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leurs siluations ceux qu'il avait consacrés à son premier passage au pouvoir. Mais à quoi eût alors servi la nouvelle politique de Basile si elle n'avait d'autres conséquences que de perpéluer au sein de l'Eglise un interminable conflit? Du reste, Rome accepterait-elle pareille entorse aux canons comme à son autorité? C'est pourquoi l'Empereur qui tenait Pholius en sa main ne se gèna-t-il pas pour le blâämer et réprouver sa conduite!. Le Patriarche dut peut-être se contenter de consacrer une seconde fois ceux d'entre les évêques qui voulurent bien se prêter à celle indigne comédie et, pour satisfaire sa vanité. bénit en son particulier des vêtements épiscopaux dont il fit don aux prélats consacrés par Ignace. Entre temps. il s'amusait à continuer autour du tombeau de son prédécesseur la guerre qu'il n'avait cessé de lui faire vivant?. Mais tandis qu'il agissait ainsi à Constantinople, il avait, avec une habileté consommée, une toute autre politique à l'égard de Rome. Adoptant une conduile diamétralement opposée à celle d'Ignace dans l'affaire de Bulgarie, il se garda pour lheure, d'agir en contradiction avec les volontés et les droits du Pape et ne consacra aucun évêque au pays de Boris®. C'était tout ce que demandait Jean VIT au Patriarche de Constantinople. À ces conditions, il était prèt à reconnaître Photius.
Les légats romains furent assez empruntés devant la situation qu'ils trouvèrent à Byzance. Stylianos, dans sa lettre à Elienne, les accuse violemment de s'être laissés corrompre par Photius et Basile. Au dire de l'évèque de Néo-Césarée, ils auraient affirmé publiquement qu'ils étaient envoyés pour anathématiser Ignace et reconnaitre Photius #, ce qui pouvait être vrai dans le cas où le Patriarche défunt refuserait d'obtempérer aux ordres du Pape, au sujet de la Bulgarie. Mais Ignace était mort et leurs instruclions, de ce fait, se trouvaient singulièrement embarrassantes 5.
. C'est probablement l'incertitude des légats qui décida Photius
à envoyer Théodore Santabarenos à Rome pour demander à Jean VIE confirmation de son relour au pouvoir. Basile, de
1, ἘΠ᾿ Jynal., 554.
εἰς Iqnal., 565.
Lapôtre, Jean VII, p. 6a οἱ note 4.
. Mansi, xvi, 432.
. Mansi, sur, 148.
. Nil. Jgnal., 55.
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son côté, par ses lettres el ses ambassades, appuya la demande du Patriarche ! et nous voyons par deux lettres de Jean YU au primicier Grégoire datées des 3 avril et 6 mai 859 ?, avec quelle bienveillance, il attend les Byzantins qui arrivaient à Rome par Bénévent et Capoue. Dix-huit mois s'étaient ainsi écoulés depuis la mort de saint Ignace. L'ambassade byzantine n'eut pas de peine à promplement régler, de la façon la plus avantageuse pour Photius, les affaires pour lesquelles elle avait été envoyée. Dès la fin du mois d'août, elle repartait pour Byzance. Un diacre, le prêtre Pierre, l’'accompagnait, porteur de cinq lettres et d'un « Commonitorium » du Pape, lettres adressées à l'Empereur, aux évêques de la Province de Constantinople et à ceux des Patriarches d'Orient, Jérusalem, Antioche, Alexandrie, à Photius, aux chefs de Fopposilion contre le patriarche et aux légats ὃ. comme des condilions du Pape à la réintégration du Patriarche ᾿ς. Que dit, en effet, Jean VIII dans sa lettre à Basile « /nter claras » ? 1° Après avoir affirmé la suprême autorilé
1. Îl est difficile de savoir quel cas il faut faire des histoires que racontent Nicetas et Stylianos au sujet des sourdes et Jouches menées de Photius à Rome pour remonter sur le trône patriarcal (Nicel., 552 ; Stylianos, Mansi, XVI, 431). Je crois qu'il ne faut pas y donner une trop grande attention. Indépendamment du fait que l'un et l'autre écrivent après les événements et après la nouvelle déposition de Photius, il semble que le Patriarche avait, à cette date, suflisamment d'atouts dans son jeu pour gagner sa cause Sans qu'il ait eu besoin de recourir à des faux et aux mesquineries que lui prétent ses deux adversaires,