CHAPITRE XI
Loire. Ce fut le moment où les anciennes fendues firent place aux premiers puits, et les treuils à mains et à chevaux aux machines à vapeur. Jusque-là Texploitation n*avait été active qu*à Rive-de-Gier. A dater de Touverture du chemin de fer d^Andrézieux, les puits se multiplièrent à Saint-Ëtienne môme, et plus particulièrement dans la plaine de Bérard et du Treuil. Chaque propriétaire du sol se fit exploitant, de sorte qu'en i82/i et 1825, lors du partage du terrain houiller en concessions, on dut, pour contenter tout le monde, non seulement réduire retendue des concessions au minimum, mais encore y tolérer des mines indépendantes. Ainsi, dans la seule concession de Bérard, de 65 hectares d'étendue, il y avait jusqu'à cinq exploitants distincts et quinze puits : la mine de Bérard de MM. Berthon et Durand, celle du Soleil de M. Didier, la mine du puits Vincent amodiée par MM. Bréchignac, toutes trois ouvertes sur l'étage moyen; en outre, les mines de l'Enclos de MM. Bréchignac, et celles de MM. Peyret et Payet à Montheil, sur la huitième couche. A cette époque, il est vrai, l'extrême division des travaux n'offrait pas encore de bien graves inconvénients; les puils avaient moins de 100 mètres de profondeur ; l'exploitation était peu active et les eaux peu abondantes. Mais lorsqu'en 1833 le chemin de fer de Lyon vint s'ajouter à celui d'Andrézieux, et imprimer aux travaux souterrains plus d'activité, les fâcheux effets de Textréme morcellement se firent de jour en jour sentir davantage. Il fallut se fusionner, pour éviter le gaspillage des richesses souterraines, et attaquer sérieusement les couches inférieures.
Aujourd'hui toutes ces mines sont aux mains d'une Société unique et convenablement exploitées. Des nombreux puits des concessions de la Roche et de Bérard, un seul a élé approfondi au delà de la septième couche. Pour exploiter la huitième sous la plaine du Treuil on s'est contenté de foncer les puils du Grand-Treuil et de la Pompe au Nord, et ceux de Jahin et de Neyron au Sud.
Les affleurements de la troisième couche contournent, comme les premières veines, la colline du cimetière (pi. X.). Us longent le pied du coteau, depuis le Furens jusqu'à l'ancien hameau du Gris-de-Lin (extré*
mité Ouest de la gare actuelle de Saint-Étienne) ^ De ce point ils retoniv nent au Nord, eu courbe raide, puis se développent dans la plaine du Treuil jusqu'au Marais» où une branche de la faille du Soleil les termine brusquement. Ce singulier contour, en forme de fer à cheval de moins de iOO mètres de largeur, résulte d*iine légère dépression, ou combe, Nord-Sud, peu profonde, qui sépare, à partir du Gris-de-Ltn, le coteau du Cimetière de la terrasse de la Roche ou d'Outrefurens. Nous verrons bientôt que cette faible dépression parait due à deux failles opposées de 6 à 7 mètres, dont Texistence a été constatée dans les travaux de la cinquième couche.
Au Nord de la colline du Cimetière, auprès du puits du GrandrTreuil^ la puissance de la troisième couche ne dépasse guère S'^jSO ; elle diminue
plus encore au Nord-Est vers le puits du Chêne, où l'amincissement est
dû à l'érosion, car j'ai constaté, dans cette région, la superposition directe
du grès sur la houille et la forme ondulée du toit. La couche y était réduite à
i'^jSO, et même sur certains points à i'°,30; enfin, dans les montages du
puits du Chêne^ vers les affleurements, j'ai vu la puissance utile de O'^SS
à peine, .soit :
Houille 0«,60
Nerf de grès 0 40 J 4-,»
Houille. 0 35
Par contre, du côté opposé, au Sud, la couche augmente de puissance. Au puits des Floches on trouve 3 mètres, et dans les autres puits de la concession de la Roche 3 à & mètres. A Bérard et au Gagne-Petit S"*, 50 à & mètres en moyenne pour la troisième proprement dite, et 5 à6 mètres là où la seconde et la quatrième sont unies à la troisième. Ainsi au puits de la Providence (Treuil) les troisième et deuxième mesurent ensemble /i"'y50, dont O'^ySO pour le nerf à minerai placé entre-deux. Aux puits /a6tn et Sainl^François dn Gagne-Petit la puissance totale est de 6 mètres, dont 2 mètres appartiennent
4. Pour pouvoir mieux juger de la situatioa des nombreux puits, qui ont servi à Texploitatioa de l'étage moyen, j'ai conservé sur le plan de ce district Tancien état des lieux. L'état nouveau figure sur le plan dee trs(vaux de la huitième. (PI. XXL)