‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 111 sur 354 · UT · texte numérisé non relu

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qu'il ne restait plus rien dans les caisses, alors les Empereurs émettaient des monnaies au-dessous du titre en monnayant dans une livre plus de nomismes que le poids ne le permettait. Très certainement Basile n'eut jamais recours à ce moyen car les chroniqueurs n'eussent pas manqué de nous le dire, rien n'étant plus antipathique à la nation que cette façon détournée de se procurer des ressources !.

Il reste, en terminant ce chapitre sur l'administration financière de l'Empire byzantin au rx° siècle à dire quelques mots de la question monétaire et des deux corporations qui s'occupaient spécialement des affaires d'argent, les « arguropratai » et les « trapezitai. » Aux 1x et x° siècles, quatre sortes de monnaies servaient aux besoins quotidiens de la vie comme aux paiements de ou à l'Empire : le nomisma, le miliarision, le keraton, le follis, toutes monnaies réelles par opposition à la livre « λίτρα » qui n'avait qu'une valeur de compte. C'est donc le nomisma que l'on peut prendre comme unité pour se rendre compte du système monétaire usité à Byzance. Or, le nomisma ou sou d'or — il y en avait 72 à la livre et 100 livres faisaient un ἃ χεντέναριον » — avait une valeur égale à douze miliarisia, le miliarision une valeur égale à deux kerela, le keraton une valeur égale à douze folles 3, Le nomisme pouvait être d'or ou d'argent, mais généralement d'or #, le miliarision était toujours d'argent, le follis, toujours de cuivre. Toutes ces monnaies furent, en général, depuis Léon IT, frappées à Constantinople ; cependant il nous resle encore du règne de Basile, des monpaies frappées à Naples et à Cherson #. Ces monnaies que chaque Empereur faisait, à son avènement, marquer de son effigie, n'avaient pas toujours, à l'époque de Basile, également cours. La célèbre novelle LIT de Léon VI en fait foi. Facilement,

Skabalanovic, p. 296.

. Nicole, Le Livre du Préfet, 16" ; Théophane, 8329; Sabatier, 1, 46, 55. . Le nomisme d'or était probablement la mème chose que l« δλοχοτίνιν, » . Revue Namism., 1849, p. 245.

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on rejelait les pièces anciennes pour ne se servir que des récentes, sans doulc celles mêmes qui avaient été émises durant le règne sous lequel on vivait ἢ.

Il est assez malaisé de délerminer la valeur intrinsèque. comme la valeur commerciale des monnaies byzantines. Trop d'éléments nous font aujourd'hui pour cela défaut. Dureau de la Malle estimait que la livre d'or pesait 326 gr. 33 et valait environ 1,034 francs. À la suite de recherches personnelles au Cabinet des Médailles je suis arrivé à un chiffre approximativement semblable. Les monnaies d'or conservées à Paris, qu'elles soient du temps de Michel, de Basile ou de Léon. pèsent toutes entre ἡ gr. 37 et 4 gr. 25 et onl. invariablement. deux centimètres de diamètre. Or, cette différence de poids est sans importance. Simplement à considérer les pièces. on se rend compte de la facon dont elles étaient frappées. Les ouvriers avaient une barre d’or — cet or était à cette époque presque sans alliage et de belle couleur jaune — et dans cette barre d'un poids toujours fixe, on marquait soixante-douze nomismala avec un outil portant, d'un côté, l'empreinte impériale, de l’autre, soit la figure du Christ, soit une légende, puis on découpait plus ou moins habilement chaque pièce de monnaie avec des ciseaux où un

τ. Il nous est parvenu divers types de monnaies frappées sous Basile. Sur les premières il est représenté avec Michel qui porte — chose à remarquer — le litre d'« imperalor » tandis que Basile n’a que le titre de « Rex », fait intéressant qui montre qu'entre l'Empereur et son associé, il n'y avait pas égalité parfaite. Seul, le Basileus pouvait se dire Empereur. On laissait aux souverains barbares, francs et germains, le titre de « Rex » (Cf. Liutprand, Leg., n, p. 345 et la fameuse lettre de Louis I à Basile). Sur les autres types, suivant l'époque, il x a Basile seul, avec Eudocie, avec ses fils associés : Constantin d'abord, puis Constantin et Léon, puis Léon, enfin Léon et Alexandre. L'Empereur est toujours représenté barbu : parfois il porte un diadème en forme de mitre, le « camelaucium », tantôt le diadème ordinaire ; ses mains tiennent, en général, le globe crucigère ou le labaruim ef un livre, probablement l'Evangile. Quant aux légendes, jusqu'en 356 eniron, elles élaient loujours en latin; seuls les chiffres étaient en grec (Œrsch et Grober, Τρ p. δὺς p. 51. À cette époque elles sont frappées en grec et cela jusqu'au règne de Michel et Basile où nous retrouvons la légende latine et la légende grecque. Au cours du règne personnel de Basile, nous avons tantôt l'une ou l'autre légende. La face porte parfois « D. N. Basilius P. F. Perpetuus » ΟἹ l'envers la figure du Christ avec « IhS x OS Rex regnaniun »; d'autre fois l'exergue est en grec « basilios sh 8:5-basileus Romz:oh ». Toutes les pièces, cependant, ne sont pas sur ce type. Un certain nombre porle simplement dans le champ un B et au revers une croix fleurognée sur deux degrés et accostée de deux globules,

autre instrument. De là vient que les pièces ne sont jamais absolument rondes, que leurs contours sont plus ou moins lailladés et que certaines pièces peuvent avoir un poids légèrement inférieur aux autres par suite de la conformation même de la barre d'or.

Si maintenant on compare ce poids à nos monnaies d'or actuelles dont l'alliage est de 1 pour 4, nous pouvons évaluer leur valeur, en chiffre rond, à 15 francs. La livre d'or byzantine aurait donc pesé entre 305 gr. 90 et 314 gr. 64 et aurait valu environ 1,080 francs !.

Mais une autre question se pose, plus intéressante à coup sûr. C'est la valeur réelle et journalière de l'argent. Là, évidemment, il ne peut y avoir que des conjeclures assez peu 80lides. Si l'on prend la valeur du blé comme base de la valeur de l'argent. nous avons quelques renseignements pour l'époque de Basile et les époques suivantes. Cedrenus ? raconte, en effet, qu'à un certain moment, sous Basile 1°", par suite des vents, les navires qui apportaient à Byzance les chargements de blé n'arrivèrent pas ou arrivèrent fort avariés. Le prix du:blé monta incontinent à un nomisme les deux medimnes?. Lorsqu'il apprit la chose, l'Empereur fixa le taux de la vente à un nomisme les douze medimnes. Donc. d'après ce renscignement, le blé aurait valu, en lemps de diselle, légèrement moins qu'il ne vaut actuellement, en France, aux époques ordinaires. Or, vu qu'en celle circonstance Basile voulut, évidemment, faire une charité, on peut, je crois, conclure, en laissant une marge. que le blé pouvait valoir. habituellement, un miliarision le medimne ou 1 fr. 25 les cinquante deux litres et demi. Cependant, quelques années plus tard, sous le règne de Romain IE, par suite de la famine, au dire de Syméon Magister #, le blé monta à un nomisme les quatre modii ; puis il redescendit au taux normal de un nomisme pour huit modii. Ce renseignement. qui diffère à coup sûr, et considérablement du premier, se trouve encore

1. On sait que notre pièce de τὸ francs pèse 3 gr. 26 el notre pièce d'or de 5 francs 1 gr. 613,

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