Cerem
a. Gerem., 868.
au Palais; d'un legatarios (λεγατάριος), d'un trésorier (ἄρχων τὴς “αραγίφ). d'un exarliste {(ἐξαρτιστής) dont la fonction nous esl inconnue, mais qui peut-être présidait aux achats et commandes concernant d'une manière spéciale, l'habillement et le mobilier de la cour: d'un chartulaire ou archiviste, de plusieurs curateurs chargés de l'entretien et du soin du vestiaire ; de chosbaïtes {γοσύχηται) sur lesquels nous n'avons aucun renseignement!: de prolomandatores, comme tous leurs semblables, destinés à transmettre. soit les ordres de l'Empereur, soit ceux du chartulaire du vestiaire οἱ enfin du domeslique de la scène (ὁ δομέστιχος τῆς buusèrs) dont la mention est placée dans la notice de Philothée — par erreur je crois —— parmi les fonctionnaires du chartulaire du sakellion, mais dont les attributions revenaient au ministère qui actuellement nous occupe.
On le voit: nous ne savons presque rien de ce bureau d'ordre administratif: mais le peu que nous en devinons laisse bien voir. ce me semble, qu'il avait été institué pour le Palais, le service de l'Empereur et de la Cour.
Enfin, comme bureau s'occupant des affaires intérieures, nous avons la chancellerie proprement dite. Sans doute, chaque ministère avait en son sein des chanceliers chargés de rédiger les actes concernant ladministration dont ils relevaient; mais ces actes élaient purement d'ordre privé, en ce sens que les chanceliers des « secrela » prenaient simplement copie et enregistraient les pièces qui passaient entre leurs mains, pour être placées dans leurs archives respectives. À la chancellerie impériale, au contraire, revenait le soin de dresser les actes publics, ceux que l'Empereur signait et auxquels était apposé un sceau, C'élaient les lettres envoyées aux cours étrangères, les chartes délivrées aux couvents, aux églises,
1. Dans un passage du Livre des Cérémonies (p. 489) antérieur au n° siecle, nous les voyons signalés comme devant garder la salle dans laquelle le trône a été élese.
2. Le domestique de la scène fait partie, en effet, dans l'édition de Reiske, du ministère du chartulaire du Sakkellion. Or il esf évident qu'un tel fonctionnaire n'a rien à faire dans ce bureau et que sa place naturelle se trouve parmi les fonctionnaires du chartulaire du vestiaire. Getle attribution paraîtra d'autant plus vraisemblable que dans la notice de Philothée la mention du bureau du chartulaire du Sakkellion précède immédiatement celle du bureau du chartulaire. Il est probable qu'il y ἃ ou erreur dr copiste on de lecture et simple interversion de ligne.
aux personnes favorisées de quelque grâce, les diplômes ou codicilles conférés aux dignitaires et fonctionnaires, lors de leur promotion.
Comme tout ministère, la chancellerie était présidée par un grand seigneur — ainsi Pholius avant son pontifical, ainsi, probablement, Marin sous Basile! — le protoasccrelis (πρωτοασή x2n715). l'égal des autres soixante premiers fonctionnaires de l'Empire. Avec le logothète du drôme et le maître des requêtes. le protoasecretis devait suivre habituellement le souverain partout où il allait* afin de recevoir ses ordres ΟἹ de les faire exécuter. IL avait sous sa direction des scribes (ἀστηχρῆται) 3, des notaires et un doyen (Gex2v6s), chargés du travail et qui composaient tout son personnel. Il est possible que ce soit à ce bureau — qui parait avoir eu son centre aux environs du cirque " — qu'était employé Psellos car, évidemment, là plus qu'ailleurs, on avait besoin de gens sachant écrire vite et bien.
L'organisation intérieure de la chancellerie impériale ne nous est pas connue. Il est probable qu'au 1x° comme au vr et au vu siècles elle se divisait en divers « scrinia » (σχρινία) suivant les nations qui se trouvaient en relations avec l'Empire. On avait le « σχρινίον τῶν βαρθάρων »,.comme on devait avoir le scrinion de Rome ou de Bulgarie. Le décanos était vraisemblablement le fonctionnaire chargé de diriger ces scrinia. Byzance. en effet, héritière des traditions romaines, avail une chancellerie parfaitement organisée, munie de formulaires bien défi: nis et de règles qui ne variaient point. Suivant le personnage auquel les lettres étaient destinées, le scribe employait telle formule ou telle autre et l'acte était scellé de telle manière plutôt que de telle autre. Pour le Pape, par exemple, la chancellerie devait apposer une bulle d'or (μονοσολδία) c'est-à-dire, probablement, d'une valeur égale à un nomisme et employer une formule déterminée. Il en allait de même pour chacun des augusles correspondants en relations avec Byzance. Ces for-
ι. Mansi, XVI, δὲ,
a. Cerem., 1010, 1040.
3. Les asecretis élaieut chargés de lire dans les cérémonies publiques les actes émanant de la chancellerie, Au Concile de 86g Théodore asecretis lit lépanagnosticon, Léon Castor lut au peuple Le message de Michel ΠῚ qui conférait à Basile le titre d'Empereur,
%. Theoph. Cont., ΕΜ, Mich., ch, x1x, p. 184.
mules dont on trouvera la mention détaillée en appendice à ce travail ont pour nous plus qu'un intérêt de « diplomatique ». Elles nous montrent quel rayonnement avail alors la civilisalion byzantine. Partout où son commerce pouvait s'étendre, partout où son influence pouvait s'exercer, Byzance entretenait avec les souverains de ces contrées parfois lointaines, des relations officielles qui, des bords de l'Atlantique à ceux de l'Océan Indien, en passant par l'Ilalie, les plaines de Germanie, les steppes de Russie et les montagnes d'Arménie, racontaient à ces peuples souvent encore assez barbares, les grandeurs et les gloires de la nouvelle Rome.
A l'administration de la Chancellerie peut se rapporter une autre fonction, distincte de celle du chancelier, mais de même nature. C'est celle du chartulaire ou préfet du caniclée (ὁ “χαρτουλάριος τοῦ xavixhelou ; ὁ ἐπὶ τοῦ χανικλείου). Cet officier était préposé ἃ l'encrier impérial, autrement dit, à la signature. Il faisait partie de la haute hiérarchie byzantine, des soixante grands fonctionnaires de l'Empire et pouvait obtenir les premiers titres de noblesse aulique. Sa fonction paraît avoir été surtout honoraire car, tandis que nous le voyons dans les cérémonies parader en compagnie du logothète du drôme et de quelques autres, Philothée, au Clétorologe, nous déclare qu'il n'a pas de ministère sous ses ordres parce qu'il peut accomplir seul le travail qu'il a à faire. Son plus important office était probablement d'écrire et de faire signer les fameux codicilles qui nommaient les hauts dignitaires de l'Empire. C'est pourquoi un patrice, par exemple, lui payait, au jour de son élévation. les « coutumes ». C'est, sans doute, la raison pour laquelle certains personnages, comme Théoctistos, sous Théodora, put être tout à la fois préfèt du caniclée et logothète !. À ces ministères préposés au gouvernement intérieur et civil de l'Empire, il faut ajouter, en Lerminant, la mention d'un bureau spécial de très grande importance : celui de l'assistance publique de la ville. Cette branche de l'administration était aux mains de l'orphanotrophe (6 ὀρφανωτρόφος). Ce personnage, bien qu'au nombre des soixante premiers fonctionnaires de l'Empire. était, vraisemblablement, le plus souvent, un ecclésiastique. Les deux orphanotrophes que nous connaissons pour l'époque qui nous occupe,
1, Sym. Mag., Vil. Theod, el Mich., T, 508.
l'étaient en tous cas. L'un avait nom Nicéphore et fut métropolite de Nicée ! ; l'autre s'appelait George, et était diacre. Ce dernier nous est connu par la correspondance de Photius?. C'est par le ministère de l'orphanotrophe que passait toute l'administration de lorphanotrophion de Constantinople, institution considérable qui comptait non seulement hospices, asiles, refuges, mais écoles, ateliers, etc. #. Sous ses ordres se trouvaient quatre bureaux. Les chartulaires « τοῦ οἴχου » administraient probablement la partie matérielle de l'orphanotrophion, tandis que les chartulaires « τοῦ ὁσίου » en avaient l'administration morale, religieuse et intellectuelle. C'est là, du reste, une pure conjecture car nous n'avons sur ces bureaux et sur leurs titulaires aucun renseignement précis. Des curateurs attachés au ministère, surveillaient et dirigeaient les divers établissements qui composaient l'orphanotrophion ἢ un arkarios (ὁ ἀρχάριος) ou trésorier gérait la caisse de cet important ministère.
Tel est le mécanisme qui. placé au cœur de l'Empire, faisait mouvoir ce formidable organisme, enserrant de ses multiples ramifications tous les thèmes byzantins d'Orient et d'Occident afin d'y promouvoir toute vie el toute richesse. Mais à cette organisation savante, constituée dans la capitale, sous le regard impérial et sous la surveillance des premiers fonctionnaires de l'Etat, répondait une autre organisation semblable dont chaque chef-lieu de province était le centre. C’est donc l'administration provinciale qu'il s'agit d'étudier pour se rendre mieux compte du gouvernement intérieur de l'Empire au 1x° siècle finissant.