‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 200 sur 354 · Mansi, xvi · texte numérisé non relu

Mansi, xvi

ses décrets et c'est pour atteindre ses fins qu'il lui écrit sa seconde lettre, œuvre très habile. destinée à faire ratifier les décisions prises à Byzance. Plus tard, 1 ne parlera plus de même et bien évidemment en 879, il souscrit à {outes les violences de langage de son ami Zacharie de Chalcédoine. Maïs l'opinion de Pholius et de ceux qui le suivent, pourrait paraître insuffisante à qui veut se rendre compte des relations qui unissent l'Orient et l'Occident à cette époque. Bien autrement lumineuse est, à cet égard, la queslion de Bulgarie. Ici. les rôles se trouvent intervertis el c'est un ami de la papauté, son obligé, Ignace, qui non seulement va parler, mais agir. Le patriarche Ignace, en effet, reconnaît la suprématie pontificale : « Forum vulnerum atque livorum qui in membris hominis consistunt multos medicos protulit ars... corum membris sunt Christi et Dei salvatoris, omnium nostrum capitis, et sponsæ catholicæ et apostolicæ ecclesiæ unum el singularem præcellentern alque catholicissinum medicum ipse princeps summus et fortissimus sermo, el ordinalor el curator οἱ solus ex lolo magister Deus omnium produril, videlicet taam fraternam sanclitatem et palernam alnitatem . »

Lui-même, du reste, fait, sans doute, mémoire à l'oflice, de certains pontifes romains, comme δ' Martin « archevèque., de la sainte, catholique et apostolique Eglise de Rome» pour manifester l'union qui existe entre les deux Eglises ; mais il ne faut rien lui demander de plus. Tandis que Photius s'abstient de toute juridiction sur terriloire romain ou revendiqué comme tel, en Bulgarie, tandis qu'il écrit à Nicolas [°° : « Dans l'intérêt de la paix je voudrais rendre aux autres ce qui leur appartient de droit... quel plaisir n’aurais-je pas à rendre, si persoune ne s’y opposail, ce qui appartient légitimement à un autre, princeipalement à un Père comme vous #, » Ignace lui, dès sa réintégration, envoie contre l'ordre de Rome, des évêques en Balgarie et les maintient jusqu'à sa mort. Rien ne l'arrête: ni les observations du Pape, ni ses ordres, ni ses menaces d'excommunicalion. On dirait qu'après avoir rendu un platonique lémoignage de déférence au Pape tant qu'il a besoin de lui, dès qu'il est redevenu maître de son Eglise, il ne se soucie

: Ι 1. Mansi, xvt, 45.

2. Dmitriesskij, Typica, p. 6. 3. Migne, CIEL Lettre FH, p. 613-61.

plus d'une autorité religieuse supérieure : il s'appuie tout entier sur l'Empereur seul. Je sais bien que son panégyriste, Nicétas, dit qu'il ne pouvait pas faire tout ce qu'il aurait voulu !, que l'Empereur était là pour lui dicter ses ordres et cela est possible. N'est-ce pas précisément ce que Pholius vient de dire lui aussi au Souverain Pontife? Mais si vraiment les droits du Pape avaient élé universellement reconnus, Ignace, si énergique d'ordinaire, aurait-il fléchi dans une affaire aussi grave? C'est peu probable. La vérité est qu'on tenait essentiellement à Byzance, à ne pas confondre les choses. Si, les catholiques accordaient à Rome une primauté d'honneur, celle dont nous trouvons trace dans les différents canons du concile de 869 ?; si, en cas de litige, ils s'adressaient au Pape de préférence à tout autre ; néanmoins, à des degrés divers, ils ne voulaient plus reconnaître sa primauté de juridiction. Déjà l'Empereur avait remplacé le pontife romain dans les conceptions religieuses de beaucoup, et s'il y a encore à cette époque fluctuation et variabilité, c'est que nous sommes à une période de crise et que le dénouement n'a pas encore eu lieu *. Aussi, n'est-il pas étrange que Rome, consciente du péril, fasse tous ses efforts pour maintenir son droit. Chacune des lettres pontificales revient sur la doctrine de l'autorité conférée à Pierre et à ses successeurs « pour paitre les brebis et les agneaux », c'està-dire pour gouverner toutes les Eglises de la terre. Les Papes le disent aux Bulgares comme ïls le disent aux Byzantins.

Nicolas ΤΠ et Hadrien HE interdisent aux Eglises de juger Rome.

Jean VIE écrit à Basile #: « .. sollicitudo clementiæ vestræ

spiritu Dei incitata, demonstral quæ in catholica ecclesia

misericordem per auctoritalem et judicium "56 6185. apostolicæ

quæ Christo Domino delegante, totius ecclesiæ retinet princi-

patum », rien n'y fait. Le jour vient où Byzance écoutera, pour

l'approuver, la voix des évèques schismatiques du concile de

879 : « Nous n'avons qu'un seul pasteur, le très saint seigneur

et Patriarche œcuménique Photius. » « Pour tout dire en un

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