UI!\ BASILE I
cèdent, nous avons une œuvre d'histoire contemporaine, traitée par un homme de parti qui dut, sans doute, unir le ridicule à la haine et composer ainsi quelque chose de très vivant et de très personnel, qualités que les peintres des âges suivants oublièrent trop vite.
Toutes ces miniatures u par les formes pleines, les carnations riches, les larges têtes aux yeux bien fendus, au nez droit, sans recherche du caractère » trahissent souvent, comme nous Favons remarqué déjà, rinfluence de plus anciens modèles*. C'est que la Renaissance du ix*" siècle, dans les meilleurs morceaux parvenus jusqu'à nous, semble, par certains côtés, s'être déjà retrempée, par delà le vi*" siècle, aux sources de l'art antique, tout comme le fera chez nous, plus tard, la Renaissance du xv*^ siècle. A Thèbes, par exemple, nous avons, sculptés sur le marbre, des motifs antiques bien connus, comme les deux colombes buvant dans une coupe ; à Skripù, ce sont des paons accostés près d'un vase d'où sort une tige, motif que connaît l'art chrétien des catacombes-. Cette analogie, nous la retrouvons aussi, dans les miniatures. Le Parisinus 5io, traite par exemple, le motif de la multiplication des pains comme le firent les peintres des catacombes d'Alexandrie^. Bien plus, dans le S' Grégoire de Naziance de l'Ambrosienne, à côté de scènes de l'ancien et du nouveau Testament, à côté de scènes tirées de l'histoire de l'Eglise, nous avons des illustrations de la mythologie et de la poétique païenne*, qui, en vérité, se rapportent au texte même, mais laissent deviner jusque dans leurs transformations, la connaissance des modèles anciens. Enfin, cette influence de l'antiquité, nous pouvons la saisir maintes fois dans l'ordonnance des scènes, dans certains types, dans l'attitude des personnages, dans les costumes, souvent plus romains que byzantins, dans les encadrements enfin de certaines peintures du Parisinus comme celle qui illustre, par exemple, le chapitre xxxvn d'Ezéchiel
à Madrid et dont la Collection des Haules-Etudes possède des reproductions. (Cf. Beylié, l'Habitation byzantine).