LA FAMILLE IMPERIALE. LA COUR
Basile avait cinquante-cinq ans environ au moment oii, par le meurtre de Michel III, il devenait seul maître de l'Empire. 11 était donc sur le retour de l'âge, à cette époque de la vie où le commun des hommes en a fini avec les illusions de la jeunesse et les ambitions de la maturité et ne se laisse plus guère prendre aux longs rêves d'avenir. Mais Basile était fils de ces fortes races de paysans montagnards pour lesquels l'existence parait devoir être sans terme parce que la santé, la vigueur, l'équilibre des facultés semblent leur permettre une verte et prolongée vieillesse. 11 avait trouvé que même à son âge une trône vaut un assassinat et, puisqu'il l'avait obtenu, il était bien décidé à y monter pour accomplir une grande œuvre. Son physique, du reste, attestait qu'il pouvait compter sur de longues années de vie. Gomme aux jours lointains où il était en service chez ïhéophylitzès, il avait conservé sa grande et belle stature, ses larges épaules, sa force herculéenne, son teint foncé tout resplendissant de santé. D'épais sourcils, se rejoignant à la naissance du nez. encadraient ses yeux légèrement tristes et sa figure, d'ordinaire grave, s'assombrissait encore quand le poids et le souci des affaires venaient l'accal)leri, quand aussi, peut-être, l'image de ceux qu'il avait fait périr se dressait devant ses yeux comme un remords qu'on n'efl'ace pas. Ce remords, Basile semble l'avoir traîné avec lui durant tout son règne comme le forçat son boulet et sa piété, affectée, étrange inême chez un tel homme, n'est peut-être