‹ Basile Ier [i.e. premier], empereur de Byzance (867-886)Chapitre 61 sur 354 · ἘΠῚ S. Euthym., ch. vit, $ ἅς p · texte numérisé non relu

ἘΠῚ S. Euthym., ch. vit, $ ἅς p

». Léon Gramim., 1097: Vi. Basil. ch. ec, p. 365.

pour sa sœur TFhecla il fut d'une rigueur inouïe !, ef, sans trop approfondir la chose, il envoya en exil Nicclas qu'on disait amoureux de l'impératrice ?, Ses meilleurs serviteurs pouvaient toujours craindre quelque revirement dans son amitié et un hagiographe anonyme, habitué de la cour, ami de la famille de sainte Théophano, nous montre bien, à propos de la démarche qu'essaya de faire auprès de Basile, Stylianos Zaoutzès, son protospathaire, pour la délivrance de Léon, la terreur qui régnait autour de l'Empereur *?. ΠῚ faut dire, cependant à sa décharge, qu'au terme de sa vie, il ne fut peut-être plus entièrement responsable de lous ses actes. La mort de son fils aîné, Constantin, lui donna un coup dont il ne se releva pas et les agissements de Santabarcnos semblent bien avoir, plus ou moins, égaré sa raison. Alors, landis quil s'adonnait à la magie et devenait par sa crédulité même le jouet du moine intrigant, il se faisait vindicatif, cruel, soupconneux !, N'est-ce pas lui qui ordonnait d'enfermer le phargan qui l'avait sauvé lors de la dernière chasse qui précéda sa mort, bien que sans le courage de cet homme il eût été perdu ὅ9 Léon le Grammairien dit positivement que Basile devint fou. « διὰ τό φίλτρον ὅπερ εἰς αὐτὸν εἶγεν ἐπλάνα δ. » Aussi Nicelas David qui écrivit vraisemblablement peu après la mort de Basile, ayant en mémoire les dernières années de la vie du grand Empereur comme sous les yeux les résultats de sa polilique religieuse, ne se gène-t-il pas pour en dire tout autant el ajouter mème qu'il élait naïf, léger, vanileux 7, jugement injuste car on n apprécie pas tout un règne d'après quelques années de vieillesse et d'affaiblissement mental.

En réalité, Basile élait merveilleusement souple, intelligent et énergique. D'instinct, il voyait le but à atteindre. la route à suivre et, sans hésiter. quelque grandes que pussent être les difficultés. il allait de l'avant, En lui s’unissaient à un très haut degré les qualités et les défauts des trois races dont il était issu. De l'Arménie, il tenait lhabileté, le sens pratique des

1. Léon Gramm., 1088 : Georg. Moine Cont., 1077. 2. Hbid., 1089,

. Vi. S, Theoph., p. 11 et seq.

. Léon Gramm., 1092-95.

. Fi, S. Eulhym., p. ἃ.

Léon Gramm.. 1092.

. Fit. Ignal., p. 549.

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affaires, la volonté de fer, un peu aussi la ruse et l'hypocrisie (les affaires religieuses de son règne le prouveront). De la Slavie, celte âme fuyante, si difficile à analyser où les plus étranges contrastes se heurtent et se froissent, faite de douceur. d'idéal, de bonté, de religion avec de subits retours à la vio lence, à la cruauté, à la basse immoralité, De Byzance enfin le goût du grand, du beau, l'amour de la science et de la civilisation, l'esprit de conquête qui Fanima aussi bien dans ses guerres que dans sa politique d'expansion religieuse, l'esprit d'autorité et de gouvernement enfin qui en firent un des plus grands ΟἹ des plus complets souverains du Moyen-Age byzantin.

Tous ces éléments divers. nous les retrouvons dans son caractère d'une part, dans l’idée qu'il se fit du pouvoir impérial de l'autre, Qu'estce donc que l'Empereur dans la pensée de Basile ?

Jusqu'à son dernier jour, Byzance garda intact, comme un héritage du passé, la conception païenne que Rome lui avait léguée du pouvoir impérial. Le Christianisme, tout vainqueur qu'il Γὰϊ. n'arriva pas à détruire l'idée qu'on se faisait de l'Empe reur : dieu vivant qui prend place à sa mort par lapothéose parmi les divinités qu'on adore. I ne put que la modilier, la transposer, l'adapter à la foi nouvelle qu'il prêchait. Si FEmpe reur m'est plus un dicu, c'est du moins un homme si haut placé sur l'échelle des êtres, qu'au-dessus de lui il n’y a que Dieu seul. I détient en ses mains le pouvoir polilique comme l'aulorité religieuse cl sa mission sur terre consiste à faire respecter la foi chrétienne aussi bien que la loi de l'Empire. Ilest au-dessus de toute loi car la loi n'est que l'expression de sa propre volonté et Dieu seul peut lui demander compte des actes qu'il commet, — Celle conception fut celle de Constantin comme de Justinien et c'est par ce dernier qu'elle s'est transmise aux Empereurs byzantins. Basile Fa reprit à son tour, mais pour la préciser οἵ surtout en dégager les obligations qui par Ιὰ incombent à tout véritable souverain. « Personne n'est sur lerre au-dessus de l'Empereur, écrit à son fils, el personne ne le peut commander : mais au ciel. lu as toi-même un roi : el. de même que Dieu a soin de toute chose, ainsi toi. lu ne dois rien négliger! car l'Empereur est responsable devant Dieu des

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