‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 112 sur 354 · Cedrenus, n, τοῦ · texte numérisé non relu

Cedrenus, n, τοῦ

3. A l'époque romaine le imedimne soit grec, soit sicilien, égalait 52 1. 53 el correspondait à 6 modii (Marquardi, p. 92-93. Peut-être au 1x" siècle le imedinne correspondailil à δ modii,

τς Sym. Mag., ΕἸ, fiom. Const. Porphyr. Jil, ch. ut, 8ar.

complété par Kodäma qui fixe à 16 ou 17 francs l'hectolitre de bléf,

Enfin, un troisième renseignement qui tentdrail à corroborer l'histoire de Cedrenus nous est donné pour les années qui précèdent le règne de \icéphore Phocas. Trente ou quarante ans avant l'époque qui vil monter sur le trône le glorieux général, pour un nomisme, on avait du blé de quoi charger deux ânes. Il semble donc, tout compte fait, que la vie ne devait pas être très coûteuse à Byzance et on s'explique dès lors que les contemporaains de Théodora pouvaient, sans exagération, estimer que le trésor était très prospère quand il recélaitun million environ, Deux faits, du reste, — dont l’un, il est vrai, bien postérieur, — lendraient cependant à corroborer tout ceci : Un hagiographe en racontant l'histoire d'un paysan de Paphlagonie, Métrios, qui vivait sous Léon VI, estime qu'avec 1,500 nomismes un homme était très riche ?. Au xur siècle, d'autre part, après les croisades, alors que l'Empire était appauvri, que l'or devait être plus rare, on estimait qu'un riche propriétaire pouvait mener une existence honorable avec quarante nomismes par an ?, En disant donc qu'à Constantinople au 1x° siècle, on pouvait vivre largement avec le double environ, nous aurons chance, peut-être, d'arriver à une approximation qui ne sera pas trop éloignée de la vérité, d'autant plus que le Prochiron semble confirmer tout ceci en considérant comme riche l'homme qui, pour une faute infamante pouvait payer une livre d'or comme punition. Les nombreux chiffres donnés dans le livre des Cérémonies confirment, à leur tour, — quoique, en vérité, assez vaguement, — ces quelques renseignements. C'est ainsi qu'un membre de la petite hétairie recevait quarante nomismes. Faut-il considérer ce chiffre comme un revenu suffisant pour vivre, même au Palais ? Probablement, car ces officiers faisaient un service de garde qui n'élait point un simple honneur et avaient donc droit à un traitement ; mais, d'autre part, ce devait être somme assez juste car nous voyons qu'ils peuvent augmenter leurs revenus en versant un capital supérieur à celui que leur procurent les seize livres qu'ils ont payées en entrant au

Kodäma, Barbier de Meynard, Journal asial., 1865, t, V, p. 241!. Synax. Select. dans le Synar. de l'Eglise de Cple, 1°" juin, p. 522-5323. Pachymère, 1, ch, v.

Prochir., XXXIX, 65, p. 251.

ds ὩΡῊΣ "ὦ

service. Nous avons là, en outre, un renseignement précieux car il nous indique, probablement, quel était l'intérêt approximatif de l'argent: environ du 3 1/2".

Je ne me dissimule point tout ce qu'il y a de conjectural dans ces calculs. En s'appuyant sur d’autres textes du livre des Cérémonies il est possible qu'on puisse arriver à des calculs peut-être différents ; de plus, il n’est pas douteux qu'en maints endroits il y a des erreurs manifestes de chiffres provenant des copisles et qui arrêtent toute déduction. Néanmoins. il m'a semblé utile et intéressant de grouper ces quelques faits qui peuvent au moins, à défaut d’une complète certitude, nous faire comprendre quelque chose du mécanisme de la vie byzantine et de ses conditions d'existence.

Depuis longtemps déjà les ateliers monétaires répandus dans l'Empire étaient fermés et c'était à Constantinople, en règle générale, que se frappaient les monnaies d'or et d'argent ?. Les ateliers se trouvaient sur la Mesa * et ce n'était que là qu'il était permis de battre monnaie. Naturellement, les monnayeurs devaient se grouper en corporation et personne ne pouvait être élu sans que le préfet en fût averti. Les « ἀργυροπραταί » dont le règlement policier est arrivé jusqu’à nous comptaient, probablement, parmi eux les monnayeurs, les « 12950400! » +, car les « ἀργυροπραταί » élaient, à proprement parler, des commerçants d'or et d'argent. Is achetaient des matières précieuses : or, argent, pierres, perles, etc., — sauf le cuivre et les étoffes — tenaient boutique et, les jours de marchés, devaient demeurer chez eux pour acheter des matières qui leur étaient offertes, afin d'empêcher qu'elles ne sortissent de l'Empire, en avertissant le préfet, et permettre, si elles avaient été volées, d'en retrouver le propriétaire. La constitution qui les régissait était très sévère.

1. Au χε" siecle le taux de l'argent paraît avoir un peu augmenté car un protospathaire payait vingt livres pour recevoir 52 nomismes de pension, ce qui donnerait nn intérêt de 5 0/0.

2. Pour les monnaies de cuivre il s'en frappait encore sous Basile à Cherson.

Page 1