‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 45 sur 409 · Ibid., IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., IV, p

3. Tous les chroniqueurs byzantins, à la suite de Constantin Yll, donnent une origine arménienne à la famille de Basile. Seuls les écrivains arabes : Hamzas, Elmacin et Maçoudi disent qu'il était Slave. Samouel d'Ani donne même le lieu d'origne de sa famille : Thil dans la province de Taron où plus tard Basile fit construire une église (Brosset, Collection d'historiens arméniens, t. 11, p. 427). M. Rambaud et depuis M. de Boor {Vit. Euthymii, p. i3o) ont opté pour l'origine arménienne et apporté leurs preuves à l'appui. A leurs témoignages on peut en ajouter un autre: celui de la Vit. Basil., ch. xii, 2^4, où Constantin raconte que Basile, jeune homme, était lié avec le patrice Constantin, père du patrice Thomas qui vivait à l'époque de Constantin VII parce qu'ils étaient du même pays : Arméniens tous deux. — Le plus vraisemblable, à mon avis, c'est que la famille de Basile pouvait bien être arménienne par ses ancêtres, mais qu'elle s'était fortement slavisée, et depuis loriLîlcinps. i)ar suite (]o mariages avec les Slaves très nombreux dans cette

chose qui, du reste, n'avail rien créloiuiant car, à cette époque, les Arméniens étaient nombreux dans l'Empire. Quant à les faire descendre des rois arméniens, perses et assyriens, comme de Philippe, d'Alexandre et de Constantin, c'était là pure légende^ qui. sans doute, ne circula que plus tard lorsque la dynastie macédonienne se fut solidement assise sur le trône -.

C'est dans cet humble milieu de paysans provinciaux que naquit Basile aux environs de 812. Il eût probablement grandi dans l'heureuse médiocrité de ses ancêtres, uniquement adonné au travail des champs, si un événement imprévu n'avait brusquement arraché sa famille du sol qu'elle habitait.

L'Empire était alors en guerre avec la Bulgarie. L'empereur Nicéphore (802-811) avait été tué dans une sanglante mêlée le 26 juillet et son fils Staurakios si gravement blessé que le pouvoir fut confié à son beau-frère Michel Bhangabe. Byzance ne pouvait rester sous le coup d'une telle défaite. La lutte reprit donc, grâce à l'énergique intervention de Théodore, abbé du monastère du Studion ^ ; mais ce fut i)our courir encore au devant de nouveaux revers. Michel fut Aaincu à Yersinicia le 22 juillet 8i3* par le célèbre prince bulgare Krùm qui résolument marcha sur Constantinople. Dans la ville a protégée de Dieu» la révolution, d'autre part, venait d'éclater. Le plus grand général de l'Empire, Léon, un Arménien, profitant de la terreur et du mécontentement de tous, avait détrôné Michel, l'avait revêtu du froc monacal, exilé, lui et sa famille, dans un

partie do TEmpirc si bien, qu'en fait, elle était slave. Seulement Constantin, qui, peut-être, copia la généalogie fabriquée par Photius pour rentrer en grâce auprès de Basile (Sym. Mag., vu, 700) trouva qu'il était plus glorieux de faire sortir sa faniille d'Arménie, pays indépendant et allié de Byzance (Tournebize, Histoire politique et religieuse de l'Arménie, dans VOrient Chrétien, 1908, p. 220) plutôt que des peuples slaves qui vivaient sous l'autorité impériale, étaient pauvres et regardés par les habitants de l'Empire conime de race inférieure. Cf. l'article tout récent de ^ asiljev « Origine de l'Empereur Basile le Macédonien ».

1. Vit. Basil., ch. 11. On sait quelle fut la fortune de cette légende. Quand Anne de Russie, fille de Jaroslav et petite-fille d'Anne de Byzance, sœur de Basile II, épousa Henri T' de France, elle donna à son fils le nom de Philippe en souvenir de sa descendance avec Philippe de Macédoine. D'où le nom de Philippe dans la maison de France !

2. Cedrenus, 1069; Genesios, 1128; et encore Zonaras au xu" siècle ne se fait-il pas faute de trouver plaisants les écrivains qui ont osé avancer la chose. Zonaras, xvi, 29. — Liutprand, Antapodosis. L. I, S 8, P- 376.

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