Cedrenus, p. 1096, Theoph. Cont., Vi, Mich., XAX
6. Cedren , p. 104g-105a. Genesios, 1116 : Theoph. Cont.. Fil. Mich., Xxv4, μ. 200.
ET L'EMPIRE BYZANTIN rl
sion fâcheuse que faisaient dans tous les milieux ses relations avec sa propre belle-fille, comme la persécution odieuse qu'il souleva contre le vénéré patriarche Ignace. Néanmoins, grâce à son habileté et à sa perfidie, au moment où Basile le Macédonien apparaît à la cour, Bardas est sur le chemin du trône et s'apprête à renverser sa sœur l'Impératrice de concert avec son neveu Michel.
S'il estun reproche qu'on peut adresser à Théodora c'est bien celui d'avoirétrangement négligé, semble-t-il, l'éducation morale de son fils. De bonne heure, elle le confia à un pédagogue taré ! qui n'eut pas de peine à éveiller tous les mauvais instincts d’un enfant qui. naturellement déjà, n'avait guère de qualités. La légende, en vérilé, raconte bien que l'Impératrice fit venir à Constantinople pour le donner comme compagnon à son fils, le futur apôtre des Slaves, Constantin-Cyrille : mais outre que le fait paraît très invraisemblable ?, ce n’est pas la compagnie de ce pieux et chaste jeune homme qui aurait pu contrebalancer les détestables leçons de ses maîtres et les exemples plus déplo- “ables encore des jeunes gens qui cntouraient Michel. De bonne heure, en effet, tout un groupe de « μάλαχοι » s'attacha aux pas du souverain el flatta ses plus basses passions. Faible et insouciant par nature, il préférait les chevaux, les jeux, la chasse, au dur travail qui devait le préparer à continuer l'œuvre de sa mère *. L'hippodrome avait pour lui des charmes tout particuliers et, jusqu'à son dernier jour, on put revoir à Byzance les scènes scandaleuses qui déshonorèrent la Rome de Néron : un empereur conduisant des chars aux cris de joie de l'assistance et faisant des cochers et des lutteurs en renom son habituelle compagnie. Naturellement ses mœurs privées étaient au niveau de ses occupations favorites. Dès l’âge de quatorze à quinze ans environ, il avait, indépendamment de son cortège de favoris, une maîtresse qui, plus lard, devint célèbre en montant sur le trône : Eudocic Ingerina. Théodora, pour rompre cette union illicite, dut, sur l'avis de Théoctistos, marier au plus vite son fils avec une autre jeune fille de meilleure réputation : Eudocie,
Ὁ 1. Theoph. Cont., Fil. Mich., x1x, 184 ; Cedrenus, 1041. +. En 842, en effet, Constantin avait déjà une quinzaine d'années environ. (Martinov, Rev. des Quest. Hist., juillet 1884, p. 142, note 2). 3. Cedrenus, 1044; Georg. Moine, 1037; Sym. Mag., 1%. p. 710: XIV, 720. Theoph. Cont., Fil. Mich., x, p. 185-188. Léon Gramm., p. τοῦτ,
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fille du Décapolite !: mais. pour autant, Michel ne fut pas assagi. Ses nuits de débauche continuèrent comme par le passé, ΠῚ s'enivrait jusqu'au matin, parodiait avec ses amis Gryllos. Théophile et autres les cérémonies religieuses qu'il transfor mait en scènes ordurières, puis, allait courir, nuitamment, les rues de Byzance pour effrayer de paisibles passants. Le jour même, on le voyait parfois escorté de ceux qu'il appelait « ses évêques et ses métropolilains » odieusement travestis, partir à la rencontre des processions religieuses, jeter le trouble et le scandale parmi les fidèles, disperser et maltraiter les groupes pieux à la tête desquels se trouvait le patriarche. D'autres fois, au contraire, il se plaisait à arrêter de pauvres femmes et « pour faire comme le Christ » les obligeait à le recevoir à dîner 3. Telle était cette cour de Byzance aux environs de 856. Sauf Théoctistos qui se trouvait être un étranger. les autres membres du gouvernement central étaient tous — chose très remarquable — parents de Théodora. Manuel était son oncle, Bardas et Pétronas, ses frères, Antigone, son neveu, Théophylitzès, un des plus grands seigneurs de l'Empire, son cousin. Il ne pouvait guère se faire, dans de telles conditions, que des compétitions nombreuses ne se produisissent pas, qui fatalement devaient enrayer la bonne administration de l'Empire. Et c'est de fait ce qui arriva. Dès le premier jour de la régence de Théodora, la lutte s'engagea entre ces frères ennemis et se poursuivit jusqu à la retraite de l'Impératrice. Théoclistos tout-puissant n'eut rien de plus pressé que d'éloigner Manuel, Bardas, Pétronas pour gouverner seul avec la régente : puis, insensiblement, les ambilieux essayèrent de rentrer en grâce et Bardas, en s'appuyant sur son neveu, tout comme Théoctistos s'appuyait sur Théodora, finit par être assez puissant pour, à son tour, évincer Théoctistos jusqu'au moment où, de la mème manière, Basile le supplantera définitivement. Cependant Théodora fut assez forte pour brider, durant quelques années, celte anarchic inté-
1. Georg. Moine, 1033; Sym. Mag., 1x, 516. Léon Gramm., 1061. Nous connaissons un questeur qui porta le même nom, Théodore Décapolite à l'époque de Constantin VIE.
a. Vit, Ignat., p. 528 ; Vi. Basil., xx et xx1, p. 255-260 el seq., Sym. Mag. xvu el seq., p. 721 et 506. Le souvenir de ces débauches frappa si fort les contemporains que le souvenir en est arrivé jusqu'au Concile de 850, can. 16 (Mansi, xv1, p. 169).