‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 69 sur 409 · I. Sviii. \[a«r., I, 7'i<s · texte numérisé non relu

I. Sviii. \[a«r., I, 7'i<s

bien que l'expression de Teffort incessant qu'il fit pour sen débarrasser. Aussi coriime l'écrivain romain, auteur delà Vie du Pape Hadrien ^ est-on parfois tenté, à n'étudier que la conduite de Basile après son avènement, de donner presque raison à ses panégyristes contre ses adversaires et de croire, qu'en définitive, il put bien être innocent du double crime dont il profita. Mais si les faits parlent assez haut contre lui pour qu'on ne puisse s'y tromper, il n'en demeure pas moins qu'en Basile l'Empereur nous apparaît sous un tout autre jour que l'ancien ami de Michel III et c'est surtout ce dernier aspect qui, naturellement, a frappé tous ses contemporains.

Dès son avènement, en effet, à l'encontre de son prédécesseur. Basile afficha des sentiments religieux très marqués qui ne le quittèrent plus, Chaque jour, nous raconte son petit-fils, il s'en allait prier le Seigneur pour le succès de ses entreprises, prenant saint Michel et le prophète Elie comme intercesseurs-. De retour à Constantinople. après ses campagnes militaires, son premier soin était de visiter les églises pour rendre grâce à Dieu de ses bienfaits et sa reconnaissance se traduisait chez lui en constructions religieuses magnifiques qu'il ne se lassait point de semer sur toute l'étendue de son vaste empire.

Sans doute, comme le remords, la politique dut inciter cette dévotion subite. Basile avait eu sous les yeux l'exemple de Michel III dont l'impopularité était allée grandissante avec son incrédulité et il sentit, dès le premier jour, la nécessité d'appuyer son autorité sur la religion de ses sujets. Pour cela il se montra respectueux de l'orthodoxie, protecteur et ami du clergé, propagateur de la foi chrétienne ; mais cependant, il serait injuste, je crois, de refuser à Basile toute sincérité. A lire, en effet, les recommandations nombreuses qu'il adresse à son fils sur la foi, sur l'honneur à rendre aux prêtres, sur la vertu à pratiquer, comme ses solennelles déclarations au concile qu'il réunit, au début de son règne, en faveur d'Ignace, on sent qu'en cet homme tout n'était pas feinte et hypocrisie et que vraiment la religion avait fini, sur le tard, par inspirer sa conduite. Ses relations habituelles, du reste, à défaut d'autres preuves, seraient là pour confirmer le' changement

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