‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 52 sur 409 · OO BASILE I · texte numérisé non relu

OO BASILE I

couvent de Karianos, si bien qu'aucun obstacle apparent ne se dressait plus entre Bardas et le trône. Celui qui allait brouiller toutes les cartes ne comptait pas encore.

Il est très curieux de constater à travers les récits des chroniqueurs avec quelle souplesse toute slave, Basile sut se glisser petit à petit dans l'intimité de l'Empereur. Nul doute qu'il n'ait, comme Bardas, tablé sur le caractère et les vices de Michel III pour se faire une large place au soleil : mais tandis que l'oncle s'acheminait vers le trône par l'éclat du luxe et la splendeur impériale de son entourage *, Basile, lui, s'y achemina par une humilité déguisée et de tous les jours qui lui donna le succès. It était évident que dans la latte qui ne pouvait manquer de s'engager un jour ou l'autre entre le César byzantin et le paysan slave, le dernier mot resterait à Basile. Il semble même que Bardas n'ait pas tardé à s'en rendre compte, confusément du moins, et à pressentir en lui l'ennemi insaissisable et inavoué que l'intuition devine à défaut des preuves de la raison, et qu'il avait introduit imprudemmenl ii la cour-. Et cependant, au début du règne personnel de Michel, au lendemain de l'assassinat de Théoctistos. qui eût osé prédire qu'un simple valet d'écurie s'attaquerait bientôt au premier personnage de l'Empire après le Basileus? Michel, en effet, reconnaissant à son oncle de l'avoir débarrassé d'une tutelle qu'il se figurait gênante et dangereuse se jeta tout d'abord dans les bras de Bardas qu'il créa, tout de suite, après la mort de Théoctistos ^, magister et domestique des scholes, puis, peu après, au lendemain d'une conjuration que Théodora essaya d'ourdir contre son frère et qui échoua, curopalate avec toute la direction des affaires — chose que l'Empereur trouvait trop ennuyeuse pour lui et qu'il était, du reste, parfaitement incapable de conduire à bien. Ce fut donc Bardas qui, durant l'espace de dix ans, devint le vrai maître de l'Empire. Basile, de son côté, était confiné dans ses écuries. Il ne laissait, cependant, passer aucune occasion de s'approcher de Michel qui le prit vite en amitié et réle> a au rang déjà recherché de (' protostrator «. C'est ainsi qu'un jour, par exemple, la cour se trouA ant en chasse au lieu qu'on appelait « <I>t.Ao7:àT',ov » un loup, tout à coup, se précipita au milieu des chasseurs qui

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