‹ Basiliques et églises de RomeChapitre 258 sur 325 · SCÈNES DU NOUVEAU TESTAMENT. 3O · texte numérisé non relu

SCÈNES DU NOUVEAU TESTAMENT. 3O

voit jusqu'à huit. Le plus ordinaire cependant est le nombre traditionnel de trois. Ces mages ne sont pas habillés en rois ; ils portent le bonnet phrygien et le costume de grands personnages persans, comme SS. Abdon et Sennen dans la peinture du cimetière de Pontien. Les Romains aimaient cette scène, qui rappelait la vocation des Gentils à la foi.

Le baptême DE NOTRE-Seigneur. — Sujet rare, que l'on voit pourtant dans les cryptes de Lucine :

S, Jean reçoit Notre Seigneur au moment où 11 sort de l'eau ; la présence de la colombe, figure du Saint-Esprit, prouve qu'il ne s'agit pas d'un baptême quelconque, mais du baptême du Sauveur.

Les miracles ÉVANGÈLIQUES. — Ceux qu'on trouve dans les Catacombes sont : la multiplication des pains, les noces de Cana, la guérîson de l'aveugte-né (plus souvent sur les sarcophages que dans les fresques), la résurrection de Lazare. Ce dernier miracle est le plus fréquemment représenté. Dès le ri^ siècle, il a été peint dans la chapelle grecque. La résurrection de Lazare n'étant racontée que par S. Jean (i), c'est une preuve que les premiers chrétiens regardaient le quatrième évangile comme canonique aussi bien que les trois synoptiques. Cependant pour les détails i les peintres des catacombes ne s'inspirent point du récit de S, Jean. L'histoire de la résurrection de Lazare se présentait aux âmes chrétiennes comme le plus frappant symbole de la résurrection future, du salut promis par le Rédempteur; elle était invoquée en ce sens par les liturgies funéraires ; c'est en ce sens, c'est-à-dire symboliquement, qu'il convenait de la représenter aux Catacombes. Pour cette représentation

symbolique, les détails sont superflus ; deux personnages suffisent à rendre la scène reconnaissable, le Christ et Lazare. Ce qui caractérise le Christ thaumaturge, c'est la verge qu'il tient en main, la verge, chez les anciens et dans la Bible signe d'une puissance bienfaisante, d'une force émanée de Dieu. Ce qui caractérise Lazare ressuscité, c'est le tombeau. Les peintres des catacombes remplacent par un mausolée en forme de temple, un < heroon >, la caverne dont parle S. Jean ; c'est une image plus simple à tracer, plus facile à comprendre. Image d'ailleurs assez diverse : tantôt ce n'est guère qu'une porte au haut de quelques marches ; tantôt c'est une petite basilique, avec son escalier, ses colonnes supportant un fronton triangulaire, et sa nef percée de fenêtres.^. Deux fresques du III<^ siècle, au cimetière de Calîxte, nous montrent le deuxième acte du drame : Lazare ressuscité, vêtu d'une tunique étroite, s'avance hors du sépulcre, obéissant au geste impérieux du Christ. La composition habituelle représente Lazare, de taille enfantine, enveloppé de bandelettes, comme une momie égyptienne ou juive, et maladroitement dressé au seuil du tombeau (0- >

Nous parlerons des scènes de la Passion de Notre-Seigneur en traitant des images du Sauveur.

§ III. Lejugement de l'âme.

La scène du jugement particulier de râme,SQUvent difficile à reconnaître, quelquefois plus distincte, appartient presque toujours au III^ et au IV® siècle. C'est le sujet d'une fresque du cimetière de St-Hermès que longtemps on a prise pour une ordination : on y voit un personnage assis, et devant lui une orante entre deux hommes debout. Outre que les ordinations devaient être bien rarement représentées, cette scène rappelle clairement une inscription de Verceil où l'on félicite une âme d'être assistée au jugement par deux martyrs :

O FELIX GEMINO MERVIT QVI MARTYRE DVCI !

I. PérsLté.La résurrection de Lazare dans l art primitif ^àBJOA les Mélanges deJ.-B, de Rossi, 1899, p. 271-280.

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