Cerem., p
— l'imation — brodé d'or et de perles du plus haut prix, l'épée au côté. le diadème (#zsaslxtov) en tête. Constantin portant une cuirasse d'or (x. far). l'épée et les souliers d'or, tenant à la main une lance d'or, enrichie de perles, la tête ceinte d'un bonnet ἰφαχιόλον) blanc et or el sur le front une couronne d'or, montèrent sur deux chevaux blancs, magnifiquement harnachés. Au couvent des Abramites les deux démarches et leurs factions en habits de fête vinrent recevoir et complimenter les souverains. Les acclamations d'usage « gloire à Dieu, gloire à la Très Sainte Trinité » retentirent chantées par les deux factions du cirque, tandis que le cortège se rendait à la Porte dorée. L'éparche de la ville et ses ministres s'y trouvaient déjà. Dès que l'Empereur fut arrivé, ils se jetèrent à genoux pour Fadorer et lui présenter des couronnes d'or et d'autres de laurier que Basile reçut en remettant à l’éparche une belle somme d'argent. Celle cérémonie achevée, le cortège se dirigea d'abord vers le Sigma et de là à l'Exokionion pour rejoindre la « Μέστ, », par le \érolophos, au forum d'Arcadius. Suivant dès lors la voie triomphale, le cortège passa par le Forum bovis, le Capitole, le Phila delphion, le Forum Tauri, l'Artopoleion, pour aboutir enfin au forum de Constantin, non loin de Sainte-Sophie. Là, les Empereurs descendirent de cheval et entrèrent dans l'église de la Mère de Dieu où se trouvaient le patriarche et tout le clergé de Sainte-Sophic. On alluma les cierges et, après une rapide prière, on se remil en marche, non sans avoir changé d’habits. Les coslumes militaires firent place aux costumes impériaux civils. manteau, chlamyde, diadème et c'est dans ce nouvel appareil que précédé des troupes !, des dépouilles prises aux Arabes el de la croix, le cortège ‘arriva au milliaire d'or situé sur le Forum Augusteum en face de Sainte-Sophie, Pénétrant alors à l'intérieur de la « belle porte » (ὡραία πύλη) les Empereurs déposèrent leur couronne et entrèrent dans le narthex par la porte centrale, celle qui conserve encore aujourd'hui sur son tympan une mosaïque représentant très vraisemblablement Basile, Ils tenaient un cicrge allumé à la main et avaient à leur côté le patriarche. La liturgie solennelle se déroula alors. Une fois achevée, les Empereurs rentrèrent au Palais avec le cérémonial des grands jours. Un diner fut servi dans le triclinium de
1, Nous retrouvons là l'énumération des divers groupements militaires cités plus haut : skeuai, labouroïi, signoi, bandes, etc.
Justinien et après diverses réjouissances, Basile, heureux de l'incomparable spectacle qu'il avait donné à son peuple, distribua aux membres du Sénat argent et riches habits. | Mais, comme en tous temps, une armée coûte cher à la nation et la guerre est toujours chose fort onéreuse. Comment à Byzance payait-on les soldats, par quels impôts faisait-on face aux nombreuses dépenses qu'entraînaient les longues campagnes, les triomphaux retours, les généreuses largesses de l'Empereur!? Le bien-fonds donné aux familles de soldats n'était pas seulement destiné à obliger ces familles à fournir l'armée de recrues nouvelles. Sur les revenus de la terre, elles devaient aussi entretenir le soldat, c'est-à-dire l'équiper et le nourrir. Si la parcelle de terre était de trop maigre rendement, le propriétaire se cotisait avec d’autres pauvres pour armer le soldat ; mais jamais le trésor ne se chargeait de la chose. C'est ce qu'explique fort bien un auteur arabe : « Il n'y ἃ pas de marché dans le camp romain. Chaque soldat est obligé d'amener de chez lui, le biscuit, l'huile, le vin et le fromage dont il aura besoin ?. » Mais. s’il n’est ni équipé, ni entretenu, le soldat reçoit, indépendamment de certaines gratifications exceptionnelles et de sa part de dépouilles, une paie dont Ibn Hordadbeh nous donne en gros le résumé : « La paie des officiers est, au maximum, de 40 livres d’or ; elle descend à 36, à 24, à 12, à ὃ et jusqu'à 1 livre. La paie des soldats varie entre 18 et 12 dinares par an. Mais ordinairement elle n'a lieu que tous les trois ans. Îl arrive même qu'on paie en une fois la somme représentant quatre, cinq ou six années de service »3. Une autre source arabe, nous donne encore à ce sujet quelques renseignements : « Une personne qui connaît très bien le pays des Romains dit que la paie des officiers varie entre 3 οἱ 1 livre d'or. Or, chaque livre vaut go mithkäl. Les Romains admettent dans le rôle de leur armée les jeunes gens imberbes. Ceux-ci reçoivent 1 dinare la première année, 2 dinares la seconde, 3 la troisième et ainsi de suite jusqu'à leur douzième année de service, lorsqu'ils touchent la paie complète de τ dinares » ὁ. Dans leur ensemble, ces données correspondent assez
. Cerem., Ὁ. οὖ.
. Cité par Gelzer, op. cit, 115.
. De Gæœje, Biblioth., p. 84. Gelzer, op. cil., 114. . Gelzer, op. eil., p. 115.
bien avec ce que nous dit le Livre des Cérémonies !, À l'époque de Léon VI, en effet, les stratèges des Anatoliques, des Thracésiens, des Arméniaques, recevaient quarante livres d'or. C'étaient les stratèges de première classe. Les stratèges de l'Opsikion, des Boukellaires, de Macédoine en recevaient trente : ils étaient de seconde classe. À la troisième classe, avec 20 livres, appartenaient les stralèges de Cappadoce, de Charsian. de ’aphlagonie, de Thrace, de Colonée. Le stratège de Chaldée ne recevait que τὸ livres ; mais, comme nous l'avons dit, il touchait 10 autres livres sur le commerce qui se faisait dans sa province. C'était, on s'en souvient, le dernier thème d'Orient. Les stratèges des Kibyrrhéotes, de Samos, de la mer Egée qui appartenaient tous aux thèmes d'Occident, ne touchaient que τὸ livres : ceux qui faisaient réellement partie de l'Occident ne touchaient rien. Ils vivaient du droit de « coutumes » que leur payail. chaque année, la province. On le voit done, les chiffres donnés par Ibn Hordadbeh et l'auteur anonyme du chapitre αὶ sont à peu près concordants. Sous Basile, comme sous Léon, les bénéficiers de la dernière classe, ceux qui touchaient 5 livres étaient, sans doute, les clisurarches, Les autres officiers, dans chaque thème, devaient recevoir des annuilés allant de ὃ à 1 livre l'an.
Nous pouvons. d'autre part, tirer un certain nombre de renseignements intéressants de la solde fournie par Léon VI aux officiers inférieurs et aux soldats lors de l'expédition entreprise en g10 contre la Crète. Nous voyons qu'un tourmarche des Mardaïtes, par excmple, élait payé 36 nomismes, c'est-à-dire 1/2 livre ou 440 francs à peu près; un-drongaire, 12 nomismes: un comle, 6 τ un soldat, 4. Par contre, s'il n'y a pas d'erreurs de chiffres dans l'unique manuscrit que nous possédons, un tourmarche de Sébaste, au thème d'Arménie, n'avait que 12 n0mismes, un drongaire, 6, un comte, ὃ, un soldat, 4?. Ces chiffres pris isolément ne donnent pas par eux-mêmes une idée suffisante des dépenses qu'occasionnait l'armée, surloul en temps de guerre. Le récit des distributions d'argent que dut faire l'Empereur Léon, lors de son expédition en Crète en 910, est peut-être plus suggestif parce qu'il nous présente un
1. Cerem., ch. L, p. 1286, Le texte date du règne de Léon VI, ce qui prouve que les choses n'avaient pas changé entre l'époque où écrivait Ibn Hordadbeh et celle où écrivait l'auteur de ce chapitre,