‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 145 sur 354 · De Them., p · texte numérisé non relu

De Them., p

qu'Héraclius et ses successeurs immédiats avaient créée s'était singulièrement modifiée. Des sept grands commandements militaires institués au vir siècle, quelques-uns, en effel, n'existaient déjà plus pour l'Empire. comme les exarchats d'Italie et d'\frique. landis que d'autres avaient surgi ou s'étaient transformés au gré des événements. Entre le vu et le rx° siècle Île nombre des thèmes monta ainsi jusqu'à vingt-cinq et même vingt-six et après les conquêtes de Basile, lorsque Léon VI érigea en thèmes les territoires gagnés sur l'ennemi, ce nombre augmenta encore !. Les vingt-six thèmes pour lors constitués sous le règne de Basile se trouvaient très inégalement répartis en deux grandes divisions, non point géographiques, mais hiérarchiques ὃς les thèmes d'Orient (ἀνατολικὰ θέματα) et les thèmes d'Occident (αἱ τῆς δύσεως στρατηγαῖ). A la classe des thèmes d'Orient appartenaient tous les grands commandements mili- Laires, loutes les provinces qui jouaient dans l'Empire le rôle de défenseur et de pourvoyeur du territoire et de la ville. Ceuxlà étaient riches, bien pourvus de tout, admirablement connus de l'administration byzantine et des ennemis, le solide point d'appui et la force de l’Empire : les autres étaient beaucoup moins estimés : l'administration les négligeait, les voyageurs les passaient souvent sons silence et Constantin Porphyrogénèle lui-mème ne paraît avoir sur ces petits gouvernements que des nolions assez confuses. Aussi n'est-il pas très facile de faire une étude détaillée des provinces de l'Empire. Les incessants changements qui élèvent ou font disparaître subitement les thèmes. la négligence des auteurs byzantins à nous renseigner sur le gouvernement de leur pays. les contradictions manifestes qui parsèment les ouvrages des historiens et des géographes. obscurcissent beaucoup à nos yeux ce côté de l'administration byzantine. Néanmoins, en combinant des indications glanées à droite et à gauche, on peut arriver, je crois, à dessiner les grandes lignes d'une géographie historique de l'Empire au 1x° siècle comme à se rendre compte de l'organisation οἱ du fonctionnement de la vie provinciale.

Ι. -- Au dire de l'Arabe Ibn Hordadbeh et de son copiste Kodama, aux environs de 840-845, Byzance et son territoire immédiat

1. Ibn Hordadbeh généralement très bien renseigné ne cite que quatorze provinces, Il ignore l'existence de la plupart des thèmes d'Occident. 2. Rambaud, p. 179.

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formaient une province spéciale, dont la mention, en vérité. n'apparaît nulle part chez les historiens byzantins mais qui peut bien, en réalité. avoir existé sans avoir. toutefois, porté le titre de thème : c'est celle qu'ils appellent Tafla. Talaka, Tafra. Ses limites. dit Ibn Hordadbch, sont à l'orient. le détroit jusqu'à son embouchure dans la mer de Syrie et, à l'occident. la muraille qui s'étend depuis la mer des Khasares (mer Noire) jusqu'à la mer de Syrie et dont la longueur est de quatre journées de marche. Ce mur se trouve à deux journées de marche de Constantinople. Les autres limites sont, au midi, la mer de Syrie: au nord, la mer des « Khasares ». Et Masoudi complétant le renseignement d'Ibn Hordadbeh, ajoute : « La majeure partie de celle province consiste en villages appartenant au roi et aux patrices et en pâturages pour le bétail®. » Des affirmations aussi netles seraient assez étranges si une circonscription spéciale n'avait pas. de fait. existé, englobant Byzance et son lerritoire. Où donc le géographe arabe, en général si bien renseigné sur les thèmes importants de l'Empire. eùt-il pris ces délaïils? Aussi est-il probable que ce territoire, distinct des thèmes de Thrace, existait réellement, sinon sous le règne même de Basile, du moins au temps de sa jeunesse, sous le règne de Théophile. M, Gelzer croit qu'il fût réuni au grand thème de Thrace par Léon VI, à moins que ce changement n'ait eu lieu, précisément à l'époque où Ibn Hordadbch écri

vail, quand l'Empire dût se défendre contre les terribles attaques de Krum et de ses hordes bulgares. En tous cas Constantin VII au début de son second livre sur les « Thèmes » ne semble plus connaître ce thème qui s'était confondu depuis une trentaine d'années au moins avec son voisin le thème de Thrace. De la petite province de Tafra cependant, certains vestiges paraissent s'être perpélués à travers l'histoire byzantine, comme la place de l'éparche, au catalogue, parmi les grands fonctionnaires d'ordre militaire, ses hautes prérogalives, sa garde et ses fonctions en l'absence de l'Empereur. De même ilest bien vraisemblable que c'est de celte époque et de ce régime dont l'origine remonte à une date inconnue, que naquit le comte des murs

1. Cité par Gelzer, p. 82-86. Nous avons deux sceaux d'un stratège dont le thème n'est connu d'aucun auteur, c'est le thème du Bosphore, Y aurait-il corrélation entre les deux noms ?

a. Gelzer, Die Genesis der Themenrerfassung. Ὁ. 8&.

(κόμης) où (ἄργψων τῶν τευλῶν) cité, lui aussi, parmi les grands fonctionnaires de l'Empire,

I — Le thème de Thrace était donc l'immédiat voisin du petit gouvernement de Byzance. commençait au grand mur à l’est et s'arrêtait à la Macédoine au sud : à l’ouest, il touchait aux Bulgares. La mer Noire le baignait au nord-est. « La province de Thrace ἃ quinze journées de marche en long, dit Ibn Hordadbeh, sur trois journées en large. On y compte dix places fortifiées !. » L'origine de ce thème n'était, probablement, pas très ancienne. Il s'était constitué à l'époque où les Bulgares commencèrent à franchir le Danube pour se répandre dans l’Empire. ΠῚ fallait alors établir sur cette frontière, comme en Orient sur la frontière arabe, un solide gouvernement militaire qui pût arrêter les envahisseurs. Ce fut le rôle du thème de Thrace el la raison de l'établissement, à l'époque de Constantin Pogonat, d’un stratège dans ce pays qui, jusque-là, n’en avait pas eu. Dès lors ce thème qui comprenait une dizaine de places fortifiées, fut classé dans la troisième classe des thèmes. Son stratège avait le dixième rang parmi ses collègues ?.

"ΠῚ. La Macédoine touchait à la grande muraille, du côté de l'est ; à la mer de Syrie au sud ; au pays des Slaves à l’ouest ; aux Bulgares au nord. Sa longueur était de quinze journées de marche, sa largeur de cinq. Il y avait trois places fortifiées ?. Ce thème, formé à la fin du var siècle " pour lutter, comme le thème de Thrace, contre les Bulgares et les Slaves qui s'enfon- Ççaient chaque jour plus profondément sur ces terres d'Empire, les dépouillaient ou les faisaient passer sous leur domination, était aussi le seul qui eut en Europe, comme son voisin le thème de Thrace, quelque importance pour l'Empire. Comme la Thrace, la Macédoine appartenait à la troisième classe des thèmes et son stratège venait de suite après celui de Thrace. Ce dernier résidait tantôt à Andrinople, tantôt à Philippopolis 5. Souvent un seul stratège gouvernait les deux thèmes de Macédoine et de Thrace. C'est ainsi que sous Irène, le patrice Aetius qui commandait les thèmes des Anatoliques et de l'Opsikion, fit nom-

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