‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 113 sur 354 · Liv. du Préf., I, $ 11, p · texte numérisé non relu

Liv. du Préf., I, $ 11, p

4. S'illn'y avait pas deux corporations distinctes, il y avait du moins deux catégories de personnes dans cette corporalion des « ἀργυροπραταί ». l'est remarquable, en effet, que l'auteur du livre n'emploie ce dernier lerme que lorsqu'il s'agit de marchands ; dès qu'il s'agit de monnayeurs ou d'orfèvres, en un mot de fondeurs d'or, il emploic le terme de « χρυσοχόοι».

Défense était faite aux « ‘7205077001 » d'acheter pour leur travail plus d’une livre d'or non contrôlé sans avertir le président de la corporation; défense leur était faite de fondre ou de travailler l'or et l'argent chez eux. Ils devaient le faire dans les ateliers de la Mesa. Quant aux « ἀργυροπραταί » il leur était défendu d'acheter, sans l'avoir déclaré au préfet. les objets destinés au culte, qu'ils soient entiers ou brisés. sous peine de confiscation: ils ne devaient jamais s'en aller, sous prétexte d'estimation, sans avertir le préfet, ni se disputer les uns les autres au sujet des estimations. Ceux qui étaient pris, contrevenant à ces ordres, étaient baltus de verges, tondus et rayés de la corporation.

Les « trapeziles » « τραπεζῖται » élaient des agents de change. Eux seuls avaient le droit de faire le change des monnaies. A leur entrée en charge ils devaient présenter des témoins pour affirmer qu'ils ne feraient rien de contraire aux lois, c'est-à-dire ne couperaient, ni ne gratteraient nomismes et miliarisia, qu'ils n'y imprimeraient aucun faux caractère et, qu'en aucun cas, ils ne sc feraient remplacer par d'autres dans leur négoce. L'éparche avait sur eux un droit de surveillance οἱ c'était, pour les agents de change, un devoir que de lui déclarer l'argent qu'ils avaient en banque !. Eux, lout d'abord, avaient, nalurellement, à se conformer à la novelle de l'Empereur Léon obligeañt ses sujets à recevoir les monnaies, mème anciennes, frappées à d'autres efligies que la sienne pourvu que le poids s'y trouvät. Aussi le « Livre du Préfel » exiget-il que les banquiers ne se livrent pas à l'agio. Ils devaient recevoir le miliarision d'argent pour vingt-quatre folles quand il était bon et portait véritablement la marque impériale. Dans le cas où la pièce n'était pas authentique ils pouvaient lestimer; mais aussi, bien vile, ils devaient prévenir le préfet et faire connaître le possesseur.

On le voit donc, le système financier de Byzance était assez bien organisé. Si le peuple des campagnes n'eut pas été pressuré par les impôts la situation n'aurait pas été mauvaise. Malheureusement, à la base de toute cette organisation sociale, il y avait un vice caché qui allait annihiler les plus généreux efforts et tarir toutes les sources d'énergie comme toutes celles de la richesse ;

1. Je pense, du moins, que c'est. l'interprétation qu'on peut donner de l'expression obscure « σχχχυνλαρίους ἐμφανίζειν τῷ ἐπάρχῳ ».

la centralisation excessive. On ἃ pu le remarquer déjà, il n'est pas de fil, si ténu soit-il, de cette immense toile qui ne converge ct n'aboutisse au centre même du gouvernement : à l'Empereur. Une burcaucratie nombreuse et avide les tient entre ses mains pour les remettre entre celles du souverain, οἵ le peuple, pris de tous côtés, dans ces mailles admirablement combinées, devait, fatalement, succomber un jour ou l'autre, vaincu comme la mouche par le travail de l'araignée.

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