‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 66 sur 409 · il. Basil., xxvii, 268-OQ · texte numérisé non relu

il. Basil., xxvii, 268-OQ

ET LEMPlHi: BVZ\MI\ l^b

au premier signe l'homme assez fort pour leur rendre la paix dont ils avaient joui jusque-là. Aussi est-il assez vraisemblable, même en faisant une large part aux exagérations de Constantin et des apologistes de Basile, très disposés, naturellement, à peindre le règne de Michel sous les plus noires couleurs afin d'excuser plus facilement le nouveau Basileus, que de cet état de choses personne ne voulait plus.

Enfin, précisément à l'heure oii tout allait au plus mal dans le gouvernement intérieur de l'Empire, on signala tout à coup de nouvelles agitations sarrasines aux frontières, préludes d'une action militaire. La situation était d'autant plus grave que les troupes qui, depuis longtemps déjà, n'avaient pas été payées, faisaient mine de se révolter^ et que tous ces grands généraux d'autrefois, Manuel. Pétronas, qui avaient si souvent sauvé et l'Empire et son chef, étaient morts sans laisser derrière eux des successeurs capables de les remplacer. Il fallut donc, en hâte, monnayer difîérents objets pour un millier de kenlenaria et les envoyer aux stratèges '-. A ce prix, la révolte fut évitée. Mais un dernier caprice de l'Empereur vint mettre le comble à l'indignation générale et augmenter les appréhensions de tous les bons citoyens. Un télégraphe optique, très heureusement imaginé par Léon le Philosophe sous Théophile, à l'aide de feux, mettait en communication les frontières extrêmes de l'Empire du côté des Arabes — la Cilicie — avec le palais impérial. Dès qu'une invasion était annoncée, les feux s'allumaient de collines en collines et arrivaient jusqu'au Phare, contigu au Palais, où suivant l'heure à laquelle les feux avaient été allumés on savait quel événement militaire était signalé. Or un jour — peu de temps avant le meurtre de Michel — de grandes courses étaient données à S*-Mamas en l'honneur de la naissance du futur Léon VI quand un protonotaire du logothète arriva subitement annoncer qu'on signalait les feux, que le territoire était envahi. Lne panique générale s'en suivit. Personne ne fit plus attention aux courses que dirigeait l'Empereur en per~ soujie. Eurieux de voir ses talents méconnus et ses plaisirs interrompus pour si peu de choses, Michel fit détruire immédiatement son télégraphe sûr qu'ainsi, dit-il, pareille mésaven-

Page 1