CHAPITRE XI
vingtaine de mètres. La Rouilière est une couche de 2 à 3 mètres sous un puissant banc de grès. Elle affleure dans la carrière de pierre du bois d'Avaize, et y fut exploitée par des fendues. La houille est bitumineuse et pure comme celle des couches précédentes (voir n* 30 du tableau). Les cendres en sont rouges ; de là peut-être le nom de Rouilière. La couche se relève, comme les précédentes, de la ligne de bas-fond vers la vallée du Jaoon, mais elle parait amincie sur ce point grâce au grès, qui lui sert de toit sur le versant Nord; la compagnie de Saint-Étienne y travaillait activement de 1866 à 1868, et en acheva peu après le déhouillement.
Le banc de grès qui couvre la Rouilière a une épaisseur de 30 à ko mètres. Au-dessus se trouve enfin la dernière couche de l'étage supérieur, le n* 1, appelée la Mourinée, ou le Mourinei^ à cause de la consistance tendre {moureuse) du charbon. Sa puissance moyenne est de 5 à 6 mètres, mais en réalité fort inégale et difficile à évaluer. Sur quelques points la masse charbonneuse constitue des amas de 8 à 10 mètres, que la compagnie des forges de Terrenoire exploite, depuis peu, avec avantage à ciel ouvert. Au sommet du fer à cheval l'amas houiller aurait même atteint près de 20 mètres. Le charbon de la Mourinée fournit à la carbonisation beaucoup de bitume et un coke léger comme toutes les couches du bois d'Avaize (voir le n"" 27 du tableau). Il laisse plus de cendres que ceux de la Grande masse, du Bon Menu et de la Rouilière, et donne peu de gros par suite de sa friabilité.
La couche est à peu près horizontale à Textrémité orientale du bois d'Avaize et s'y trouve à faible profondeur. Une partie en est incendiée depuis fort longtemps, et aujourd'hui cachée sous des schistes plus ou moins rubéfiés et porcelanisés.
Plus loin elle forme, à la façon des couches inférieures, un bas-fond sous l'axe de la colline, pour se relever de là, en sens inverse, au Nord et au Sud. Mais, tandis que l'affleurement Nord peut être poursuivi à l'Ouest jusqu'à la faille de Mon thieux, la branche Sud disparaît par le fait de la faille du Soleil qui, vu sa faible inclinaison, s'avance à l'Est bien au delà du puits Bel-Air'.
I . Daos les parties hautes cette inclinaison n'atteint pas 4(^.
On voit, par ce qui précède, que la colline d*Avaize, jadis si riche en houille, est déjà entièrement épuisée quant à Tétage supérieur. Aussi les seules questions, qui puissent aujourd'hui intéresser le mineur sur ce point, est celle de Texistence des étages moyen et inférieur^ sous la verticale du bois d'Avaize, et celle du prolongement des trois étages sous le plateau de Patroa et le coteau Saint-Roch.
Occupons-nous d'abord de la première des deux questions.
§ 165. — L'extension des étages inférieurs au point de vue purement géologique, je Tai déjà dit, ne peut aujourd'hui faire doute pour personne, car au Nord et à l'Est toutes les assises du terrain houiller plongent régulièrement vers le bois d'Avaize. Mais le doute est permis lorsqu'il s'agit de promettre des couches industriellement exploitables. Les exemples de veines, s'altérant ou se modifiant en profondeur et en direction, sont trop nombreux à Saint-Étienne, pour que l'exploitant sérieux se contente de simples considérations géologiques. Il lui faut des faits pour croire à l'existence d'une couche véritablement exploitable. Voyons donc ce que deviennent en particulier, sous le bois d'Avaize, la couche des Rocheltes et la troisième de l'étage moyen.
La première de ces couches est connue, au puits d'Avaize n^ 2, à 90 mètres de profondeur, et, au puits d'Avaize n^ 1, vers l'extrémité Nord du travers-bancs ouvert au niveau de i03 mètres. Sur ces deux points elle s'enfonce régulièrement sous l'étage supérieur ; il en est de même, on n'en peut douter, de l'aval pendage des anciens travaux de la Pacallière et du puits Ogier au Nord de Terrenoire. Seulement, nous l'avons dit, la couche y est moins puissante et moins pure qu'aux affleurements. On peut donc craindre qu'elle ne s'altère tout à fait en profondeur.
D'autre part, la troisième couche est connue sous celle des Rochettes à Monthieux, à la Tardiverie, à Côte-ThioUière, dans le quartier de la Chaux, etc.; et l'on sait que, sur ces divers points, elle n'a rien perdu de sa puissance, ni de sa qualité, en s'avançant des affleurements vers l'aval pendage. Nous verrons même, dans la suite, qu'à Villebœuf, Beaubrun et la Béraudière, elle est connue, et même. exploitée depuis longtemps.