‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 62 sur 409 · Léon Gramni · texte numérisé non relu

Léon Gramni

5. Syin. Mag., xliii, 741; Georg. Moine Cont., 1061 ; Léon Gramni., 1080. ('». Vit. Basil., ch. xviii, 253.

\o BASILE I

charge de logothète K puis partit avec Georges Piganis soulever la province contre le nouvel Empereur. Sa révolte fut terrible, mais de courte durée. Piganis fut pris le premier, Symbatios ensuite. Ils furent mutilés : l'un eut les yeux crevés l'autre un œil arraché et une main amputée et la révolte put être ainsi apaisée -.

Mais pour autant, Basile n'en était pas plus aimé. A peine eût-il ceint le diadème que les envieux le poursuivirent de leurs calomnies et les amis de Bardas de leur haine, De tous côtés on fit parvenir à Michel des libelles accusant son collègue de le vouloir tuer ^ et sans doute après la scène de u Kt'TcO', )) n'en fallut-il pas beaucoup à l'Empereur pour se défier d'un homme qui maniait si facilement l'épée et le mensonge. Du reste, Michel était-il capable d'aimer longtemps quelqu'un ? Le premier venu, s'il savait le flatter, était certain de se voir honoré des familiarités impériales et de supplanter son prédécesseur. Basile n'échappa pas à la règle. 11 put s'apercevoir assez vite que Michel n'était plus pour lui l'ami d'autrefois et qu'un vulgaire batelier du nom de Basiliskianos commençait à prendre le chemin qu'il avait sui\i lui-même pendant plusieurs années *. S'il faut en croire les panégyristes de Basile, Michel aurait été froissé de voir son impérial associé s'éloigner des orgies dans lesquelles ils avaient jusque-là vécu tous les deux et des remontrances qu'il se permit d'adresser à son bienfaiteur^. Il est bien douteux, cependant, que cela soit. Basile, même pour soigner son prochain avènement, n'avait pas de ces délicatesses et le dernier repas qu'il prit avec Michel le laisse bien deviner. Tout simplement, outre une question de ménage dont nous parlerons plus loin, l'étoile de Basile s'éteignait d'elle-même, comme s'éteignent les étoiles de la chance et du bonheur quand il n'y a pas pour les faire de nouveau briller une énergique volonté. Basile avait cette volonté : c'est ce qui le sauva. Quand il vit que Michel ne cherchait plus qu'une occasion de le faire mourir ^' et qu'un soir après des courses qui avaient été pour Michel un triomphe, pris de vin, il osa

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