LES « GRAFFITI
des noms goths, saxons, lombards (Arîvalitus, Garibaldus), et ainsi jusqu'au IX* siècle. Quelquefois les noms sont précédés de la croix ; ce sont peut-être les noms de prêtres qui ont célébré le St- Sacrifice près des tombeaux des martyrs. Le nom de >b LEO, LEO PBR, est répété plusieurs fois. Les prières exprimées par les i graffiti » sont tantôt des suffi'ages pour les défunts, tantôt des invocations aux martyrs. A St-Calixte, l'entrée de la chapelle des papes est couverte d'inscriptions de ce genre, notamment d'invocations à S. Sixte II. Dans ce même cimetière on lit en plusieurs endroits des prières pour une certaine Sophronîa. <L Le pieux visiteur a dû venir là, le coeur plein du souvenir aimé de Sophronîa, — sa femme, ou sa sœur, ou sa mère. Avant d'entrer dans le vestibule du principal sanctuaire, il écrit : Sophronîa vivas... cvm tvis : « Sophronie, puisses-tu vivre avec les tiens ! » Un peu plus loin, sur la porte d'une autre chapelle, il réitère le même souhait, mais en lui donnant une forme plus religieuse : SOPHRONIA (vivas) IN DOMiNO, € Sophronie, puisses-tu vivre dans le Seigneur ! » Plus loin encore, près de Tarcosolium d'une autre chapelle, la dernière que visitaient en ce temps-là les pèlerins, il trace en caractères plus larges, plus réguliers, en grandes lettres monumentales, cette tendre affirmation : SOPHRONIA DVLCIS SEMPER VIVES Deo. — « Ma douce Sophronie, tu vivras toujours en Dieu ; » et, immédiatement au-dessous, il répète encore, comme ne pouvant se détacher de cette pensée : Sophronîa vives, «Oui, Sophronie, tu vivras ». Touchante histoire, retrouvée sur ces murailles, des sentiments qui se sont succédé dans l'âme de ce pèlerin, à son insu peut-être, pendant qu'il visitait l'un après l'autre les tombeaux des martyrs : d'abord le désir, l'amour, un souvenir fidèle, une tendre espérance, et, bientôt, sous la pieuse impression des lieux saints, cette espérance se changeant en une douce confiance, se transformant en une certitude, s'affirmant en un cri de triomphe de l'amour illuminé par la foi (^). >
I. Northcote-Allard, /^ome souterraine, p. 177-178. < Il sublime addio, non dell'
eterno f^aie pagano, ma délia cristiana speranza e fiducia, Semper vives Deo >
De Rossi, Roma sotter., t. II, p. 15.
246 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
Dans une chapelle du cimetière de Prîscille, on lit cette inscription : ViVAS IN Dec, et filii tvi omnes habeant Devm protectorem. — A St-Calixte, à l'entrée de la chambre des Papes : Iervsale CIVITAS ET ORNAMENTVM MARTYRVM. — Souvent ce sont des prières adressées aux martyrs: Salba me Domine Crescenti ONE, — In mente