Zacharie v. Lingenthal, op. cil
imitaient ce qu'ils voyaient faire à l'Empereur et aux églises et par d'incessantes rapines augmentaient au détriment du pauvre leurs grandes propriélés. Enfin, il y avait des terres soumises à deux sortes de régime foncier : les terres des soldats el celles des communes libres. Toutes ces lerres, qu'elles fussent à l'Empereur, aux moines, aux grands, étaient cullivées par les « paroikoïi », les fermiers, et souvent, sur les terres d'églises, par les moines, ou bien elles étaient louées en emphyteuse à de petits propriétaires qui, un jour. faute de pouvoir payer et le fisc et le propriétaire, ne pouvant plus culliver ce qu'ils ont loué, passeront au rang de serfs. Quant à la petite propriété libre, dès l'époque de Basile, elle tend à se faire de plus en plus rare. Leurs tenanciers élaient les ἢν πένητες» les pauvres, ceux qui, suivant le Prochiron!, n'avaient pas cinquante nomismata de fortune.
Au dernier degré de l'échelle sociale se trouvaient les esclaves (οἱ δοῦλοι). Ce n'est pas, dit pompeusement Basile. la nature qui a créé l'esclavage. La nature ne fait que des hommes libres : mais c'est la guerre qui engendre l'esclavage parce que la loi de la guerre veut que les vaincus soient la chose (x7u2) du vainqueur?., Dès lors, ne pouvaient êlre esclaves que ceux qui. en guerre, tombaient aux mains du vainqueur et ceux qui, dans la suite, naissaient d'esclaves devenus domestiques®, Mais c'était là de la théorie. Il suffit, en effet, de parcourir les règles que Basile décréle au sujet de l’état légal auquel doit appartenir un enfant à sa naissance pour se rendre comple qu'en fait, on pouvait devenir esclave, même en temps de paix. Sans doule, par ces règles #, il entend favoriser l'enfant et invariablement il le déclare libre ; mais qu'on examine les hypothèses qu'il établit et l'on verra par quelles fluctuations la condition des parents pouvait passer. Libre sera l'enfant né d'une mère libre et d'un père esclave; libre, l'enfant qui naît d'une mère libre au moment de la conception ct qui devient esclave avant la naissance” ; libre enfin l'enfant qui naît d'une mère redevenue esclave si au temps de la conception elle était affranchie ©. Entre