‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 293 sur 354 · Cerem,, p · texte numérisé non relu

Cerem,, p

tableau d'ensemble des sommes fournies aux soldats. La flotte reçut 29 kentenaria, 13 livres, 66 nomismes, ce qui représente une somme de 3,147,330 francs. L'armée de terre, beaucoup moins nombreuse en cetle expédition maritime, reçut 439,890 francs: ceci pour une seule expédition et sans compter les « rogai » habituelles des stratèges et soldats qui ne prirent pas part à l'expédilion. Or, ces rogai montaient à un chiffre encore assez élevé puisque Théophane nous raconte ! que sous Nicéphore, par exemple, le stratège des Arméniaques. Léon, fut un jour arrêté alors qu'il apportait en son thème la solde des soldats οἱ que cette solde se montait à 1,300 livres, c'est-à-dire 432,000 francs. Une autre fois ce furent les Bulgares qui arrètërent le porteur. Les rogai montaient à 1,100 livres ?.

C'était là: la paie ordinaire des armées byzantines. Mais parfois, officiers et soldats avaient des suppléments. Lorsque la guerre avait été heureuse, qu'on avait enlevé aux ennemis un nombreux butin. les thèmes en profitaient. On prélevait un sixième en’ faveur du fisc; le reste était partagé également entre les chefs et les soldats ὃ, Même la sixième partie réservée au fisc pouvait être donnée par [65 stratèges, en certaines circonstances, à un chef qui s'était particulièrement fait remarquer pour sa bravoure pendant la guerre #.

Les géographes arabes, on l'a remarqué, nous donnent un détail qui, lui aussi, se trouve confirmé par les sources byzantines. Ils nous disent que la paie n'avait lieu que tous les trois ans, «ΠῚ arrive même qu'on paie en une fois la somme représentant quatre, cinq ou six années de service. » Or, l'appendice nu du Livre des Cérémonies 5, nous relate le même fait. La seule différence que nous puissions relever entre les deux sources est de peu d'importance. Tandis que les Arabes réparlissent sur trois années la paie des soldats, « l'ancien mode » byzantin, Le « παλαιὸς τύπος » le répartissait sur quatre. Au cours de la première année de ce cycle financier, on payait les thèmes des Analoliques, des Arméniaques, des Thracésiens : au cours du second l'Opsikion, les Boukellaires, la Cappadoce : au cours

. Theoph., p. 981.

. Ibid, p. 973.

. Prochir., AL, $ 1, 928, . Ibid.

tous 9 LE «

du troisième, le Charsian, Colonée, la Paphlagonie:; au cours du quatrième, la Thrace, la Macédoine, Chaldée. Les stratèges. probablement, s'en allaient à Byzance chercher l'argent que les fonctionnaires financiers du thème répartissaient ensuite, suivant la liste établie dans leurs bureaux.

C'étaient là, on le comprend, de très lourdes charges pour le trésor. Aussi y avait-il pour faire face à tant de dépenses, des impôts spéciaux affectés à la guerre. D'abord, en temps de guerre, toutes les provinces de l'Empire, par l'intermédiaire de leur stralège, étaient tenues de fournir les choses essentielles à l'armée. I en allait de même de lous les titulaires de hautes charges. C'est ainsi, d'une part, que les stratèges des Analoliques, des Arméniaques, de Thrace, de l'Opsikion, des Boukellaires donnaient chacun cinq mulels à l'Empereur : les autres. trois où un, suivant leur rang: de même, le domestique des scholes donnait cinq mulets, tandis que les autres domestiques n'en fournissaient qu'un. D'autre part, le comte de l'étable. par exemple, devait quatre mulets et quatre chevaux : l'éparche un mulet, le sacellaire deux, etc.f. Les métropolilains, les arche vèques, les monastères eux-mêmes, élaient mis à contribulion *. C'est que lous ces troupeaux de chevaux et de mulets, les uns marqués. les autres non, ne servaient pas seulement à l'armée. Ils étaient donnés à l'Empereur qui en faisait l'usage qu'il voulait et souvent les offrail en cadeaux à des gens qu'il voulait gagner ou récompenser * D'autres charges pesaient souvent. en outre, sur les stratèges. L'auteur anonyme qui nous a laissé le récit de l'expédition d'Himerius en Grète sous Léon le Sage. le montre très bien. Certains thèmes étaient chargés de fournir des flèches, d'autres du bois de vaisseaux, en un mot, loutes choses nécessaires à l'armée. C'était donc là une source de revenus assez importante el qui permettait d'alléger le budget de la guerre, De plus, il y avait des impôts militaires qui, se payanl en nature, élaient prélevés sur tous les habitants, riches el pauvres, comme sur tous les lieux, villes οἱ villages. C'élaienl les redevances en blé, en victuailles, connues sous le nom εἰ ὀψώνιον, de σιτηρέσιον, primitivement de suvovr, οἱ qui étaient

données aux soldats et aux officiers par les habitants des lieux

1, Cerem., 849-853.

Page 1