec ses trois portes, chacune correspondant à un des u naoi ». Si maintenant, de la construction elle-même nous passons aux ornements qu'elle conserve, nous retrouvons des influences analogues. Les frises qui. à l'extérieur et à l'intérieur, la décorent, ont gardé de l'époque iconocl astique un caractère c laïque » assez déterminé. Ce sont des bandes
I. Chacun des deux « naoi » conserve encore aujourd'hui son inscription dédicatoire.
KT l'empire byzantin \0']
de briques bordées en haut et en bas d'une décoration de perles. Le champ de la frise est rempli par des dessins réguliers représentant des palmes, des feuillages, des rubans entrelacés. La frise extérieure de l'abside centrale porte dans des rosaces à feuillages assez grossiers, alternant avec d'autres rosaces à dessins géométriques, des animaux, lion à tête humaine passant sur un quadrupède plus petit, vautour courant derrière un cerf. Les frises intérieures portent, de même, des palmes, des oiseaux, des raisins. Aux angles des piliers qui soutiennent la coupole, au lieu des anges et des saints que d'autres époques peignent, il y a ici des aigles aux ailes éployées K Les murs sont aujourd'hui simplement blanchis. Nulle trace de peintures antérieures. Il est probable, cependant, qu'il dut y en avoir car, à l'époque de Basile, la décoration intérieure des églises reprit une grande importance. Nous avons vu déjà ce qu'il fît pour certaines églises de sa ville impériale. Il est très vraisemblable que la mode dut passer en province et que Skripù posséda des mosaïques représentant quelques sujets d'allure tout à la fois historique et dogmatique comme les aimait le premier Macédonien et comme les demandait l'Eghse 2.
L'activité artistique de Basile ne resta pas seulement confinée au sein de l'art religieux Elle s'étendit à l'art profane et créa les merveilles un peu lourdes peut-être, mais incontestablement somptueuses qu'abritait le grand Palais. Constantin VU nous a raconté avec d'abondants détails les constructions que son grand-père entreprit et qu'il orna ensuite avec splendeur. Par là Basile continuait l'œuvre de ses prédécesseurs, particulièrement de l'empereur Théophile, dont en pleine crise iconoclastique l'effort artistique fut considérable.
Le Palais impérial situé à l'intérieur d'une enceinte spéciale, n'était pas une construction unique composée d'un corps de bâtiment central réservé au souverain et accompagné de demeures accessoires pour le service et les gens de la cour.
1. Cf. sur l'évolution de ces motifs. Millet, Art byzantin, p. 102, i53.
2. L'Eglise, en effet, demanda par le S'' canon du Concile de 870 que l'on recommençât à faire de la peinture dogmatique. « De même que par les paroles qui sont renfermées dans le livre (Evangile) tous obtiennent le salut, de môme par le travail des images en couleur, tous, sages et illettrés, tirent profit. » (Mansi, \vi, 161).
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C'était bien plutôt un ensemble d'édifices de diverses époques, construits au fur et à mesure des goûts et des besoins du jour, quelque chose comme un Kremlin solidement fortifié, vraie ville au sein de la ville K Une des plus magnifiques demeures que Basile y fit construire fut le Kenourgion-. Ce Palais touchait au Chrysotriclinium ou salle du trône par l'abside méridionale^. C'était la demeure privée de Basile. Il comprenait plusieurs salles dont deux, le salon et la chambre à coucher, sont longuement décrites par Constantin. Le salon, grande et merveilleuse pièce voûtée, à coupoles * par où, sans doute, passait la lumière, était orné de seize colonnes. Huit étaient en marbre vert de Thessalie, six en onyx. La décoration de ce salon, telle que nous le rapporte Constantin VII, est très intéressante. Les chapiteaux des colonnes étaient de même style que celui des églises. Comme à Skripii, les artistes représentèrent des ceps de vigne au milieu desquels couraient des animaux de toutes espèces. Seuls, les chapiteaux des deux dernières colonnes étaient ornés différemment, de stries obliques. Les murs, la voûte et la coupole orientale étaient revêtus de mosaïques représentant des sujets historiques. Sur les murs, Basile trônant au milieu de ses généraux qui lui présentent les villes qu'il a prises ; sur la voûte les grands faits de la vie du prince, surtout ses faits d'armes. Une décoration du même genre, à tendance nettement historique et didactique, se retrouvait dans la chambre à coucher de Basile séparée seulement du salon par un petit vestibule. Là, contre les murs, étaient représentés sur fond d'or, Basile et Eudocie en grands costumes impériaux ainsi que leurs enfants eux aussi en costumes de cour. Princes et princesses tenaient en leurs mains des livres religieux, sans doute l'Evangile, pour indiquer, nous dit Constantin, que si Basile u à cause des vicissitudes de sa vie, n'a pu s'adonner de bonne heure aux lettres, il a voulu du moins que sa progéniture reçut la sagesse en partage ». Le pavement
1. <( Gonslantinopolitanum palatium non pulcritudinc solom, verum etiam fortitudine omnibus, quîc umquam perspexerim, munitionibus prseslat, quod etiam iugi niililum slipatione non minima observalur. » Liutpr., Antap., III, 21, SSa).