Ibid.j XI
G. Ibid., XI. 241.
mciil, lui plul, comme il eut riicur de plaire ù bien d'autres eu sa vie. Il avait, du reste, assez de qualités physiques pour que la pieuse veuve le remarqua d'elle-même sans avoir besoin, comme le rapportent les chroniqueurs, de l'intervention d'un pauvre moine, assis en prière dans l'église de Saint-André qui se serait levé au passage de Basile pour le saluer — ce qu'il n'avait jamais fait pour personne — du titre d'Empereur^. En tous cas, que la noble matrone ait reçu une prédiction ou que son cœur ait seul parlé, le résultat fut le même pour Basile : elle s'éprit pour lui de la plus vive afTection. si bien que lorsque Théophylitzès s'en retourna à Byzance. elle voulut loger chez elle l'heureux protostrator qu'une maladie, venue à propos empêcha de partir à la suite de son maître. Cette amitié fut pour Basile une aubaine inattendue, Le rusé paysan comprit vite le parti qu'il pouvait tirer de sa familiarité avec Danielis pour sa fortune présente et future. Tout en protestant, au nom de son humble origine -, contre les caresses et les bontés de celle qui voulait devenir sa mère adoptive. il accepta — ce qui ne lui coûtait guère — de s'unir par un lien de fraternité spirituelle avec son lîls Jean -^ : il promit — ce qui ne l'engageait pas beaucoup — de donner à sa bienfaitrice, une fois Empereur, toute la province à titre de souveraine ; il emporta — ce qui valait mieux pour lui — de grandes richesses de Patras : de l'or, des esclaves, des vêtements et l'assurance d'une amitié qui ne se démentit jamais*. Dès lors Basile était riche. 11 pouvait commencer à faire figure dans le monde. En fils aimant, il envoya de nombreux secours à ses parents pauvres de Macédoine ^ ; en homme habile, il ne se laissa pas griser par sa fortune naissante. 11 resta au service de Théophylitzès. Bien lui en prit, du reste, car les événements allaient le servir au mieux de ses intérêts et lui ouvrir enfin les portes du palais impérial. Deux faits, de bien modeste apparence cependant, achevèrent de le rendre célèbre à Byzance et d'asseoir sa fortune.' Sa force herculéenne en fut seule la cause. Un jour, Antigone, fils du César Bardas, voulut donner un grand dîner en l'honneur de
244 ; Cedron.
Vit. Basil., \i
Ibid,, XI, 244.
Ibid.
Ibid.
Ibid.
ET L EMPIIIK BV/AM IN '2^
son père. Toute la haute société byzantine, sénateurs, patrices, parents, amis, furent conviés à la table du jeune domestique des sclîoles. Au nombre de ceux-ci était Théophylitzès. Suivant l'usage en honneur à Byzance, comme du reste à la cour des rois francs, nulle grande réception n'avait lieu sans des jeux et des combats. Antigone n'eut garde de manquer à cette habitude, et, au cours du repas, des lutteurs bulgares firent leur entrée avec rinsolencc qui leur était coutumière, dans la salle du festin, Lun d'eux surtout se croyait invincible. Théophylitzès proposa alors de faire venir son protostrator pour se mesurer avec lui : ce qui fut accepté. La force de Basile l'emporta ; il fut vainqueur aux acclamations de l'assistance qui crut, à n'en pas douter, que cette journée, pour Byzance valait une bataille. « V partir de ce jour, la renommée de Basile se répandit dans la ville et il devint célèbre*. »
L'autre événement fut décisif. L'Empereur venait de recevoir un cheval que nul ne pouvait dompter. Présent du stratège du thème des Boukellaires, Nasar -, cet étalon de race était d'un grand prix : mais dans sa fureur de ne pouvoir le monter. Michel parlait déjà de lui couper les pieds de derrière quand Basile s'offrit à le dompter. L'Empereur, charmé de l'adresse et de la force de ce jeune paysan, ne voulut pas laisser plus longtemps à Théophylitzès un tel homme, 11 le confia à son hétériarche André pour qu'il s'occupât des chevaux. Désormais sa situation était faite : Basile avait franctii le seuil du palais. On était en 850 ^.
Nous avons vu au chapitre précédent quelle était la situation de l'Empire et particulièrement de la cour en cette année 856. Le meurtre de Théoctistos laissait le champ libre à l'ambition de Bardas et la faiblesse de son insouciant neveu semblait devoir favoriser tous ses projets. Théodora n'allait pas tarder à quitter la cour pour être envoyée en exil, elle et ses filles, au
I. Vit. Basil., xir, a44-45 ; Cedren., io8o ; Gènes., iiSa. ■2. Léon Gramni., io6i ; Contiii. de Georg. Moine, loôa. 3. Vit. Basil., xni, 245; Léon Gramm., io6'» ; Cedren., 1080-81 ; ConL de Georjj^. \ïoiiH», 101^7; Gones.. ii.'^'i.