‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 63 sur 409 · Léon Gramm., io8i ; Georg. Moine Cont., to · texte numérisé non relu

Léon Gramm., io8i ; Georg. Moine Cont., to

5. Cedren., ioG8 ; Vit. Mich., ch. xun, 221 ; Vit. Basil., ch. xxiv, 2C4. G. Cedren., 10O8 ; 17/. Mich.. ch. xuii, 22^1 ; Vif. Basil., ch. xxv, 265.

T [. i-Mi'iui: inzwTix

offrir ses sandales de pourpre à son nouveau favori et le présenter ainsi au Sénat pour qu'il agréât ee singulier empereur', Basile n'y tint plus. Il profita d'un dîner auquel il se trouva invité quelques jours plus tard, à Saint-Mamas, à roccasion d'une chasse dans laquelle — entre parenthèse il faillit être tué sur Tordre de l'Empereur, — pour se déharrasser d'une façon définitive de son dangereux collègue. Se levant de tahle sur la fin du repas, il s'éloigna un instant sous un prétexte quelconque et pendant que Michel continuait ses libations et se livrait à ses obscènes plaisirs, il s'en alla fausser les serrures de la chambre impériale et revint prendre part à la fête nocturne jusqu'au coucher de l'Empereur. Comme à l'ordinaire, il le reconduisit lui-même à son lit et le laissa entre les mains de ses cubiculaires, surpris et effrayés de ne pouvoir fermer la porte, pressentant quelque sinistre événement. Chacun, toutefois, ne tarda pas à s'endormir de ce lourd et immobile sommeil qui suit les banquets prolongés. Pendant ce temps, Basile avait réuni ses amis, les mêmes qui déjà avaient pris part au meurtre de Bardas, et bientôt les abords de la chambre impériale furent envahis par les conjurés : Symbatios et Marianos, frères de Basile, Constantin Toxaras, Asyléon, son cousin et d'autres. Basile entra le premier, suivi d'un Bulgare, Pierre. Au bruit de leurs pas, le cubiculaire Ignace se réveilla et devinant tout, voulut s'opposer par la force à l'acte qu'il voyait déjà perpétré. Il fut vite réduit à l'impuissance, grâce à la vigueur du Bulgare ; mais tout ce bruit réveilla à son tour l'Empereur, complètement dégrisé : sans peine il comprit que son heure était venue. Jean Chaldios se précipita sur lui et d'un coup de glaive lui coupa les deux mains ; un Perse, Jacobitzès, jeta Basiliskianos à bas de son lit. 11 ne restait qu'à achever l'œuvre commencée. Tandis que Basile parlementait sur ce qu'il convenait de faire, Asyléon rentra résolument dans la chambre et sans pitié plongea son épée dans le ventre de Michel qui, assis sur son lit, se lamentait à la vue de ses moignons ensanglantés, reprochant à Basile sa perfide ingratitude. Les viscères impériales s'en allèrent ensanglanter les dalles de marbre : L'Empereur était mort. Byzance qui entrait, en cette

I. Codren., 1068 ; Vit. Basil., ch. xxv, 265 ; Thooph. Cont., Vit. MicJi. 11. \r,iyr. t*?'! ; Gooro-. AloinoCont., 1068.

nuit du 23 au 2^ septembre, dans l'année 8G7 recevait un nouveau souverain et une nouvelle dynastie ^. Michel disparaissait à l'âge de vingt-huit ou vingt-neuf ans, après avoir régné un an et quatre mois avec Basile.

Au dehors, pendant cette scène tragique, une violente tempête faisait rage sur la mer. On était à Saint-Mamas, au bord de la mer, de l'autre côté de Constantinople et l'essentiel, le coup fait, était de s'emparer du palais impérial. Basile et les conjurés se rendirent donc au plus vite au (^Ttipaijia » pour de là traverser sur Constantinople. Ils abordèrent à la maison d'un Perse. Eulogios. Tous ensemble escaladèrent le mur d'enceinte du palais du côté de la mer, se firent ouvrir les portes du palais par riiétériarche de service, Ardabasde et Basile put prendre ainsi possession immédiate de sa nouvelle demeure. La cour, elle, était restée à S^-Mamas. Basile la fit revenir solennellement dès le lendemain, tandis qu'il envoyait un obscur cubiculaire, Paul, ensevelir précipitamment les restes de Michel m au monastère de Chrysopolis -. De tous les amis de l'Empereur, personne ne lui restait fidèle en cet intant, sinon sa mère et ses sœurs qu'il avait si cruellement outragées et si indignement traitées. Elles seules furent là pour déposer sur sa tombe leur pardon et leur prière '^.

Tels sont les faits que les chroniqueurs nous ont transmis ; mais ces faits ne sont en réalité que le cadre extérieur de l'histoire et la manifestation des sentiments intimes de ceux qui les provoquèrent. Aussi est-ce à démêler les causes véritables des événements dont le souvenir nous est parvenu qu'il faut arriver si l'on veut en saisir tout le sens et la portée. Comment donc et pourquoi, Basile a-t-il pu accomplir la révolution qui l'a porté au trône, lui et sa famille ? C'est la question qu'il s'agit d*examiner.

Dix années durant. Bardas avait su, par son intelligence et

Page 1