‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 133 sur 280 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Dans tout le district du Treuil et de Bérard la troisième fut à peu près complètement déhouillée dès Tannée 18/iO, du moins autant que le permettaient les méthodes d'exploitation sans remblais alors usitées. La seule région dont les travaux, dans cette couche, sont plus récents est le bas*fond Sud-Est, qui correspond au puits Thibaud du Gagne- Petit et aux puits 5/arn et Saint-Simon de Monthieux. Sur ce point, à cause de la faille du puits Saint- Simon, la couche descend jusqu'à la cote de 360 mètres, tandis qu'ailleurs elle dépasse rarement le niveau de A 50 mètres.

La houille de la troisième couche estdu charbon gras ordinaire, riche en matières volatiles, passant plus ou moins aux charbons à gaz. La perte au feu atteint, en effet, 33 à 35 pour 100, et le cojce est blanc argentin, ce qui dénote sa fusion complète. La distillation lente donne jusqu'à 12 pour 100 de goudron liquide et 2 pour 100 d'eau . L'éclat delà houille est vif, la structure lamelleuse, la dureté peu grande. Là où les cendres étaient peu abondantes, au-dessous de 5 à 6 pour 100 dans le menu, la houille de la troisième a pu être vendue comme charbon de forge. Elle était cependant inférieure au charbon de la cinquième, qui fut considéré, à bon droit, il y a quarante ans, comme le meilleur charbon maréchal de Saint-Etienne. Deux essais du charbon de la troisième figurent sous les numéros 36 et 37 dans le tableau général des houilles.

J'ai indiqué au § 89 les plantes fossiles qui caractérisent spécialement la troisième couche; j'ajouterai seulement que j'ai trouvé les schistes du toit de la troisième partout pétris de nombreuses Fougères, et ceux de la quatrième plutôt remplis de Sigillaires.

§ 180. — La quatrième^ que je viens de nommer, succède à la troisième à la faible distance de quelques centimètres dans la région Sud de la mine du Gagne-Petit à 15, 20, et même 2/t mètres au Nord dans les concessions de Bérard, la Roche et le Treuil. A part son écartement variable de la troisième,, son allure ne diffère guère de celle de cette couche principale. Son affleurement se voit, dans la plaine du Treuil, sous un épais banc de grès, jadis exploité, pour pierres de taille, dans plusieurs carrières au Nord des puits Nicolas et du Petit-Treuil. Sa puissance est faible, au Nord, comme celle de la

troisième; auprès des puits Achille^ Nicolasy Bourgoing, c'est 0",30 à 0'%àO; II. 31

au puits du Chêne 0*",20 & C^âS; aux environs des puits de la Grande et Petite^Pompes dans la concession de la Roche, O^^^SO à O'^^OO ; au puits du PetiP-Treuil O'^fib. En s'avançant vers le Sud, on trouve i'^SO dans les puits Achille, des F/acAes,etIeCrand-7rettt7;l'",ft0à 1",50 au puitsde la Providence; i'^jSO à l'^yOO dans les divers puits de Bérard, dvi Gagne- Petit etdeMonthieux.

La qualité du charbon de la quatrième est partout très médiocre; c*est bien du charbon gras, comme celui de la troisième, mais il est nerveux, c'est-à-dire entremêlé de filets schisteux, qui augmentent sa dureté et la teneur en cendres. Malgré cela, la quatrième couche fut exploitée, comme la troisième, dans les divers puits que je viens de nommer. Sa faible puissance a même permis un déhouiiiement plus complet.

§ 181. — A la distance assez constante de 20 à 25 mètres sous la quatrième vient la cinquième couche. Gomme qualité de houille, c'est la meilleure du district. Au Treuil, k la Roche et à Bérard, c'était du charbon de forge supérieur ; dans les autres concessions, il devenait un peu terreux. Cependant, même au Gagne-Petit et à Monthieux, c'était encore du charbon maréchal de deuxième qualité.

Les n<^ 63, 6/i, 65 du tableau des analyses prouvent, en effet, que les cendres de la cinquième ne dépassent pas & à 5 pour 100 dans les concessions du Treuil, de la Roche et de Bérard; tandis qu'au puits Thibaut, elles montent à 9 et 10 pour 100. Gelles-ci sont partout ferrugineuses (rosées on rouges).

La houille de la cinquième est tendre et à éclat vif; cependant moins riche en matières volatiles que celle de la troisième. La perte au feu est de 30 à 31 pour cent. La puissance normale de la cinquième est de i*°,&0 à 1",70 ; mais elle est amincie par érosion sur divers points, entre les puits du Trêve et Valérie par exemple. On constate, en effet, que Tintervalle de la quatrième à la cinquième est occupé par un banc de grès (taille) ^ qui devient grossier, et se transforme en poudingue vers sa base, de sorte que le faible lit de schistes qui le sépare de la houille [le faux toit) et les bancs de houille eux-mêmes fnrent coupés en biseau par le grès et partiellement détruits parles courants qui amenèrent le sable.

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