‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 11 sur 354 · Hirsch, Hy:ant. Sludien, p · texte numérisé non relu

Hirsch, Hy:ant. Sludien, p

ἃ. Sym, Mag., ἘΠ. Mich. el Théo. Ch, AXXIV, p. 733.

nn ft

ÉTUDE CRITIQUE DES SOURCES XIX

vrons une allitude politique assez curieuse qui fut probablement commandée par les affaires religieuses.

X. Enfin. avant de terminer cette étude sur les chroniqueurs, il faut encore signaler le nom de Cedrenus. Ce chroniqueur écrivit, probablement au début du χα siècle, sa « σίνοψις ἱστοριῶν » ou histoire universelle qui va jusqu'en 1057. Cette œuvre n'a pas pour nous un grand intérêt parce qu'elle n'est qu'une servile copie d'autres chroniques que nous connaissons par ailleurs. Il en va, de même, du reste, des chroniqueurs postérieurs.

LE — Livres JURIDIQUES

Il est inutile de faire ici une critique des sources juridiques qui peuvent servir à l'histoire des inslitutions byzantines du règne de Basile 1, Ce sera, en effet, l'objet d'une bonne partie du chapitre consacré à l'œuvre législative de l'Empereur. Pour connaître la valeur et l’histoire du Prochiron et de l'Epanagoge c'est donc au deuxième chapitre consacré à l'étude de l'administration du règne que nous renvoyons.

Indépendamment de ces deux ouvrages de droil. nous avons un document d'ordre législalif très intéressant à signaler. C’est le Livre du Préfet « To ἐπαρχιχὸν βιδλίον. » publié en 1893 par M. Nicole d'après un manuscrit de Genève. Ce texte capital pour l'histoire des inslitulions comptait à l'origine un nombre dechapitres que nous ignorons, vingt-deux élant seuls parvenus jusqu'à nous. L'Empereur dont il est queslion dans cet ouvrage n'est autre que Léon VI, ainsi que l'a prouvé sans aucun doute possible M. Nicole dans la préface donnée à son texte. Quant à la date exacte de sa composition, nous l'ignorons. Le grand intérêt de ce « Livre » réside tout enlier dans le fait qu'il nous permet de connaître assez bien quelles étaient les altribulions et fonclions de l'éparche ; comment se trouvaient groupés les divers corps de méliers de la capitale: quelles élaient enfin les lois qui régissaient le commerce byzantin. Nous avons là une série de renseignements que nous pouvons considérer comme officiels et dalés, par les années mêmes du règne de Léon VL avec une suffisante précision. ἣ :

xx ÉTUDE CRITIQUE DES SOURCES

ΠῚ. — DoccmEexTrs RELIGIEUX

Le texte officiel des deux conciles tenus sous Basile est la source principale qui nous fait connaître la grave affaire de la déposition de Photius et de son rétablissement postérieur, comme la conduite politique de Basile en cetle occurrence. Grâce aux nombreuses pièces lues en séance, grâce aux interrogatoires adressés aux prévenus, aux discussions qui surgissent, nous pouvons nous faire une idée des gricfs imputés au Patriarche, de la façon dont Rome et les légats comprirent et traitèrent le schisme. de la conduite enfin de Basile en toute cette affaire. Les lettres des Papes comme celles des ennemis de Photius complèlent pour nous le dossier accusateur. Malheureusement nous n'avons pour plaider la cause du Patriarche qui de très rares documents et encore ces documents — telles les lettres de Photius lui-même — sont-ils plus que sobres en renseignements précis. Le plus souvent les lettres de Photius sont énigmaliques, vagues ou insignifiantes quand elles ne sont pas une longue lamentation. En somme c'est le plus souvent de la pure rhétorique. Très rares sont les exemples contraires. On voil, en examinant de près les pièces favorables que Photius eut pour lui un certain nombre d'adhérents recrutés surtout, semble-t-il, dans le haut clergé et dans la noblesse de cour, qu'il parait même avoir compté en son parti des personnages comine S. Euthyme le Jeune, mais nulle part nous ne pouvons découvrir les raisons qui militaient en faveur de son innocence personnelle ou en la justice de sa cause. Tandis que le réquisiloire dressé contre lui. se présente à nous très serré et très accablant, aucune voix indépendante ne s'élève pour parler en sens contraire, Bien plus. qu'on écoute Rome ou qu'on écoute Byzance, une chose parail assurée, c'est, qu'en somme. les amis les plus connus de Photius, Grégoire Asbestas, Santabarenos, par exemple, ses parlisans les plus actifs, Bardas et Michel HT n'étaient guère des personnages particulièrement recommandables, présomption toujours grave contre un accusé.

Les vies de saints, à leur tour, el en loul premier lieu le fameux panégvrique de S'° Ignace par Nicelas! David, évêque

1. On a essayé en ces dernières années d'enlever à Nicetas la paternité de celle œuvre pour f'attribuer à quelque auteur de beaucoup postérieur aux

ÉTUDE CRITIQUE DES SOURCES XXI

de Dadyÿbra en Paphlagonie vers 8go, sont à des titres divers de précieuses sources d'information. Nicétas est un partisan passionné d'Ignace, un fervent de Forthodoxie, un ennemi déclaré de Photius et de Basile. Il écrit sa vie du Patriarche Ignace pour faire œuvre d'édification et de piété !, à la façon de ses'autres panégyriques, sans doute vers la fin de sa vie car il semble bien que lorsqu'il composa son œuvre tous les héros de son histoire étaient morts jusque et y compris Santabarenos ?. Il connaît done pour l'avoir vécue l'histoire qu'il nous rapporte : on le voit bien à certaines remarques personnelles. Ce qu'il pardonne le moins à Basile comme aux légats, c’est de n'avoir pas en 869 lerminé d'une façon définitive l'affaire du schisme, d'avoir louvoyé et finalement d'avoir permis le retour futur de Pholius au pouvoir, Son panégyrique plein d'informalions curieuses, de faits qu'en vain nous chercherions ailleurs, doit donc ètre, malgré cela, étudié avec la plus grande précaulion. Naturellement, il passe sous silence lout ce pourrait être défavorable à Ignace. ἢ glisse rapidement sur sa famille et ne dit rien de la guerre de Bulgarie dans laquelle fut défait Michel Rhangabe, ce qui amena l'insurrection de Léon. Néanmoins, ce panégyrique abonde en traits trop précis ; il est trop révélateur d'un état d'âme : il évoque avec trop de vie, de couleur et de mouvement l'époque dont il s'est fait l'historien pour que nous puissions n'en pas faire usage. ἃ côté d’exagérations manifestes et de violences de langage poussées parfois très loin, mieux qu'aucun autre, il nous explique l'enchaînement chronologique des choses, nous montre les hommes agissant et nous renseigne sur divers points d'institutions ecclésiastiques. Bien plus, en somme, le parti pris une fois mis à part, les fails qu'il nous raconte se présentent souvent à nous, quand nous pouvons les contrôler, comme relalive-

évènements. M. Papadopoulos Kerameus s'est {fait le champion de cette théorie qui ne semble pas avoir son point d'appui sur des raisons purement critiques et scientifiques, Aussi a-t-if trouvé jusque parmi ses coréligionhaires des contradicteurs. M. Vasiljevskij, en effet, ἃ repris l'étude des arguments de Papadopoulos Kerameus pour arriver à rendre d'une façon définilive le panégyrique à Nicetas et au ix° siècle finissant. On trouvera un résumé complet en allemand de la discussion qui s'est poursuivie en grec et en russe, dans la Bytant. Zeitschrift, IX, 268-276, 1900.

Page 1