Vil, Basil., x
ricure et, soit au dedans, soit au dehors, accomplir quelques grandes choses.
Au-dessous du pouvoir central, représenté par Théodora et son conseil, et qui était absolu, un seul grand corps mérite d'être mentionné parce que nous le voyons fonctionner assez régulièrement à cette époque : c'est le sénat. Qu'était le sénat? Comment se recrutait-il? Ce n'est pas ici le lieu de le rechercher. Qu'il suffise de dire que les historiens le mentionnent assez fréquemment ct par le rôle qu'il joue nous pouvons conjecturer que son influence était grande. Comme par le passé, il devait approuver l'élection de l'Empereur et celle du patriarche!, entériner ses ordonnances, siéger dans toutes les grandes affaires civiles et religieuses 3, Sous Théodora et Basile, il paraît avoir eu aussi un droit de contrôle sur les finances comme sur les dépenses de la cour *; mais comme autrefois à Rome, jamais il ne fut à Byzance assez puissant pour contrebalancer l'absolutisme impérial quand le pouvoir était entre de fermes mains. Le seul fait que Théodora se préoccupa dans le rétablissement des images de l'opinion du sénat, mais pour passer outre, prouve tout à la fois que si ce n'était point là un corps purement honorifique, ce n'était point non plus une instilution très puissante, capable d'imposer sa volonté et, à l'occasion, de faire une révolution. De sa grandeur passée, il gardait certains privilèges el certains honneurs, mais pas d’autorité effective.
Dès que le pouvoir de Théodora fut légalement reconnu par la noble proclamation du magistros Manuel, au cirque, le lendemain de la mort de Théophile, tranquillisée dès lors par le calme momentané des esprits, ses regards se portèrent sur
1. Genesios, 1117: Sym Mag., χπὶ, 520: Georg. Moine, 1048; Léon Gramm., 1069.
2. Genesios, 1097; Georg. Moine, 1008; Léon Gramm., 1040; Mansi, Sacrosancta Concilia, L. XVI, 19 et 20: 134. Zonaras, Migne, t. CXXXYV, p. 11.
3. Cedrenus, 1044; Theoph. Cont., Vif. Mich., xx, 185; Vil. Basil., NXVHI, 272.
la question religieuse qui seule divisait, à celle heure. ses sujels: Elle comprit bien vite que l'Empire avait besoin de repos et d'unité morale pour faire face aux ennemis du dehors : sarrasins, slaves, bulgares. qui le menaçaient à l'extérieur, et continuer sa marche civilisatrice. Or, il n’y avait qu'une solution possible au problème : c'était le rétablissement des images et le rappel des exilés. Personnellement favorable à l'orthodoxie, elle savait aussi que Théoctistos comme Bardas étaient gagnés à ses vues !. Elle hésita cependant. Le souvenir de son époux et des promesses que, disait la rumeur publique, elle lui avait faites à son lit de mort de ne jamais rélablir le culte des images et de maintenir toujours sur le trône le patriarche Jean la hantait, moins cependant peut-être, que l'inconnu dans lequel elle allait se précipiter. Car si le conseil de régence que Théophile lui avait donné était favorable à ses projets, — sauf Manuel — elle devait compter néanmoins avec le sénat, beaucoup de hauts fonctionnaires, des évêques, le patriarche surtout, adroit et tenace, qui tous attachés à l'hérésie ne céderaient pas facilement?., Finalement, toutefois, guidée par son instinet politique, comme par le sentiment populaire, dès le 11 mars 843, elle proclama solennellement la fin du schisme οἱ rappela les exilés ὅν, Cette première mesure réussit pleinement. Les troubles qu'elle pouvait faire naître n'eurent pas lieu. Seul, Jean fut enfermé dans un monastère pour y finir ses jours et Théodora lui donna un successeur en la personne de Méthode ". Enhardie par ce premier succès qui fortifiait son pouvoir, Théodora voulut mettre un terme à toutes les agitalions religieuses qui ne cessaient de renaître sous une forme ou sous une autre dans ses Etats. Elle décida donc la conversion par la persuasion ou par la force des Pauliciens et des Zeliks (nouvelle secte qui ne faisait que de naître)5. Malheureusement le
1. Cedrenus, 1024 : Georg. Moine, 1029 : Sym. Mag.. 1, 708; Gencesios, 1089; Léon Gramm., 1061.
2. Cedrenus, 1025. « varastoogiy τῆς ζωῖς χαὶ τῆς ϑαχσιλείας ἔχπτωσιν n! Theoph. Cont., Vi. Mich., 1, 164.