PERSÉCUTION DE MARC-AURÈLE
M. de Rossî (^) le fait remonter plus haut, à la persécution de Marc-Aurèle, En effet les Actes parlent d'une grande persécution ; or il n'y en eut pas sous Alexandre Sévère, qui fut au contraire favorable aux chrétiens. Ils parlent de deux empereurs ; or Alexandre Sévère régna seul, tandis que Marc-Aurèle régna avec Commode. Le texte des rescrîts impériaux qu'ils citent est identique au rescrit de Marc- Aurèle au gouvernement de Lyon, rescrit qui a été conservé par Eusèbe (2). Enfin le martyrologe d' Adon dit positivement : € Passa est autem beata virgo, Marci Aurelii et Commodi împeratorum temporibus. » Ste Cécile aurait donc subi le martyre en 177, et Tévêque Urbain dont il est question ne serait pas le pape S. Urbain, mais un autre évêque du même nom, celui qui fut ensuite enterré au cimetière de Prétextât Le cimetière où fut déposé le corps de Ste Cécile était une propriété funéraire privée, qui, donnée à l'Église, allait devenir bientôt le grand cimetière papal de la voie Appienne (3).
Les martyrs de Lyon moururent la même année que Ste Cécile. La Lettre des Églises de Lyon et Vienne aux Églises de l'Asie Mineure, dans laquelle est rapporté cet épisode, compte parmi les monuments les plus précieux de la littérature chrétienne primitive ("*). On voit que l'Église de Lyon était déjà constituée et entretenait des relations avec l'Orient.
Les Actes de S. Épîpode et de S. Alexandre se rapportent aussi à cette persécution, mais leur authenticité est douteuse.
Les martyrs africains de Scillium (5) ont été mis à mort à la fin du règne de Marc-Aurèle (179) ou au commencement du règne de Commode (180). Cet empereur en effet continua
la persécution ; c'est en Afrique qu'elle fut le plus cruelle. A Rome il y eut un martyr célèbre, le sénateur Apollonius,