‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 157 sur 354 · Gay, p. Go · texte numérisé non relu

Gay, p. Go

a. Ibid., 168, 169.

3. Voir plus bas les rapports de Byzance avec les populations barbares, #. De Them., 103,

ET L'EMPIRE BAZANTIN 101

un fonctionnaire du nom de Slaurakios, spatharocandidat et éparche ".

Si, à l'époque qui nous occupe, la géographie administrative et militaire de l'Empire est encore en voie de formation, cependant, dès le n° siècle, le principe sur lequel repose cette nouvelle division terriloriale est universellement admis et pratiqué. Les anciennes provinces avec leurs cités font partout place aux thèmes, gouvernements militaires, plus ou moins étendus et arbitrairement créés, sans relations ethnographiques avec les habitants qui les peuplent, et dont toute la mission est d'assurer à l'Empire paix et sécurité. Aussi par la force même des choses, une permutation des pouvoirs administratifs ‘suivit-elle celle transformation géographique. Quand, aux var et vint siècles. les stralèges avec leur armée entrèrent dans la province qui leur élail assignée, ils y trouvèrent, en effet, un gouverneur civil qu'on ne songea pas à faire disparaître au bénéfice du gouverneur militaire. Chacun vécut d'abord juxtaposé l'un à l'autre, remplissant les fonctions pour lesquelles il avait été créé ?. Peu à peu cependant, et assez vite, cet élal de choses se modifia. L'élément militaire tendit à s'assimiler l'élément civil ; l'union des pouvoirs entre les mains du stralège se fit de plus en plus complèle, si bien qu'au rx° siècle, sur toute l'étendue de l'Empire. il n’y eut plus que des gouvernements militaires. Le gouvernement civil, en vérité, ne disparut pas complètement; il exisla loujours ; mais de sa grandeur passée il ne lui resta rien. Ses représentants furent, ou entre les mains du stratège ou entre celles des grands officiers du Palais. Ils descendirent sur l'échelle sociale de plusieurs degrés, et c'est à un très modeste “ang que nous allons les retrouver. S'il n'est pas possible de fixer par une date précise le point de départ de ces transformations. parce qu'en réalité il n'y en a pas, nous savons du moins à quel moment fut achevée celte nouvelle organisation administrative. Léon VI, dans deux de ses novelles, nous le dit : c'est

τ. Pholius, CIF, p. 984.

ἃ. Diehl, Etudes By:ant., 288, 402.

sous son règne que les derniers vesliges d'un gouvernement civil autonome dans les provinces furent effacés !. Par l'une de ses lois il abrogea les curies et les décurions parce que désormais un autre ordre de choses a fait place à l'ancien et que tout dépend de la sollicitude impériale?; par Fautre, en abrogeant le sénat, il supprima les trois prèleurs qui. à Constantinople, le représentaient et les stratèges * qui, dans les autres villes. élaicnt nommés par les décurions ἢ. Désormais, sur toute la surface de l'Empire, la chose publique fut directement administrée par, l'Empereur, représenté dans les provinces par les stralèges d'ordre militaire. Il n'en resta pas moins que dans le langage de la chancellerie, la province continua à, s'appeler éparchie quand on l'envisageait au point de vue civil : elle ne s'appela {hème qu'au point de vue militaire. Les fonctionnaires qui l’administraient furent de deux sortes : les uns militaires, les autres civils, tous ayant à leur tête le stratège commandant en chef du thème et gouverneur de l'éparchie.

Le stratège, dans l'organisation générale de l'Empire, était an sommet de la hiérarchie. I passait avant lous les autres fonctionnaires et seul jusqu'à Léon VI, le syncelle avait le pas sur lui. quelque thème qu'il gouvernât. La dignité dont il était habituellement revêlu était la première de l'Empire, celle de patrice ὅς et loujours, au moins. il se vit conférer le litre de protospathaire 5. Dans Ies cérémonies il marchait avec les grands dignilaires de la cour : magislroi. patrices, elc., el une fois sorti de charge, il gardail son titre d'ancien stralège, « ἀποστράτηνγος ». Mais c'élait surtout dans sa province, naturel lement, que le stratège était tout-puissant. Là, vrai maitre du

1. Comme presque loujours à Byzance, ces vestiges ne disparurent que pour renaître. Dès le régne de Romain Lecapène, nous retrouvons des communes ef un gouvernement communal dans les provinces. (CF. Mortreuil, in, 77 el seq.),

4. … προνόμτον δὲ τοῖς βουλευτηρίοις παρεῖχον ἀργῶν τίνων προβολῆς χαὶ διοιχήσεως χὐτεξηυσίηυ τῶν πόλεων. (ΟἹ νῦν, ὅτι πρὸς ἑτέραν χατάστασιν τὰ πολιτιχὰ πεταπεποίττα: πράγματα... (Zachariæ, Jus Grwco, IH, πον. XLVI, p. 139).

ὅν κα Οὐχ οἵους ἢ νῦν οἷὸς στρατηγικὴ ἀρχήν » Nov. NLVIL, p. 140.

. Novelle XLVIE, p. 159, 140.

5. Je dis la première parce que celle de magistros était trop rare pour compter parmi les dignités habituelles.

ὃ. Les cas où Fon trouve sur ἸῸΝ sceaux le titre de spathaire sont très peu fréquents. On a aussi quelques rares mentions de stratèges qui ne sont que spatharocandidats. Tel estle cas du stratège Léon, sous Basile I‘ (Pancenko. ὙΠ|. 1909, p. 204).

pu

pays, il ne relevait de personne sinon de l'Empereur, et la dualité des pouvoirs mis en ses mains lui donnait une force et une autorité à nulle autre comparable. Aussi, comme dans l'Empire romain, la législation dut-elle fixer, pour éviter de trop grands inconvénients, certaines prescriptions auxquelles tout magistral, mais le stratège en particulier, était tenu d'obéir. D'abord il est vraisemblable que l'Empereur ne devait pas laisser longtemps le stratège séjourner à la têle de son thème. C'eût été pour le souverain un trop dangereux compéliteur si par malheur il avail manqué de loyalisme. Mais indépendamment de cela. défense était faile au stratège, comme du reste à tous les magistrats de léparchie, d'épouser une jeune fille de la province qu'il administrait, au moins pendant la durée de son mandat, et cette défense s'étendait à toute sa maison : fils. filles, parents, domestiques! : défense aussi lui était faite d'acheter des biens meubles ou immeubles, directement ou par personnes interposées?, de construire une maison, d'accepter des cadeaux, même spontanément offerts. Le gouvernement central faisait aux stratèges, du moins aux plus importants d'entre eux. un large traitement. Tous avaient droit, en outre, aux « συνήθεια » en nature : c'était à eux d'ordonner leurs dépenses d'après leurs revenus. Ces règles générales, du reste, pe parurent pas encore suffisantes aux Empereurs pour couper court à tous abus de pouvoirs comme à toute exaction. [15 voulurent, comme Basile ἧς protéger de leur mieux les sujets de l'Empire et complétèrent ces défenses par des sanctions parfois très sévères. Un stratège ou un de ses subordonnés venaitl à faillir, l'évèque et les premiers d'entre les citoyens ! devaient adresser une supplique à l'Empereur indiquant la faute com- 1. Proche, ΠῚ vaut, 22; Novelle de Léon VE XXI, p. 101. Toute cette législa lion concernant les magistrats pour juste qu'elle füt, ne semble pas cependant avoir été loujours scrupuleusement observée, En preuve un acte de 882

qui nous montre une famille Kizzzë à Thessalonique en possession d'un assez grand nombre d'emplois. L'un est stratélale de Thessalonique, un autre ἐπὶ τῆς οἰχειχχῆς τραπέζης. Un (roisième πρὸς τῆς πόρτης Βεσσαλονίχης Cl chartulaire du thème, un quatrième, épople, un dernier enfin juge du thème (cf. Fisant. Vremenik 1898, p. 185).

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